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La New wave de la musique chilienne

Infante Baltazar, Schmauk Lukas, Valparaiso

 

Ces trois dernières années, une nouvelle vague musicale déferle sur le chili, portée par de jeunes talents tels que Paloma Mami, Pablo Chil-e, Polima West Coast, Dref Quilla, au point qu’aujourd’hui, leur popularité déborde largement les frontières du pays.

 

Cette musique chilienne new wave s’inscrit dans différents courants, comme le Raggaeton bien sûr, le Rythm and blues, mais surtout le Trap EDM (un style de musique de dance electro, issu du Dirty South, ayant émergé au début des années 1990 dans le sud des États-Unis).

Les deux emblèmes de cette nouvelle génération sont incontestablement Paloma Mami et Pablito Chill-e.

En effet, Paloma Mami a déjà récolté 90 millions de vues en deux ans sur YouTube avec sa chanson “No te enamores”, et deux autres tubes, 60 millions de vues en seulement une année, notamment pour le populaire ” Not Steady”. Cette américano-chilienne a vécu à New York jusqu’à l’âge de 16 ans où elle a fait ses premiers pas au piano électrique dès l’âge de huit ans. Elle s’est aussi essayée à la peinture et au dessin. De retour au Chili à 16 ans, elle s’est vite illustrée dans une émission de télé « Rojo, el color del talento ». Aujourd’hui âgée de seulement 19 ans, elle a connu un succès foudroyant auprès des jeunes, avec des airs qui restent dans la tête.

Paloma Mami au festival musical “Lollapalooza”, mars 2019

Pablo Chill-e est un jeune “trapero”  , devenu populaire en participant à plusieurs « Freestyle ». Avec des rythmes résolument urbains, imprégnés de rap, mélodieux et contagieux, ils accrochent aussi avec des textes forts pour leurs critiques de la société traditionnelle, des inégalités ou de la pauvreté, des réalités dans lesquelles beaucoup de jeunes chiliens se reconnaissent. Leurs meilleurs morceaux musicaux  comme « My blood » enregistrent déjà 12 millions de vues sur You Tube, plus de 3 pour « Facts ».

Ainsi, cette New Wave est en train de faire sa place dans l’industrie musicale en Amérique latine, certes encore loin des artistes reconnus mondialement comme Luis Fonsi, Bad Bunny Daddy Yankee, Paulo Londra, par exemple ou des Thalia, Natti Natasha qui peuvent dépasser le milliard de vues sur YouTube.

Mais Paloma Mami, après sa sortie de « Fingias », a été remarquée par Spotify qui l’a mis en couverture de « Viva Latino », une play liste avec le meilleur de la musique de ce côté du monde. Sony Music Latin a signé un contrat avec  Paloma Mami et le producteur VH “El Virus” a enregistré les premières chansons de Pablo Chill-e, qui sont  rapidement parvenues à l’oreille des espagnols Yung Beef et Kaydy Cain.

Cela montre que le Chili est en train de réduire la distance avec les gros pourvoyeurs de l’industrie musicale latino que sont le Mexique, Porto Rico ou la Colombie, même s’il reste beaucoup à faire. Affaire à suivre…

 

Sources:https://publimetro.pe/entretenimiento/espectaculos/lollapalooza-2019-paloma-mami-colapso-lotus-stage-cerca-10-mil-personas-104836-noticia/

QUEL AVENIR POUR LES “RECICLADORES” A BOGOTA?

Gabriela Hernandez et Laura Cardenas, Bogotá

 

Pour 300.000 familles colombiennes, les déchets représentent une des seules possibilités de survivre. La mise en place d’une filière de tri sélectif moderne menace de disparition l’activité des « recicladores » traditionnels.

En effet, en triant et ramassant les déchets, ils peuvent gagner quelques pièces par jour. Ce travail se fait en famille et il n’est pas rare que les plus jeunes enfants y participent. Les “recicladores”  doivent fouiller à la main en ouvrant les poubelles, parmi les déchets ordinaires ce qui est recyclable et pourrait être revendu. Cependant, c’est un travail dangereux et qui peut avoir de graves conséquences pour la santé, comme des risques de coupure, ou d’infection, mais aussi un risque d’accident de la route en tirant leurs charrettes à bras au milieu des voitures.

En parallèle, le gouvernement  commence à mettre en place un recyclage organisé en disposant des bacs de collecte dans les rues et en affectant des équipes professionnelles pour le ramassage. La modernisation arrive donc à grand pas, mais que vont alors devenir les familles de « recicladores » traditionnels ?

Bien que la Colombie soit l’un des pays d’Amérique latine où le recyclage des déchets a le plus progressé, le travail du “reciclador” n’est toujours pas suffisamment reconnu. En effet, depuis des années le mot de “reciclador” est associé, de manière réductrice, à une personne indigente, qui vit exclusivement des déchets.

Or le travail des “recicladores” ne doit pas être sous estimé. Ils ramassent environ 1 200 tonnes de déchets par jour, ce qui représente une activité d’une valeur supérieure à 354 millions de pesos par an. Le recyclage représente plus de 50% de la matière première utilisée dans certaines productions industrielles (plastiques, cartons), selon les chiffres l’Association nationale des Recicladores de Bogotá. Ils fournissent un flux constant de matériaux aux entreprises colombiennes de recyclage. Par exemple, les bouteilles en plastique peuvent servir à fabriquer des produits similaires, ou bien des vêtements.

Pour Silvio Ruiz, délégué de l’Association Nationale des “Recicladores”, même si la Colombie a progressé dans la politique sociale du “reciclador”, ils ne sont toujours pas suffisamment protégés. Les rémunérations au poids de déchets, versées par les entreprises de recyclage ne permettent pas des conditions de vie décentes pour les « recicladores ». C’est tout le problème d’une activité à faible valeur ajoutée.

D’un autre côté, Yadira Vivanco, coordinatrice de l’Initiative régionale pour le recyclage inclusif (IRR), a expliqué qu’il devrait exister une politique publique sur le recyclage inclusif: « Les politiques publiques doivent permettre l’inclusion des acteurs sociaux de cette activité, que sont les “recicladores” de base », car leur activité est très utile pour la société et pour l’environnement.

En 1991, la famille Padilla a décidé de créer une association de “recicladores” à Bogota. L’Association de “Recicladores” de Bogotá (ARB) a convaincu le gouvernement colombien d’adopter un système de gestion des déchets, mis en œuvre dans 12 villes colombiennes, et qui inclut des « recicladores », par exemple en les employant dans la filière institutionnalisée de collecte des déchets.

Cette initiative a également inspiré des mouvements de ramasseurs de déchets dans des pays comme l’Équateur, l’Argentine et l’Afrique du Sud.

Dans cette période de transition, les plus miséreux continuent de sillonner les rues en fouillant les poubelles, ou même en vidant les conteneurs de collecte mis en place par la ville.

La escuelita de los Llanos

Colegio Francia, Caracas,

 

L’école a été construite en 2003, à Bruzual, dans l’Etat de Apure, à deux heures de distance

de la ville la plus proche, à l’initiative d’enseignants du lycée français de Caracas

 

Pour visionner la vidéo, cliquer sur la photo

 

C’est une petite école au milieu d’un hato
Où se rencontrent les enfants des plaines.
Un lieu de connaissance, de musique, de vie,
Dans cette nature féconde,
Malgré l’usure des eaux,
L’accablement de la chaleur,
La beauté et la rugosité des bêtes,
C’est le cœur du Venezuela qui bat.
Et j’ai été fier d’en surprendre la profondeur et la subtilité
Dans les regards.
Le mien,
Les leurs.
Et le Colegio Francia comme un trait d’union entre nos vies.
Chritophe Boulet

Brexit, l’épilogue

Louis G.K. Ferrand, Bogotá 

 

A l’image d’un feuilleton, nous essayerons de rendre plus clair le processus de scission du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Les événements antérieurs au 10 décembre 2018 ont déjà été évoqués dans les articles précédents.

 

 10 décembre 2018 : Un sable mouvant parlementaire pour Theresa May

 

L’accord du divorce pour lequel la première ministre anglaise avait tant bataillé avec l’Union Européenne ces 2 dernières années, n’est pas soumis à Westminster ce 10 décembre malgré l’annonce préalable. Ce changement de date est compris comme une volonté de gagner du temps et de pouvoir assurer à Theresa May la ratification de cet accord par le parlement, ce qui n’était pas certain pour le gouvernement, le 10 décembre.

En effet, cet accord est considéré trop laxiste pour les hard-Brexiters et trop extrémiste pour les pro-Européens. Comme, il n’y a pas de réel groupe parlementaire majoritaire approuvant totalement les politiques futures inclues dans l’accord de scission du Royaume-Uni, le gouvernement ne peut s’assurer une majorité lui permettant de le faire ratifier. Les principaux points de tensions concernent la définition des futurs liens du Royaume avec l’Union sur le plan économique ou diplomatique ainsi que la problématique de la frontière entre les deux Irlandes. Sujet essentiel et non négociable pour les unionistes irlandais qui sont totalement opposés au rétablissement d’une frontière physique, mais également pour les députés de l’UKIP (profondément eurosceptique) qui eux souhaitent ce rétablissement de frontière. Les deux bords de l’opposition se rejoignent contre cet accord.

L’accord de retrait devait à l’origine prévoir, si validé par le Parlement pour cette date, un temps de manœuvre de quatre mois pour le gouvernement afin qu’il puisse régler les différents problèmes d’ajustement qui adviendraient alors pour l’économie britannique lors du divorce. Ceci ne fut donc pas possible.

 

12 décembre 2018 : Theresa May fait face aux plus fortes critiques de ses opposants Conservateurs

 

Theresa May est issue du parti des Conservateurs. Le 12 décembre, ce même parti organise un vote interne de défiance vis-à-vis de la première ministre, le but étant pour ses opposants de l’éjecter du parti et ainsi de montrer leur désaccord avec les politiques menées par le gouvernement. Pour Theresa May, c’est évidemment un avertissement de taille de la part des conservateurs les plus hostiles à l’accord sur le Brexit.

Les points de tensions qui provoquent cette crise sont principalement en rapport avec la question de la frontière Irlandaise et le « Back stop » promu par Theresa May. Il s’agit d’une sorte de filet économique permettant d’instaurer une zone économique exclusive entre les deux territoires Irlandais. Cette frontière entre les deux Irlandes est un sujet de crispations majeures entre le gouvernement et les opposants conservateurs car elle est voulue par ce groupe conservateur à l’égale de celle des années 80. Ce qui reviendrait à une situation très propice à des échauffements, point important de la défense du gouvernement pour l’instauration de ce « back stop ».

Le vote de défiance organisé par le propre camp de Theresa May n’aboutira pas car les députés britanniques conservateurs vont finalement majoritairement renouveler leur confiance en la personne de Theresa May à 200 voix contre 117. Considéré au début de la crise comme une marque forte de l’affaiblissement du gouvernement en place et de la première ministre, cette attaque frontale va paradoxalement consolider la position de Theresa May et la conforter dans ces visions. En remportant ce scrutin, Theresa May se voit accorder une position garantie pour une période d’un an pendant laquelle elle est intouchable.

                             Manifestation contre les accords promut par Theresa May le soir du vote

13 décembre 2018 : les 27 pays membres de l’Union Européenne s’opposent à la redéfinition d’un accord

 

La première ministre est contrainte par Westminster de retourner à Bruxelles pour redéfinir l’accord dans l’espoir d’obtenir des clauses plus favorables à la constitution d’une majorité « pour ». Mais elle s’est vu opposée à un front commun des 27 pays membres du Conseil européen pour qui cela n’était possible. Les directives européennes évoquent une possible clarification des positions sur le compliqué « Back stop » mais une réouverture des négociations serait impossible.

Les débats au sein du parlement britannique sur le Brexit ne reprendront qu’au début de l’année 2019 car repoussés par le gouvernement. Theresa May annonce également que pour la date du 21 janvier se tiendrait une ratification hypothétique des accords par les parlementaires.

Pendant toute la période des fêtes associée à un vide parlementaire, les positions s’affirment dans les différents camps en vue de la réouverture des discussions prévues début janvier 2019. L’hypothèse du « no-deal » se profile sérieusement et les différents états membres se préparent à une rupture brutale des relations entre le Royaume et l’Union prévue le 29 mars 2019, à minuit.

Mais c’est aussi pendant cette période que de nombreux autres scénarios sont envisagés comme la tenue d’un second référendum.

                                             Manifestations pro-européennes le 1er Janvier 2019

8 et 9 janvier 2019 : la réouverture des débats synonyme d’un étau qui se resserre autour de Theresa May

 

Avec le retour des députés britanniques sur les bancs de la Chambre des communes, la position de Theresa May et de son accord n’a jamais été aussi intenable. L’accord que Theresa May avait négocié avec l’Union Européenne en novembre ne fédère aucune majorité sympathique au Parlement malgré ses tentatives de séduction répétées. L’enjeu est de taille pour la première ministre ! En obtenant cette majorité, elle se verrait alors assurée par la même occasion d’une majorité au Parlement.

La fragilité de la position de Theresa May est pour les différents observateurs, le reflet de l’hypothèse la plus probable c’est-à-dire un divorce sans accord. Le 9 janvier, les parlementaires britanniques vont dans cette vague de pessimisme envers le gouvernement, renforcer leur autorité par deux amendements. Le premier, une fois ratifié oblige le gouvernement à présenter un plan B dans les trois jours suivants une non validation de l’accord de divorce. De bien mauvais présage pour une hypothétique ratification de l’accord le 15 janvier.

Un second amendement voit également le jour, sur une loi de finance qui sera adoptée par des élus conservateurs et travaillistes. Il prévoit quant à lui, que les mesures fiscales prises par le département du Trésor conséquemment au Brexit devront être soumises au vote préalable du Parlement.  Le gouvernement doit se plier à la volonté des parlementaires.

Les parlementaires vont donc avant même le vote de l’accord, assurer une marge de manœuvre à Westminster dans le cas d’un refus. Pour ainsi dire le résultat du vote ne fait plus aucun doute et qu’il sera négatif pour le gouvernement.

 

15 janvier 2019 : Les accords pour un Brexit « soft » sont fortement rejetés

 

A l’origine prévu pour le 21 janvier, le vote vis-à-vis des accords de scission du Royaume Uni de l’Union est avancé d’une semaine et se déroule le 15 du même mois. Probablement, le gouvernement voyant le peu de chance d’une validation parlementaire de l’accord décida d’avancer le jour du vote pour ainsi gagner du temps sur la période « d’après » jusqu’au divorce officiel. Le résultat du vote qui avait déjà été anticipé crée pourtant un fort choc par son résultat et accentue l’incertitude sur le sort du Brexit à trois mois de la date butoir du divorce. La forte opposition, 432 voix contre et 202 pour, pour l’accord promu par Theresa May montre que la problématique du Brexit est l’une des crises les plus singulières qu’a traversé le Royaume-Uni moderne.

Le vote qui a lieu à 20h45 va révéler que même dans la coalisation gouvernementale, de nombreux députés vont rejoindre l’opposition par un vote « NO ».

L’explication à une telle opposition serait qu’en essayant de créer un accord le plus équilibré possible entre les opinions des deux camps, Theresa May ait promu un accord en demi-teinte ne satisfaisant aucune majorité parlementaire, même bien au contraire. On remarque que dans la crise que traverse le Royaume Uni, les deux camps formés en 2016 aux visions radicalement opposées, vont se rejoindre le jour du vote. Les deux bords les plus extrêmes de cette crise vont voter pour la même chose, soit « NO ». En effet, les pro-Européens ne veulent pas de séparation et pour les « hard-Brexiters », les accords sont bien trop europhiles. Finalement, la frange la plus modérée qui vota pour l’accord de Theresa May ne compte pas assez d’adhérents pour peser dans la balance.

Comme prévu par l’amendement du 9 janvier dernier, le gouvernement se doit de présenter un « plan B » sous trois jours. Pour ce faire, Theresa May retournera à Bruxelles pour demander une réouverture des négociations, lesquelles seront refusées par le conseil Européen.

En réaction à la défaite de Theresa May lors de ce vote, une motion de censure est déposée dans le respect du parlementarisme britannique par un député travailliste du nom de Jeremy Corbyn et qui doit être débattue le 16 Janvier soit le lendemain. Cette motion de censure pousserait Theresa May à la démission si celle-ci est validée par une majorité au parlement britannique.

 

16 janvier 2019 : Theresa May est réconfortée dans son rôle de Première Ministre

 

La motion de censure n’aboutit pas malgré le peu de popularité de Theresa May. Pour la plupart des députés, de nouvelles élections ne feraient que fragiliser la position britannique face aux européens et Theresa May est la personne la plus apte à terminer les négociations commencées en 2016. Cette motion est rejetée par 325 parlementaires contre 306.

                         Theresa May le 16 janvier 2019 recevant de nouveau la confiance du parlement

Le « plan B » nécessaire au respect de l’amendement du 9 janvier 2019 n’est pas proposé dans les délais prévus mais Theresa May annonce l’ouverture de réunions entre le gouvernement et les principaux mouvements d’oppositions afin de déterminer la future position du gouvernement britannique et la liberté de manœuvre dont Theresa May dispose. Face à l’incertitude générale, les membres européens se préparent à un « NO DEAL ».

 

29 janvier 2019 : La reprise mitigée du processus de divorce par les parlementaires britanniques

 

Le gouvernement de Theresa May ne proposant pas d’alternative à l’accord non ratifié, les députés de Westminster tentent de reprendre la main sur des accords entérinés en novembre dernier. La chambre des communes adopte donc deux amendements qui pour le premier, exclut par principe une sortie de l’Union Européenne sans accord mené notamment par un groupe parlementaire de députés travaillistes et le second stipulant qu’aucun accord ne sera ratifié si le « back stop » tant problématique n’y figure pas. Il s’agit là de la preuve concrète du positionnement favorable de Westminster sur le retour d’une frontière solide entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Theresa May s’oppose au second amendement. Elle énonce sa volonté de réouvrir les négociations avec l’union européenne et précise qu’elle est profondément contre la volonté du Parlement de revenir sur le « back stop » entre les deux Irlandes.

La position Européenne est plus radicale sur ce point car aucun des 27 membres n’a envisagé d’aller dans le sens des Britanniques. Pour les représentants de l’Union, le rétablissement d’une frontière physique entre les deux régions d’Irlande serait très préjudiciable au calme social actuel, promu avec l’espace Schengen. Il y a une semaine à Chypre, Le président français énonçait sa volonté de ne pas rouvrir les négociations et de présenter un front européen uni et ferme.

 

Des futurs possibles pour le Brexit

 

Pour éviter un divorce brutal le jour de la date butoir, les parlements européen et britannique doivent valider avant le 29 mars 2019 un accord de sortie et une déclaration politique qui encadreraient les futures négociations.

  Entre le 29 mars 2019 et le 31 décembre 2020, le Royaume-Uni entrerait alors dans une période de transition de deux ans afin d’envisager concrètement les futures relations économiques et diplomatiques entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne.

– Si pour diverses raisons, aucun accord n’est signé avant le 29 mars, le scénario du « NO DEAL » deviendrait alors réel et le Royaume-Uni sera considéré comme un Etat tiers dès le 30 mars. Ses relations avec l’Union Européenne seraient égales aux relations que l’Union Européenne entretient aujourd’hui avec l’Australie par exemple.

 

 

Reggaeton !

Juan Soto, Bogotá 

 

Il y a quelques jours, la plateforme internet Youtube a publié la liste des 10 vidéoclips avec le plus de vues en 2018. Parmi ces vidéoclips, 8 chansons sont chantées en espagnol et “Te Boté remix”, interprétée par les portoricains Nio Garcia, Darell, Bad Bunny et Ozuna occupe la première place avec près d’un milliard et demi de vues, 400 millions de “J’aime” et plus de 400 000 commentaires.

 

Même si  des chansons comme “La Tortura” de Shakira ou “La Macarena” de Los del Rio, qualifiée selon Forbes comme la sixième chanson la plus célèbre de l’histoire, ont été écoutées partout quand elles sont sorties, c’est avec l’arrivée du Reggaeton que la musique en espagnol a connu son essor dans un monde qui aime de plus en plus le “Fast Food” musical.  Mais ce n’est pas seulement à travers la beauté du langage ou à l’accent « séducteur » des interprètes  que les chansons de reggaeton sont parmi les plus écoutées actuellement.

Le reggaeton, né à Panama dans les années 70, et adopté par les portoricains dans les années 90, inspiré d’un mélange entre le reggae, le rap et le dance hall, a été considéré pendant longtemps par la plupart des gens comme une musique vulgaire et peu élaborée. On pensait que ce genre interprété par des chanteurs sans aucun type de formation musicale et produit de manière rudimentaire allait disparaitre très rapidement. Cependant, au-delà d’une adaptation dans son contenu, qui devient de moins en moins vulgaire,  c’est grâce à sa simplicité musicale que le reggaeton a réussi à s’imposer et à attirer de plus en plus de public.

Tout d’abord, la base utilisée par le reggaeton, un “tresillo 3-3-2”, répété dans toutes les chansons, donne à la musique un rythme contagieux. Le fait que ce rythme n’a jamais changé à la base a fait qu’au cours du temps, à force de l’entendre une et autre fois, le public se soit habitué de plus en plus. Les chansons sont donc devenues plus faciles à assimiler et elles plaisent plus facilement. De plus, le mélange de cette base du reggaeton avec plusieurs styles musicaux peut plaire aux personnes qui sont fans d’autres genres : la bachata, le mambo ou le pop, par exemple.  La chanson la plus écoutée de l’histoire de youtube, « Despacito » de Luis Fonsi, qui a presque 6 milliards de vues sur cette plateforme, est un mélange entre du reggaeton et du pop, mais elle incorpore des instruments musicaux populaires comme le cuatro cubain.

La plupart du reggaeton est produit en Colombie et à Puerto Rico. Cependant, selon la plateforme Spotify, seulement 5% des écoutes de reggaeton proviennent de ces deux pays. Cela veut dire que 95% du reggaeton est exporté  et que le genre a conquis un marché  global. Ce rayonnement mondial du reggaeton est dû aussi, en partie, aux collaborations des interprètes de reggaeton avec d’autres artistes appartenant à un genre musical différent. Justin Bieber, Drake, Becky G : tous ces artistes ont participé à des chansons de reggaeton et plusieurs d’entre eux ont décidé de chanter en espagnol, une langue qui n’est pas la leur. Anitta, la chanteuse brésilienne la plus connue actuellement  assure que : « Chanter en espagnol m’a ouvert à plus de gens. Je pense que le langage reste encore une barrière. » La collaboration entre le rappeur américain Drake et le portoricain Bad Bunny, chantée entièrement en espagnol, est la troisième chanson la plus écoutée sur Deezer actuellement.

Le reggaeton a donc réussi à présenter une culture latine qu’une grande partie de la population refuse d’accepter, mais qui existe quand même, dans un monde dominé auparavant par la musique provenant des pays anglo-saxons.  Peut-être que le contenu de ses lettres reste simple et parfois vulgaire, que le rythme est monotone et qu’une grande partie des interprètes n’ont pas de formation musicale, mais le reggaeton a le mérite d’avoir fait de l’espagnol la langue avec laquelle tout le monde danse. La preuve : Après le succès de Despacito, certains médias assurent que le nombre de touristes à Porto Rico a  augmenté de 45%. Même si ces chiffres ne sont pas encore vérifiés, il est vrai que ce genre est une grande fenêtre qui fait que les gens, même les moins curieux, se demandent, au moins, «  Qu’y a-t-il à voir en Amérique latine ? »

Le Dialogue de Trianon

Louis G.K. Ferrand, Bogotá  

 

Le dialogue de Trianon est un forum franco-russe qui a pour but de permettre et de faciliter le dialogue entre les jeunesses russes et françaises, les acteurs économiques ainsi que culturels, mais également les personnalités politiques. L’intérêt pour ses organisateurs est qu’il permet un rapprochement entre les deux pays. Le Dialogue comme forum de coopération a l’avantage majeur pour ses membres de permettre de surmonter les incompréhensions qui existent entre les deux nations et ,qu’en quelque sorte, ces échanges permettent de faire progresser une amitié Franco-Russe plus forte. Le dialogue de Trianon ou forum de coopération franco-russe est né le 29 mai 2017 à Versailles lors d’une visite présidentielle de Vladimir Poutine. C’est pendant celle-ci qu’il rencontra le président Emmanuel Macron. A l’origine une initiative de la France, la Russie a très rapidement accepté d’être partie prenante de cette organisation.

 

 

Les objectifs principaux sont donc de permettre aux sociétés civiles Françaises et Russes de s’ouvrir l’une à l’autre et dans ce but, chaque année, les jeunes des différents pays sont invités à s’entretenir et à échanger sur une thématique choisie par un conseil binational de coordination du dialogue. Le thème actuel est celui de la « ville du futur ».

Présidé à part égale par un co-président russe, Anatoly TORKUNOV et un co-président français Pierre MOREL le conseil de coordination du dialogue est composé de trente membres. 15 membres pour chaque nationalité et parmi elle, on y retrouve des personnalités françaises de renom comme Claudie Haigneré ancienne spationaute et actuelle ministre de la recherche ou le directeur général de Total, Patrick Pouyanne. Du côté russe, il y a également des personnalités comme la directrice du musée Pouchkine, Marina D. Lochak ou le directeur du conseil d’administration du groupe ADV (groupe spécialisé dans l’audiovisuel – au chiffre d’affaires de 500 millions de dollars en 2016).

L’objectif majeur est de représenter les différentes composantes de la société civile des deux pays : professeurs, ingénieurs, entrepreneurs, diplomates, artistes et personnalité du monde de la culture…

A la fin de l’année dernière, la crédibilité du dialogue de Trianon a été fortement renforcée par une déclaration commune datée du 27 novembre 2018. Les deux ministres des affaires étrangères Français, Jean Yves le Drian et Russe, Sergeï Lavrov ont réitéré leur attachement à ce forum et leur volonté commune d’accentuer les échanges de toute sorte entre les deux pays.

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