Archives de Catégorie: Société

Emprisonnées pour fausse couche !

Camille Chavagneux, Bogotá 

 

Aujourd’hui, en 2018, des femmes sont emprisonnées au Salvador parce qu’elles ont avorté ou tout simplement parce qu’elles ont fait une fausse couche. Cela peut paraître incroyable, mais certaines d’entre elles purgent des peines de 30 ans de prison!

 

 

Voici un témoignage de femme, victime de la loi anti-avortement, détenue dans une prison à San Salvador :

« Je m’appelle Teodora del Carmen Vásquez de Saldaña, j’ai 34 ans. Je suis détenue ici depuis le 13 juillet 2007. » Teodora a accouché, au bout de 5 mois de grossesse, d’un enfant mort-né, dans les toilettes, sur son lieu de travail. Mais elle est accusée par la justice d’avoir volontairement avorté. « Comme la police a vu des traces de sang, ils les ont suivies et ont trouvé mon bébé dans la cuvette des toilettes. Ils m’ont accusé de l’avoir tué, c’est pour ça que je me retrouve ici. Malheureusement, ici au Salvador, les choses se passent comme ça. Celles qui sont incarcérées pour ce délit, c’est nous, les gens pauvres. Quand les gens ont de l’argent, ils ne sont pas incarcérés pour quelque chose comme ça. Dans vingt ans, je crois que je serais une vieille dame et j’aurai perdu ceux que j’aime le plus. Il s’agit de mes parents. ».

 

Teodora et des dizaines d’autres femmes ont déposé des recours qui sont en train d’être examinés.

Quand à l’avocat de Teodora, il continue à faire tout ce qu’il peut pour essayer de la faire libérer, mais en vain. Il raconte que si une femme l’appelle en lui disant qu’elle a fait une fausse couche, il lui conseille d’aller directement à la police et d’apporter le bébé mort. La meilleure chose à faire pour une femme pauvre dans ces cas-là, c’est de pendre un sac, de le mettre dedans et de l’apporter directement à la police pour dire : « Regardez, il m’est arrivé ça et je vous amène mon bébé ». Elle ira en prison mais pourra sortir au bout de 3-4 mois. Si une femme va à l’hôpital, elle sera condamnée, parce qu’elle sera accusée d’avoir provoqué l’avortement. C’est malheureusement terrible, inhumain, brutal, il n’y a pas de mot pour qualifier cela dans un monde « civilisé ».

 

Si la loi sur l’avortement est aussi dure au Salvador, c’est aussi à cause de la pression de l’Église catholique, qui est très influente dans le pays. La très grande majorité des fidèles pensent que l’avortement est un péché, que Dieu a donné la vie et ce n’est pas aux gens de décider quand l’interrompre, même en cas de viol ou de danger pour la mère. Le taux de grossesse chez les adolescentes est très élevé au Salvador : une ado sur cinq a déjà été enceinte. La conséquence de la loi qui interdit complètement l’avortement, c’est qu’elles doivent aller jusqu’au bout de leurs grossesses, alors qu’elles ne sont parfois que des enfants.

Libérée en février 2018, Teodora appelle à changer la loi anti-IVG. Elle va maintenant à son tour aider les 27 femmes encore détenues en prison, à cause de fausses couches indésirées par celles-ci.

Comment améliorer la vie des femmes au Salvador ? Une maison associative regroupant plusieurs organisations défendant les droits des femmes organise la résistance contre les lois répressives à leur égard. Aujourd’hui la loi sur l’avortement au Salvador est une forme de torture. Le suicide chez les adolescentes est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes mères. Les associations qui défendent le droit des femmes demandent la légalisation de l’avortement dans plusieurs cas : en cas de viol, par exemple ou s’il y a danger pour la vie de la mère. Ainsi, cela permettrait de commencer à faire évoluer les mentalités dans la population.

 

Pour plus d’information :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/02/17/avortement-au-salvador-une-liberation-relance-le-debat-sur-la-legislation_5258286_3222.html

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/07/el-salvador-rape-survivor-sentenced-to-30-years-in-jail-under-extreme-anti-abortion-law/ https://www.sciencesetavenir.fr/sante/salvador-une-campagne-pour-autoriser-l-avortement-severement-puni_122353

Le problème du partage des terres en Colombie

Louis Ballongue, Bogotá 

 

La Colombie est un pays très riche en ressources naturelles (eau, minéraux, sources d’énergie, espèces végétales, etc…). La Colombie possède 50% des páramos du monde et abrite la deuxième plus grande biodiversité du monde. Enfin, le pays dispose de 2 900 km de côtes sur deux océans. L’agriculture n’est pas en reste puisque 43, 3 millions d’hectares sont dédiés à cette activité. Cependant, la répartition des sols y demeure extrêmement inégalitaire ! Faut-il alors redistribuer la terre?

 

Le problème de la répartition des sols, est une vieille requête des théories tiers-mondistes d’inspiration marxiste du 20e siècle, et présenté comme un frein pour le développement socio-économique et contre l’exode rural. C’est la raison pour laquelle ce point figure en première place des accords de la paix qui ont été négociés à la Havane. Sur les 43,3 millions d’hectares exploités par l’homme, 80% (soit 33,8 millions d’hectares) sont destinées à l’élevage extensif.  7.1 millions d’hectares sont dédiés aux cultures du café, de la canne à sucre et de la palme, dont la plus grande partie est exportée. Enfin, 5 millions de petits paysans se partagent le reste des terres cultivables, soit  1,4 million d’hectares. Leur production est essentiellement destinée à la consommation intérieure et représente 43% des aliments consommés en Colombie.

 

A l’autre extrémité, 0,4 % de la population possède 46% des terres. Les 33,8 millions d’hectares destinés à l’élevage  sont utilisées par  24 millions de vaches ce qui voudrait dire que chaque vache en Colombie dispose pour elle seule d’un hectare et demi de pâturage, pendant qu’en Hollande la moyenne est de 140 vaches par hectare. Ce problème retombe donc sur les 5 millions de paysans, qui dans leur grande majorité, vivent avec 200 000 pesos par mois (environ 65 US$),  ce que dépense, en moyenne, une personne à Bogotá pour ses transports mensuels.

En Colombie 15% des paysans sont analphabètes, 80% des enfants de paysans ne finissent pas l’école  secondaire et seulement 1% va à l’université. 60 % des paysans vivent sans eau potable et 85% n’ont pas de systèmes de tout à l’égout. 66% des paysans n’ont jamais reçu d’assistance technique, de machines et n’ont pas accès au crédit pour investir et accroitre leur productivité sur des exploitations trop petites. Comme si  cela n’était pas suffisant, le système de santé est quasi inexistant.

 

Les campagnes ont été très affectées par la guerre civile opposant l’État aux guérillas marxistes. 6 millions de réfugiés ont dû fuir la guerre pour prendre la direction des grandes villes.  Enfin, d’autre paysans ont été déplacés par les grandes multinationales minières qui consomment et polluent l’eau, devenue impropre à l’usage agricole.

 

Cette désorganisation des activités agricoles n’est pas sans conséquence. La Colombie doit aujourd’hui importer 10 millions de tonnes d’aliments par an, soit 99% des céréales, 80% du maïs et 50% du riz consommé. Le riz est importé des États Unis, des Philippines et d’Équateur. Le maïs  des États Unis, du Canada, et d’Argentine. Le paradoxe est que chaque année la Colombie importe aussi pour 242 millions de dollars en viande des États Unis et d’Argentine.

 

Ainsi, le problème de la répartition des terres en Colombie n’est pas seulement un frein pour le développement économique mais aussi un générateur  de pauvreté, d’inégalités, et par conséquent source de tension ou de guerre Un des objectifs principaux du processus de paix de la Havane fut de remédier en partie à cette situation. Le second, fut de récupérer quelques millions d’hectares supplémentaires, de nouveau exploitables du fait de l’arrêt des combats.

CHARLOTTESVILLE, UNE MANIFESTATION QUI DÉGÉNÈRE ET SUSCITE UNE RÉACTION DU PRÉSIDENT D. TRUMP

Yanis Caillaud, Washington DC. 

 

Yanis Caillaud, Washington, Mai 2018

 

Le 12 Août 2017, à Charlottesville (Virginia), le projet de retrait d’une statue équestre érigée à la mémoire du général confédéré “sudiste” R. Lee, dans un lieu public, a suscité la colère de certains groupes nationalistes et suprémacistes (qui croit en la supériorité de la race blanche). Ils se sont rassemblés et ont manifesté.

Une contre-manifestation a eu lieu, cette fois menée par des groupes antiracistes, et principalement de la mouvance Black Lives Matter. Des affrontements ont éclaté et une contre-manifestante a perdu la vie. Cette situation a amené le gouverneur de la Virginie a déclaré l’état d’urgence. Cet événement, a non seulement ravivé les ressorts d’une mémoire et d’oppositions fortes aux Etats-Unis :  il rappelle que la guerre de sécession (the Civil War, 1861-1865), violente et meurtrière,  continue de hanter les esprits (notamment dans les états du Sud) ; il montre aussi que le pays est parcouru par des  oppositions des clivages beaucoup plus puissants et marqués que la vie politique partisane ne le laisserait croire.

 

Les organisations impliquées dans l’événement, des groupes d’extrême droite et des organisation se réclamant du KKK (Ku Klux Klan), des groupes suprémacistes blancs aussi, ont une riche histoire d’actes extrémistes et violents dans l’histoire des Etats-Unis (ils sont notamment totalement opposés à la suppression des ouvrages de mémoire, statues, représentant des personnalités confédérées) . Il convient de rappeler que le KKK qui est né aux Etats-Unis à la fin des années 1860, groupe ouvertement raciste, et responsable de crimes contre des membres de la communauté africaine américaine, a été interdit par deux fois dans le pays. Néanmoins il continue d’exister (officieusement) à travers certains groupes qui se réclament de lui et revendiquent son héritage.

 

Charlottesville was made possible due to the First Amendment, it states that any protest, as long as they do not involve violence are justified. However the argument starts here: The argument of the right wing extremists were that they did not act violently towards counter protesters and only did so for self defense while counter protesters argue that discriminating comments are prompted to trigger violence and are a form of violence itself. For example the extremist group, KKK mentioned earlier has been outlawed These debates are further separating a country that is already in so desperate needs for unification.

 

My drawing represents the controversial response of the president leaving back to back the two sides manifesting in Charlottesville.

LOVE IS LOVE

Anaïs España, Mariana Zapata, Bogotá 

 

La youtubeuse Kika Nieto crée un malaise autour de la question LGBTIQ

 

Kika Nieto est une youtubeuse colombienne de 25 ans, avec une renommée mondiale. Dans une de ses vidéos, elle a accepté de répondre à des questions personnelles que lui ont posées ses abonnés.

Du fait de sa religion catholique, on lui a demandé sa position face à la communauté LGBTIQ. Avant de répondre à cette question, elle a dit qu’elle se sentait entrer dans la gueule du loup (« entrar en la boca del lobo »), une façon de dire que son point de vue risquait de créer beaucoup de polémique.Elle a déclaré:

« Je pense que Dieu nous a tous créés et a créé l’homme et la femme de sorte que l’homme soit avec la femme, et la femme soit avec l’homme, et c’est tout. Ce que nous avons fait après cela, soit un homme avec un homme et une femme avec une autre femme, je considère que ce n’est pas correct. Cependant, je le tolère, j’ai des amis gay, j’ai des amies lesbiennes, je les aime de tout mon cœur et si je suis complètement sûr de quelque chose, c’est que Dieu est amour et Il m’appelle moi à aimer les gens, sans les juger »

Le mot qui a fait éclater cette polémique a été « tolérer », puisque plusieurs personnes l’ont pris comme une offense et un acte d’hypocrisie de la sa part en tenant compte du fait qu’elle a des amis homosexuels. Les personnes qui se sont senties offensées n’étaient pas seulement ses abonnés, mais aussi ses propres amis homosexuels, comme la youtubeuse Matu Garcés avec laquelle elle a perdu tout contact après cette vidéo.

 

     

 

Plusieurs influenceurs colombiens, appartenant à la communauté, tels que Juan Pablo Jaramillo et Calle y Poché n’ont pas attendu pour exprimer leur opinion sur cette vidéo. « La responsabilité sociale est de savoir que vous avez les yeux de beaucoup de personnes sur vous et que vous influencez les autres à agir ou à penser d’une certaine manière. » a écrit Juan Pablo Jaramillo, gay, youtuber colombien sur son compte Twitter. « L’amour est amour, et aucun Dieu ne nous jugera pour nous aimer. Quelle tristesse de dire le contraire. » ont écrit Calle y Poché, couple homosexuel, sur leurs réseaux sociaux.

Le plus critiqué de cette vidéo n’a pas été l’opinion de Kika Nieto, mais le fait qu’elle a décidé de la partager de cette manière sur un site de très grande audience. Elle a exprimé son opinion, sans tenir compte de l’impact qu’elle pouvait avoir sur la communauté LGBTIQ, qui pourrait même ressentir que leur manière d’aimer est incorrecte. Ce cas illustre parfaitement les divisions de la société colombienne dans ce débat sur l’homosexualité. Comme influenceurs, les youtubers devraient être plus conscients de leur impact et de leur pouvoir, et les utiliser pour promouvoir le respect plutôt que l’exclusion.

Les enjeux du cannabis en Colombie

Nicole Mendieta, Sarah Quintana et Juan Martin Vargas, Bogotá 

 

Le territoire colombien a beaucoup souffert des conséquences du trafic de drogues depuis les années 80 et 90, mais il s’agit toujours d’un thème majeur dans les débats d’aujourd’hui. Depuis de longues années, le gouvernement a du faire face aux nombreuses pressions et manifestations en faveur de la légalisation du cannabis. Dans le pays, la production de cannabis constitue un marché noir milliardaire, deux ou trois grammes s’échangent à 30 000 COP (environ 10 USD).

 

Ainsi,  en 2016 la Colombie est devenue le quatrième pays latino-américain  à avoir légalisé la production de cannabis à but médicinal ou scientifique. Et une loi polémique sur la production de celle-ci fut approuvée dans la foulée.

L’effet fut immédiat. Ce secteur attire de nombreux investisseurs et, à partir de 2019, l’OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants ou en espagnol JIFE) a laissé la voie libre à la Colombie pour qu’elle puisse produire de manière légale 40,5 tonnes de cannabis, soit un quart de la production mondiale.

Aujourd’hui, 21 entreprises nationales et étrangères ont le permis du gouvernement pour cultiver cette plante, pour avoir des laboratoires et pour manipuler,  sous la stricte vigilance de l’Etat, des dérivés du cannabis, comme par exemple des huiles ou sérums. Néanmoins, la vente de la plante brute n’a pas encore été approuvée.

D’après les experts, grâce à la position géographique du pays et de ses conditions climatiques, la Colombie est le lieu parfait pour la production de cannabis. Et son coût de production est entre 5 et 8 fois moins cher qu’au Colorado (USA), ou au Canada. Selon l’entreprise américaine Ackrell Capital, en 2025 la Colombie pourrait produire pour 1,5 milliards de dollars dans ce domaine.

 

La production et commercialisation de cannabis pourraient devenir un domaine de développement économique et social du pays, au regard des expériences internationales.

Aux USA, dans l’état de Californie, cette industrie a connu un grand succès. Le territoire est devenu le premier marché mondial légal du cannabis, et on estime que pour 2021, ce commerce devrait générer 5,8 milliards de dollars.

De son côté, l’Uruguay s’est doté d’une législation forte dans ce domaine. Depuis 2013, la loi nommée “Ley Marihuana” ou “Loi Cannabis” a été approuvée avec pour principal objectif le traitement de maladies, mais aussi la protection de la population vis-à-vis des risques qu’impliquent le commerce illégal et le trafic de drogues ; notamment, l’utilisation de substances psychoactives de qualité douteuse et l’incidence du trafic et crimes organisés (Articles 3 et 4 de la “Loi Cannabis”). L’Uruguay est ainsi devenu le premier pays d’Amérique Latine où il est possible d’acheter légalement du cannabis dans les pharmacies (en sachet de 5 grammes). Ce cannabis qui est produit par l’Etat uruguayen.

De fait, en Colombie,  depuis 2011 déjà, les consommateurs pouvaient porter un maximum de 20 grammes de cette plante sans être considérés comme délinquants.

 

Avec les élections présidentielles de mai 2018,  le sujet refait surface dans le débat politique, et est devenu un enjeu important pour les candidats, afin de gagner plus de voix. Et les courants de pensée sont bien différents.

 

Certains avancent que la consommation de cannabis est un problème de santé publique et que l’on devrait éduquer la population. D’autres vont plus loin en affirmant que la consommation de cannabis ne sert à rien et, que la légalisation de la détention personnelle,  n’a pas aidé à  lutter contre le trafic de drogue. Par conséquent, il faudrait la rendre illégale et son trafic passible de prison comme dans les années 90. Enfin, quelques-uns souhaitent que le cannabis soit légalisé pour une consommation à but récréatif dans des centres spécialisés (comme les “coffee shops” à Amsterdam).

 

Si cette idée était validée par le gouvernement colombien, la loi pourrait s’inspirer du référendum sur la légalisation de la drogue en 2016, dans l’État de la Californie qui est devenu emblématique. La loi y encadre parfaitement les pratiques. Par exemple, seules les personnes âgées de 21 ans ou plus sont autorisées à acheter le produit, 28,5 grammes par personne maximum, et exclusivement dans des magasins autorisés. De même, pour respecter la jeunesse, la loi californienne affirme que le produit ne peut pas être consommé dans une zone située à moins de 300 mètres d’une école ou d’un parc pour enfants. Enfin, la culture du cannabis est autorisée par les ménages, avec un maximum de 6 plantes cultivées.

En Californie, la légalisation du cannabis a été couronnée de certains succès. La violence de l’État envers ses habitants a beaucoup diminué (la police fédérale n’entre plus en conflit avec les consommateurs) et le marché noir a connu une forte chute. De même, de nombreux ex-trafiquants peuvent maintenant travailler dans ces domaines de manière légale et transparente.

 

Ainsi, la Colombie est un pays où 87% des consommateurs de substances illégales consomment du cannabis, avec une certaine tolérance des pouvoirs publics. Néanmoins le pays est encore loin de voir dans sa législation, l’approbation de la consommation du cannabis à but récréatif.

 

Le Bronx de Bogotá

Laura Cardenas et Judith Parenti, Bogotá  

 

Le Bronx est une rue située au centre de Bogotá. Autrefois, dans ce quartier, cette rue était résidentielle et commerciale. Cependant, après les années 1950, la situation s’est mise à se détériorer drastiquement. A tel point qu’il y a deux ans encore, le Bronx était le principal centre de consommation de drogues. Aussi connu comme “l’enfer”, on y retrouvait de la prostitution infantile, du micro trafic de drogues, et des assassinats. Trois mille personnes ont vécu dans cette rue, dans des conditions déplorables et constamment dans le danger.

 

 

  • Le Bronx de Bogotá, pas exactement comme celui de New York

Le Bronx de New York est un quartier aujourd’hui comme les autres, mais qui est réputé par son passé criminel. Cependant, celui de Bogotá, n’en est pas encore arrivé à ce stade de normalisation. Le 28 mai 2016, 2000 policiers ont envahi le Bronx afin de le vider. Après des échanges de tirs, des bagarres, de la confusion et 12 heures de travail acharné des policiers, la zone a été évacuée.  Les policiers ont été horrifiés par ce qu’ils y ont découvert, comme par exemple un crocodile, que possédaient les mafias de drogue et qui mangeait les cadavres des personnes qui ne pouvaient rembourser leurs dettes envers elles. De plus, les mafias possédaient de nombreux chiens pitbull. Une autre caractéristique de cette rue, et peut être la plus marquante, était son odeur, entre drogues, cadavres, et plus de 70 tonnes de poubelles…

 

  • Les perspectives d’avenir pour le Bronx

 

Que s’est-il passé après ce tournant du 28 mai 2016? L’odeur cadavérique a persisté, et les rats sont restés en grand nombre.

Depuis, la mairie de Bogotá a déployé tous ses efforts pour transformer la zone : 23 des 62 immeubles, qui formaient un de plus grands marchés de la drogue en Colombie, ont été démolis.

Les habitants se sont dispersés dans tous les quartiers environnants et depuis, cette zone est surveillée 24H/24 par des policiers.

 

 

Plusieurs idées ont été avancées après l’évacuation pour permettre au Bronx de ne plus jamais retomber dans l’état où il se trouvait. Le maire de Bogotá, Enrique Penalosa a proposé d’en faire un quartier des arts, autour de la musique, de la mode, du design, ou de la publicité. En plus, le quartier sera prochainement desservi par le Transmilenio, le service de transport de l’agglomération, assurant la mobilité pour les habitants du secteur. Aujourd’hui, grâce aux efforts de la municipalité, le Bronx de Bogotá devrait sortir de son isolement, tourner la page de son sinistre passé, pour se transformer en un véritable centre artistique, changeant radicalement l’image du quartier.

Les conflits en Amérique

Éditorial Mai 2018.

Le conflit menace-t-il le lien social ? Le conflit traduit-il une volonté de changement ou plutôt un refus d’aller de l’avant ? L’Amérique d’aujourd’hui nous propose de nombreux exemples  qui permettent de nourrir la réflexion.

Des scandales de corruption ont suscité de vastes mouvements de protestations populaires et mis à mal certains dirigeants politiques, fragilisant le lien entre les citoyens et leurs dirigeants. Sans doute un mal pour un bien. N’est-ce pas en effet le signe d’une maturité politique et d’un progrès de la démocratie ? Le message envoyé pour les dirigeants à venir est clair : Il faut en finir avec les pratiques du passé. Plus jamais ça. A l’inverse, faut-il se réjouir que dans certains pays, aucun scandale de corruption n’ait été mis à jour ?

Ailleurs, entre Pacifique et Caraïbes, des peuples manifestent dans la douleur et dans le sang pour réclamer des élections libres et démocratiques, ou fuient les dictatures, les guérillas, les mafias liées au trafic de drogues, en alimentant des flux migratoires.

Des murs s’érigent pour se protéger de ces mêmes flux migratoires, sur un continent où l’immense majorité de la population est issue de l’immigration. Les clivages se creusent, les protestations alimentent la colère, l’indignation, la rancœur.

Du Nord au Sud, des minorités ethniques se battent pour défendre leurs droits et leur identité, des mouvements essaient de protéger l’environnement menacé un peu partout, les femmes et communautés LGBTI mènent des combats pour l’égalité…

Les conflits politiques, les mouvements sociaux sont là pour nous rappeler que les acquis de la démocratie, les libertés, les droits individuels et collectifs, ne sont jamais définitivement acquis, qu’ils doivent être constamment défendus et réaffirmés, que d’autres restent à conquérir. Ainsi va l’Amérique.

Par Jean-Michel LEMEILLEUR, Bogotá

Le mur de la discorde

Les élèves de la classe de Première ES – Dallas International School

 

Source de division, le projet de construction du mur entre le Mexique et les États-Unis continue d’alimenter les débats.

(en attente de réponse pour l’utilisation gracieuse de l’illustration)

Pourquoi les électeurs se sont-ils focalisés sur la lutte contre l’immigration illégale lors de l’élection présidentielle de 2016 ?

Il y a environ 12 millions d’immigrants mexicains aux États-Unis, dont environ 6 millions vivent de façon illégale. Au Texas, on recense 1,68 million d’immigrants “sans-papiers” et le nombre est de plus en plus important. Ils traversent la frontière à la recherche d’une vie meilleure, souvent pour envoyer de l’argent à leur famille. Une fois là, ils sont stigmatisés parce qu’ils travaillent illégalement sans payer d’impôts. Une partie de la population américaine clame que les immigrants “sans-papiers” volent leurs emplois, mais la vérité est que sans la main-d’œuvre à bas prix que représentent ces immigrants, les entreprises seraient obligées de s’automatiser. Pour les membres des classes moyennes et supérieures, les immigrants n’ont que peu d’impact. Pour la classe populaire, l’impact est faible puisqu’on a estimé une baisse de moins de 10% sur les salaires. Cette concurrence sert d’argument principal.

Il existe une autre raison : les trafics de drogues entre le Mexique et les États-Unis. Il est difficile pour les Mexicains d’accéder aux États-Unis. On a découvert des moyens de passages de drogues comme un tunnel de 800 mètres entre Tijuana, une ville du Mexique, et San Diego en Californie. Ce tunnel contenait un ascenseur, des éclairages, des rails et des systèmes de ventilations. Les responsables ont été arrêtés et mis en prison. Les dealers mexicains sont les fournisseurs les plus importants en Amérique. Les drogues produites en Bolivie, en Colombie ou même au Pérou traversent facilement le pays.

Par exemple, “El chapo”, un chef de cartel très puissant, a été incarcéré et extradé en janvier 2017. Néanmoins, il existe encore d’autres réseaux “rivaux” tout aussi puissants. Depuis 2006 la majeure partie des chefs de cartels ont été trouvés et neutralisés. L’état américain ne peut rien faire car les fournisseurs se sont multipliés et sont de plus en plus compliqués à identifier. Auparavant les États-Unis finançaient des organisations pour trouver des trafiquants mais Donald Trump a jugé que les États-Unis ne devaient plus s’occuper de ce problème. Il souhaite protéger sa frontière.

Deux semaines avant son assermentation, Donald Trump reconnaît que le mur, qu’il s’est engagé à construire entre le Mexique et les États-Unis, devra être financé par les Américains. Cependant, il affirme à son électorat que le Mexique remboursera tous les frais, qui furent estimés en février 2018 à 21,6 milliards de dollars.

 

Mais que pense le Mexique ?

Le président Mexicain Peña Nieto répète avoir discuté de ce projet avec M. Trump et lui avoir clairement précisé que “le Mexique ne paiera jamais pour un mur”. L’idée de ce projet de 3200 kilomètres crée de nombreuses tensions entre les deux pays voisins ainsi qu’à l’intérieur même de la population des États-Unis.

 

Et que pense donc la population américaine ?

Il y a de grandes différences de mentalités. En particulier, le premier problème des supporters de M. Trump concerne la façon dont le président envisage de régler la facture. Ce mur qui devrait être agréable à regarder du côté américain est comparé à la Grande Muraille de Chine, “construite pour empêcher les invasions mongoles”. Le projet entraîne des complications pour le président américain face au Congrès qui exige un financement immédiat.

La frontière est composée de plusieurs types de territoires. Au niveau de la frontière au Texas, il y a le Rio Grande mais aussi Big Bend National Park qui s’étend des deux côtés de la frontière.

Comment l’administration Trump compte-t-elle construire le mur sur ces territoires ? Le mur couperait Big Bend en deux et séparerait la faune et la flore de leur habitat. Un mur le long d’un fleuve serait inefficace et encore plus cher.

 

La perméabilité de la frontière pourrait-elle être considérée comme une richesse plutôt que comme une menace ?

Comme nous l’avons vu précédemment le flux d’immigrants illégaux a ses inconvénients. Cependant, contrairement aux revendications du président américain, il a aussi ses avantages : les hispaniques apportent leur culture, leurs traditions, leur langue et les intègrent à la société américaine. On remarque particulièrement ce mélange de cultures dans les états proches de la frontière comme le Texas, où l’on retrouve de nombreux restaurants “tex mex” (une cuisine mexicaine avec des influences texanes) et où l’on fête le Cinco de Mayo, une fête originaire d’une région du Mexique très prisée par les Américains.

Enfin, le marché du travail est un autre exemple de contribution de la communauté hispanique à la société américaine. On constate que les emplois occupés par les hispaniques sont, de manière générale, les plus ingrats, les moins bien payés, en un mot : les emplois délaissés par les américains. Mais les immigrants n’occupent pas seulement les emplois modestes, il y a plusieurs exemples de “success story” d’immigrants hispaniques. Pour exemple : Carlos Castro, président et PDG de Todos Supermarket. Castro avait immigré illégalement du Salvador en 1979. Après avoir été déporté une première fois, il revient aux États-Unis où il fonde cette petite chaîne de supermarché qui commercialise des produits hispaniques. Bien que modeste, il s’agit d’une compagnie très prospère, plusieurs fois reconnue par la chambre de commerce. Il apparaît alors que la population hispanique et sa contribution à l’économie correspondent à une demande sur le marché de travail et entraînent une création d’emplois.

 

En conclusion, il y a plusieurs points de vue, positifs ou négatifs, sur la promesse de campagne du président Donald Trump. Le mur est, d’une part, une nécessité due au trafic de drogue et à l’immigration illégale. Mais d’autre part, en plus d’être au centre d’une discorde diplomatique, le projet serait coûteux, d’un impact majeur sur l’environnement et ne proposerait qu’une solution incomplète.

Le PTSD aux Etats Unis, de sa prise en compte à sa prise en charge

Appoline Ménard, Washington DC   

 

Le syndrome du stress post traumatique ou Post Traumatic Stress Disorder (PTSD) en anglais, est aujourd’hui, aux États-Unis, est des problèmes majeurs de société. Ce phénomène se définit par une atteinte psychologique qui fait suite à une confrontation avec des événements horribles et choquants, comme la mort, blessures de camarades ou de civils. Il est important de savoir que cette pathologie mentale même si elle concerne la plupart du temps des vétérans peut également toucher toute personne ayant été exposé à un événement traumatisant.

 

Plusieurs ouvrages comme dans l’Iliade et l’Odyssée, où Homère (900 av JC) raconte les difficultés d’Ulysse après la chute de Troie. Au XIXème siècle, on commence à employer des termes scientifiques pour décrire le phénomène: on parle de « névroses traumatiques ». Pendant la guerre du Vietnam, on employait les termes de « Vietnam stress » ou de « Post Vietnam Syndrome »….

Officiellement, il a été qualifié ainsi pour la première fois en 1980 par l’Association Américaine de  Psychiatrie. Ce n’est qu’en 1980 que le Pentagone a reconnu officiellement l’existence de ce syndrome et le terme de “PTSD” (Post traumatic Stress Disorder). Il l’a alors inclus sur la liste des maladies pour lesquelles une compensation de handicap pourrait être envisagée.

 

Selon les chiffres mentionnés sur le Site du gouvernement américain, 11 à 20 % de vétérans ayant fait la guerre en Irak ou en Afghanistan sont atteints de PTSD, soit environ 400.000 à 500.000 soldats. Pour la guerre du Vietnam, les chiffres officiels avancent  30 % de vétérans.

Mais pour beaucoup, ces chiffres sont minorés car de nombreux vétérans affirment renoncer à faire part de leurs troubles à leur hiérarchie. Certains spécialistes parlent au global d’un tiers de vétérans atteints. Cette maladie mentale touche donc une partie assez conséquente de la population. Cela mena donc le gouvernement et plus précisément le département des vétérans (“Department of Veterans Affairs”) à se pencher sur la question en menant plusieurs actions.

 

  • Un numéro d’appel d’urgence qui permet aux vétérans d’appeler en cas de besoin, a été créé. Depuis, plus de 2 millions d’appels ont été enregistrés. Ce numéro a permis de sauver 70 000 vétérans en leur envoyant immédiatement de l’aide médicale, Le Département des vétérans a également embauché des conseillers en prévention du suicide dans les 153 centres médicaux dédiés aux militaires.
  • En 2008, le Congrès américain a alloué cinq années de traitements médicaux gratuits à tous les vétérans déployés sur une zone de guerre. Par ailleurs, en 2010, le ministère des Affaires des Vétérans a revu sa réglementation à la suite de la parution de publications scientifiques. Cela a permis à 500.000 vétérans de recevoir une pension d’invalidité et des soins médicaux gratuits à vie.
  • Depuis 2014, le Pentagone reconsidère les dossiers de refus de l’armée datant des années 50/70, refus opposé aux combattants revenus du Vietnam. Cette décision va permettre à des milliers de Vétérans du Vietnam, s’ils arrivent à prouver qu’ils souffraient de PTSD, de faire modifier les documents de leur expulsion pour leur accorder le statut de « renvoi honorable ». Ce changement devrait leur permettre de recevoir des prestations d’invalidité.

 

Ces actions citées, ne sont pas les seules misent en place par le gouvernement américain. En effet, le gouverne s’intéresse de plus en plus au sujet et tente de remédier à ce problème de société. Malgré ces avancées et cette prise de conscience, il reste tout de même beaucoup de changements à faire et d’actions à mener pour vraiment considérer que le syndrome du stress post traumatique est pris en charge convenablement par les États-Unis.

 

Those type of actions aren’t the only ones put in place by the american government. Indeed, the government is getting more interested to the subject and is trying to remedy to that society problem. Despite those advances and that increasing awareness, there is still a lot of things to do and change to make to really consider that PTSD is properly cared by the United States.

Homophobie en Colombie ?

Iara Insuasty, Bogotá 

 

Humeur- L’homophobie en Colombie est une réalité que personne, quoiqu’on en dise, ne peut nier. En Colombie être gay n’est plus seulement une orientation sexuelle mais expose à une  situation de risque constant ; 83% des membres de la communauté gay ont été victimes d’agressions physiques ou verbales. Ces attaques se poursuivent tout au long de leur vie, de l’école à la vie professionnelle.  Mais pourquoi y a-t-il de l’homophobie, d’où vient-elle?

 

Nous vivons dans un pays conservateur, fortement imprégné de valeurs catholiques. Même si l’on dit que la Colombie est un pays laïque, l’église garde une forte emprise sur la société, et  c´est bien connu dans le monde entier que l’église désapprouve l’homosexualité. En outre, les politiciens n’ont que peu de considérations pour la plupart des problèmes faisant allusion à la communauté LGTBI, qui  finissent par être abandonnés dans les discussions politiques.

Cela provoque un sentiment d’abandon de la communauté, qui se sent exclue de la société. Et par manque d’information, la majorité de la population colombienne vit dans l’ignorance et l’ignorance devient peur et la peur devient haine, violence.

Mais la haine n’est pas réciproque, comme l’indiquait l’écrivain James Baldwin: «Les gays en savent plus sur les hétérosexuels que les hétérosexuels sur les gays. Ils en savent autant sur les hétérosexuels qu’une mère de son fils. Peut-être que c’est pour ça qu’il ne les déteste pas, c’est peut-être pour ça que dans la majorité des cas ils gardent une attitude condescendante, parfois pieuse  »

Donc, qui doit-on  éduquer ? Les hommes homosexuels dont le tort est d’avoir une préférence sexuelle différente ou  les gens ignorants sur le fait que le changement et les différences n’ont rien de mauvais ?

 

¿Homofobia en Colombia?

Humor- La homofobia en Colombia es una realidad que nadie, por más que quiera la puede negar. En Colombia ser homosexual deja de ser solamente una preferencia sexual y se convierte en una situación de constante riesgo, el 83 % de los integrantes de la comunidad gay ha recibido agresiones físicas y verbales. Estas agresiones los persiguen toda su vida desde el colegio hasta la vida laboral.Pero a qué se debe esta homofobia, ¿de dónde sale?  

Vivimos en un país conservador y absolutamente religioso, aunque se diga que Colombia es un país laico, la iglesia sigue moviendo masas, y es bien sabido por todo el mundo que a la iglesia no le gustan los gays. A demás los políticos no colaboran, y la mayoría de los temas alusivos a la comunidad LGTBI terminan siendo despreciados y casi abandonados en las discusiones políticas.

Esto causa un sentimiento de abandono hacia la comunidad, se sienten excluidos. Y por falta de información la mayoría de la población colombiana vive en la  ignorancia y la ignorancia se convierte en miedo y el miedo en odio y violencia.

Pero el odio no es reciproco, como escribió el escritor James Baldwin “Los gais saben más de los heterosexuales que los heterosexuales de los gais. Saben tanto de los heterosexuales como una madre de su hijo. Quizás por eso no los odia, quizás por eso en la mayoría de veces conservan una actitud condescendiente, a veces piadosa”

Entonces a quienes tenemos que educar a los gais que lo único que han hecho es tener una preferencia sexual diferente o tendríamos que educar a la gente ignorante y retrograda que el cambio y lo diferente no tiene nada de malo.

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