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L’Argent fait-il le bonheur ? Une question universelle…

Alice FLORENT, Ana Sofía GUAJARDO, Marie PASCUAL, Mexico 

 

Vous vous posez certainement ces questions depuis l’enfance : les personnes riches sont-elles les plus heureuses ? Est-ce que l’argent peut mettre fin à mes problèmes ? Serai-je heureux quand je gagnerai de l’argent ?

  

Selon le dictionnaire la richesse désigne «  la quantité de biens nécessaires pour satisfaire les besoins d’une population » et le bonheur désigne « un état global de complète satisfaction » mais, ceci n’est pas très utile, n’est-ce pas ? C’est pourquoi nous avons décidé de faire notre propre enquête dans différentes catégories sociales.

 

Nous leur avons posé les questions suivantes :

  • Que représente l’argent pour vous ?
  • Pensez-vous que l’argent est synonyme de réussite ?
  • Que représente le bonheur pour vous ?
  • Pensez-vous que votre bonheur ferait celui des autres ?

 

                                                                      Voici notre enquête

Au nom des censurés, au nom de la démocratie!

Lia Bosquet et Gabriela Portillo, Mexico 

 

32! C’est le nombre de journalistes assassinés au Mexique sous le gouvernement de Peña Nieto, depuis 2012. Du moins, c’est le chiffre officiel… un chiffre qui ne semble pas inclure tous les disparus. Il va sans dire que la liberté de presse au Mexique n’est qu’un idéal qui masque une vérité obscure. On en vient à douter de l’information qui circule dans le pays et on ne sait pas toujours avec certitude si on peut lui faire confiance. Aujourd’hui, Internet et les réseaux sociaux ont acquis une suprématie sans commune mesure. Les jeunes s’informent en cherchant sur Wikipédia ou en suivant les médias qui semblent répéter en boucle les mêmes informations. En ouvrant nos réseaux sociaux, on se cache derrière l’humour du 21e siècle, fait de blagues et de parodie, on se distrait puis on oublie. On oublie la disparition des 43 étudiants. On oublie les manifestations réprimées de manière violente. Par contre, on est capable de se souvenir des derniers mots de Spider-Man dans Infinity Wars. Et, dans toute cette foulée, on oublie de s’informer.

 

N’est-on pas face à un grand paradoxe? Les instruments développés pour nous informer nous désinforment davantage ! Nous vivons dans un pays où certains journaux fonctionnent grâce aux subsides des élites qui exercent  un important contrôle sur ce qui se publie. Les citoyens doivent apprendre à lire entre les lignes mais beaucoup n’ont pas la capacité de le faire et se font donc trop facilement manipuler.

 

Pour augmenter la conscience des individus, il faudrait non seulement que le public fasse attention à l’information qui circule dans les médias traditionnels mais il faudrait aussi que les citoyens cherchent de l’information dans d’autres journaux plus indépendants pour faire augmenter leur influence. Ainsi ils pourront mieux se rendre compte s’ils sont manipulés et pointer du doigt les fausses nouvelles. Tant qu’il existera la manipulation de l’information et  la volonté d’orienter  l’opinion  publique, les démocraties se résumeront à  de simples caricatures qui ne révèlent pas la volonté citoyenne.

L’émigration mexicaine vers les États-Unis

María Garcin Z., Guadalajara 

 

La migration est indissociable de l’histoire américaine. On la considère comme le déplacement d’individus vers d’autres lieux.  Les causes de la migration n’ont pas toujours été les mêmes, la plus récurrente au Mexique, étant la pauvreté.

 

Selon l’UNICEF, en 2009 au Mexique, 44,2% de la population vivait sous le seuil de pauvreté, dont 10,5% en situation d’extrême pauvreté. La migration provenant du Mexique est la plus jeune de toute l’Amérique latine avec une moyenne d’âge de 25 ans.  Selon l’UNICEF, il existe aussi une migration de mineurs, qui représenterait environ 6.3 millions de personnes. Cela s’explique par le manque d’éducation et de santé (auquel sont exposés 34% des enfants et adolescents mexicains), et l’accès à une alimentation de base (dont 25,5% des jeunes mexicains sont privés).

Aujourd’hui, les États-Unis sont le principal pays d’accueil des migrants mexicains. Selon The Migration Policy Institute (MPI), les États-Unis comptent environ 47 millions d’immigrés, dont 58,5% sont de nationalité mexicaine. Tous espèrent atteindre “l’American Dream”, ce concept véhiculant l’idée que chaque personne, par son travail et son courage peut réussir et devenir prospère.

 

Néanmoins, quelle que soit la motivation, il n’est jamais facile de quitter son pays d’origine et d’aller s’installer ailleurs, dans une culture complètement différente, avec des règles, des valeurs, des traditions et une langue différentes. Ces milliers de personnes connaissent de grandes difficultés d’intégration qui sont souvent source de conflits sociaux au sein du pays d’accueil.

 

Un grand nombre d’américains accusent les immigrés de prendre les postes de travail qui devraient leur être destinés. Cela augmente la xénophobie et le racisme. Il est aussi fréquent que les migrants soient stigmatisés comme délinquants. Les réseaux sociaux et la télévision ont créé une mauvaise image des latino-américains. Cela rend d’autant plus difficile leur intégration au sein de leur nouveau pays. Cette stigmatisation n’existe pas seulement dans les pays d’accueil mais aussi dans les pays de transition. Des études réalisées au Chiapas et à Oaxaca par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),  pour promouvoir la cohésion sociale, ont montré que le dénominateur commun des régions d’accueil de migrants, est l’accroissement de la violence et de la délinquance.

 

Après les élections présidentielles de 2017 aux États-Unis, le racisme envers les immigrants ou les enfants d’immigrants a augmenté. Une étude du Southern Poverty Law Center, analyse “l’effet Trump” sur l’augmentation du « bullying » dans les écoles, et révèle que plus d’un tiers des professeurs ont constaté une augmentation du racisme.

De plus, le gouvernement de Donald Trump a mis fin au statut DACA (l’Action Différée pour les Arrivées d’Enfance), un programme lancé par l’ancien président Barack Obama en 2012. Le statut protègeait  800 milles jeunes immigrés, appelés « dreamers », entrés illégalement avant l’âge de 16 ans, en leur offrant un moratoire de 2 ans avant leur expulsion et un permis de travail de 2 ans, renouvelable. Cette nouvelle mesure accroit le sentiment de rejet social des populations immigrantes.

 

Il n’est jamais facile de quitter son pays d’origine, et ce n’est seulement  que dans des conditions extrêmes que les personnes décident d’aller chercher des opportunités ailleurs. L’intégration est toujours un processus difficile pour tout le monde mais aujourd’hui les immigrés doivent faire face à un grand nombre d’obstacles qui empêchent leur intégration et donnent naissance à des conflits sociaux.

LES ENJEUX DE LA PARITÉ

 

Par Camille Gaumont, LFM Mexico    

 

‘’Liberté, égalité, fraternité, trois mots magnifiques, n’est-ce pas ? Trois mots qui forment le cœur de la Révolution. Trois mots qui, si nous avions su les cultiver, auraient changé la face du monde.’’

– Pierre Bordage, écrivain 

 

La France, beau pays des droits de l’homme – et de la femme. Pays qui promeut les droits de la femme, qui cherche à briser cet éternel et bien irritant plafond de verre empêchant toute femme d’aller plus haut qu’un certain seuil dans la hiérarchie. Sans succès ?

Depuis la loi du 6 juin 2000 qui établit ‘’l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives’’, de nombreuses mesures pour la parité ont été prises. On peut citer celle de l’alternance concernant les scrutins de liste – autant d’hommes que de femmes doivent être inscrits sur les listes électorales -, qui se révèle être l’une des mesures les plus efficaces. En effet, en 2010, 48% des conseillers(ères) régionaux(ales) étaient des femmes, ainsi que 44.4% des députés européens(ennes) en 2009.

Toutefois, ces résultats prometteurs ne sont pas universels : il suffit de s’intéresser aux scrutins uninominaux, soit lorsqu’un seul candidat se présente à une élection, pour prouver le contraire. En 2012, seules 26.9% des députés à l’Assemblée nationale étaient des femmes ; leur présence aux élections cantonales n’était que de 13.9% en 2011.

La situation est similaire au Mexique :  elles ne représentent qu’un tiers des sièges au Congreso de la Unión, un quart des députés locaux et un cinquième des postes de juges.

Ainsi, malgré de réels efforts tentant d’améliorer la parité hommes-femmes en politique, le fameux plafond de verre – pour reprendre une métaphore grinçante – se révèle bin tenace. Comble du comble ? La situation n’est pas bien meilleure en France – pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité – qu’au Mexique, où subsistent de nombreux problèmes extérieurs à la parité.

Notre marge de progression n’en est que plus importante, et ces trop nombreuses inégalités doivent nous pousser à lutter pour cette égalité tant désirée et revendiquée.