Archives de Catégorie: Economie

L’Arctique, continent glacial, sujet à des tensions jamais aussi chaudes !

Louis GUIGNEFORT KIMBAL FERRAND, Bogotá 

 

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les États Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique

 

L’Arctique aurait été découvert en 330 av. J-C. par le navigateur Marseillais, Pythéas qui navigua jusqu’aux îles Shetland ou l’Islande actuelle. Pourtant ce n’est que bien plus tard entre les années 1725 et 1741 que le Danois Vitus Bering, envoyé par le Tsar Pierre le Grand, découvrit le détroit entre la Sibérie et l’Amérique. Détroit qui porte aujourd’hui encore son nom, le détroit de Béring. Mais c’est surtout lors des grands plans de développement sous la Russie communiste que la Sibérie et donc la plus grande partie de l’Arctique terrestre, connaît un développement sans précédent. Aujourd’hui sur les 4 millions d’habitants de cette zone géographique, 2.3 million sont encore russes. Avec le réchauffement global du globe et avec elle des courants marins, les glaces enfermant l’océan Arctique se sont ouvertes. Cette ouverture permet la navigation de porte-conteneurs une partie de l’année sans l’utilisation de brises glaces. Alliant à cela des avancées technologiques importantes dans l’exploration sous-marines et l’exploitation off-shore, cette espace il y a seulement 30 ans, sans grand intérêt représente aujourd’hui une manne financière gigantesque pour les pays limitrophes.

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les Etats Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique. Une preuve de l’importance que le gouvernement de Poutine accorde à cette conquête sont les moyens mis en œuvre. Ils sont colossaux. Le gouvernement russe table sur des dépenses se soldant à près de 4 milliards de dollars. Le Président russe Vladimir Poutine a ainsi dit lors du forum annuel de l’Arctique russe en présence de l’un des vices premiers ministres chinois, Wang Yang qui était accompagné d’une très grosse délégation, la volonté de la Russie de devenir la puissance économique et militaire numéro un de la région septentrionale du globe.

Selon la revue Nature, un tiers des réserves mondiales de pétrole, la moitié de celles de gaz et 80% de celles de charbon se trouvent en Arctique, de quoi attiser les convoitises! Ce bouquet énergétique représente le podium des ressources naturelles utilisées dans le monde soit, pour qui pourra les contrôler, les exploiter et les vendre, de formidables outils de développement et de projection de puissance. La plupart des organismes de protection de l’environnement dénoncent cette course à l’exploitation car selon elles, ce sont des ressources naturelles qui ne devraient pas quitter le sol afin que soit respecté l’objectif d’une hausse des températures  de seulement 2 degrés d’ici à 2050.

 

« Celui qui commande sur mer possède un grand pouvoir sur terre.»                                                           Cardinal de Richelieu

 

En juillet de l’année 2018, le méthanier brise-glace Christophe de Margeris de l’Europe du Nord à la Corée du Sud réussit à rallier le nord de la Norvège au port de Boreyeong en Corée du Sud par la route « Nord-Est » en 15 jours : Une première pour cet itinéraire que certains définissent comme la future autoroute du trafic mondial. Il devient ainsi le premier méthanier à parcourir seul cet itinéraire sans l’aide d’un navire type brise-glace pour ouvrir le convoi. Cette information prouve donc et confirme la viabilité de cette nouvelle voie maritime commerciale qui, de facto, déstabilise une partie des jeux politiques. Les bateaux reliant l’Asie et l’Europe ou bien la côte Ouest des États Unis ne sont plus obligés d’emprunter les trajets classiques passant par les canaux sur l’Isthme du Panama ou bien de Suez.

L’ouverture du pôle nord permet la création de nouvelles routes commerciales entre la machine-outil du monde (la Chine) et l’Europe. En effet, la route maritime traditionnelle passe par le détroit de Malacca en Indonésie puis longe la péninsule Arabique jusqu’au canal de Suez pour ensuite rejoindre l’Europe. On compte en moyen 48 jours de navigation pour relier la Chine au port de Rotterdam.

La nouvelle route maritime est innovante du fait qu’elle propose un itinéraire passant par l’océan Arctique. Les bateaux empruntent le détroit de Béring et suivent les côtes de la Sibérie jusqu’à la mer du Nord où ils atteignent le port d’Amsterdam. Le plus gros avantage de cet itinéraire est une durée de navigation beaucoup moins longue pour relier la destination de départ soit la Chine et la destination d’arrivée, le port d’Amsterdam. En compte pour cet itinéraire seulement 35 jours soit 13 jours de moins que le précédent.

A la suite de la fonte d’une grande partie des glaces enfermant la mer Arctique, les pays bordant ces eaux ont commencé à changer leurs opinions à propos de ces immenses étendues glaciales, qui ne représentaient que très peu d’intérêts économiques, il y a seulement quelques années. Avec le développement des technologies dans les différents secteurs du transport et de l’exploration sous-marine, l’Arctique promet de devenir un espace d’avenir du fait de la découverte de nombreux gisements miniers et d’hydrocarbures et de la création de nouvelles routes maritimes d’importance mondiale. Au niveau géostratégique, les changements sont énormes car cette route beaucoup plus rentable en temps donc en argent est entièrement sous contrôle Russe et non plus sous contrôle des États-Unis ou de L’OTAN comme le sont les détroits de Suez, de Malacca, de Panama ou de Gibraltar.

Le Petro : un Bitcoin Bolivarien ?

Louis G.K. Ferrand, Bogotá 

Cet article a été distingué par le jury 2018 d'étudiants de Sciences Po Poitiers,
 présidé par Valentine Duval, pour ses qualités synthétiques, sa facilité d'accès, et les
 réflexions qu'il suscite. 


(Avec l'aimable autorisation de Madame Dabène, responsable des relations internationales
 de Sc.Po Poitiers)

 

Le 20 février dernier a eu lieu au Venezuela un évènement important à l’échelle des crypto-monnaies. En effet, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, annonçait lors d’une conférence de presse ce jour-là, le développement à l’échelle nationale de cette forme novatrice de monnaie : le Petro. Le Venezuela subit depuis fin 2014 une grave crise économique déclenchée par la baisse des cours du pétrole. Certains observateurs parlent d’une inflation de plus de 13000 %, depuis le début de la crise, pour la monnaie nationale, le Bolivar vénézuélien.

 

Pourquoi le Petro a-t-il été créé et quels sont ses effets sur l’économie ?

Cette crypto-monnaie a été créé pour contourner le blocus Américain, Blocus Étasunien qui est une interdiction faite par la cour suprême des Etats Unis, d’acheter et de transférer des actifs financiers vénézuéliens par des citoyens et entreprises américaines. Le Venezuela a donc annoncé le 20 févier dernier, en grande pompe, la prévente de cette monnaie en émettant 100 millions de Petro. 42 autres millions de Petro supplémentaires ont été mis sur le marché en mars. Cette monnaie électronique est indexée sur les cours du pétrole et adossée sur les réserves vénézuéliennes d’hydrocarbures. Son prix de vente était lors de la prévente de 60 dollars l’unité. Cela est possible du fait que les réserves de pétrole brut du pays sont énormes. On pourrait comparer cela au Dollar, avant Bretton Woods (1944), qui était à l’époque indexé sur l’or. Cette monnaie est novatrice du fait qu’elle est la première monnaie électronique à être émise par un pays, à l’échelle d’un pays entier.

Certains diront qu’il s’agit d’un moyen de gagner du temps car le pays est pratiquement en faillite. En effet, on estime la dette du pays à près de 150 milliards de dollars.

 

Avec le Petro, le contournement financier du bloc nord-américain permet au gouvernement Vénézuélien de pouvoir faire rentrer des devises étrangères dans l’économie nationale et ainsi tenter de relancer l’activité économique, minée par l’hyperinflation que subit le Bolivar (ci-contre).

 

Le gouvernement espère lever près de 6 milliards de dollars grâce au financement généré par le Petro. Financement qui permettrait d’engranger des revenus via la hausse des cours actuels et hypothétiques à venir du pétrole. En effet, actuellement les revenus vénézuéliens liés au pétrole sont trop faibles car le Venezuela a perdu une grande part de son accès aux marchés internationaux, ses capacités de production diminuent faute d’entretien des installations, et les prêts accordés par la Chine ont été gagés sur les réserves de pétrole du pays.

Malheureusement pour le gouvernement de Nicolas Maduro, les États-Unis ont réagi à ce contournement et ont rendu illégal, l’achat de Petros par les citoyens américains et entreprises nationales, interdiction valable également pour des investisseurs non Américains.

Et pour les Vénézuéliens, il n’y aura pas non plus de changements dans la vie domestique et quotidienne. Il faudrait pour cela qu’il y ait une confiance nouvelle dans les institutions gouvernementales et principalement dans la/les monnaie(s) émise(s) par le gouvernement. Les vénézuéliens cherchent désespérément à écouler leurs réserves de cash en Bolivars pour des billets en euros, dollars ou monnaies de pays voisins.                

                                                                                          L’équivalent de 20 Dollars US en Bolivars    Source : REDDIT

 

Le Petro représente-t-il, de par son émission par un état, le signe d’un changement majeur à venir : l’avant-garde d’une nouvelle ère financière et économique, celle des crypto-monnaies ? Récemment, le Kremlin annonçait également sa volonté de créer un Crypto-Rouble. C’est sans doute encore loin d’être suffisant pour remettre en cause l’hégémonie du Dollar comme réserve de valeur.

 

The development of AIRBNB weakens the hotel market

Marie-Cécile Stillmukes et Camille Mahul, Washington DC.

 

AIRBNB est une plateforme communautaire de location de logements de particuliers fondée en 2008 par les Américains Brian Chesky et Joe Gebbia. Cette plateforme de service est de nos jours disponible dans 192 pays. La plateforme recense 3,5 millions de biens (appartements ou maison), soit bien plus que la première chaîne hôtelière mondiale (AccorHotel avec 570,000 chambres dans 95 pays). AIRBNB est une réelle concurrence pour les hôtels car comme on le constate dans le document ci-contre,  (source:www.busbud.com) le prix moyen de location d’un logement  AIRBNB dans les grandes villes du monde (à l’exception de Barcelone ) est inférieur au prix d’une chambre d’hôtel.

 

Mais le succès la plateforme AIRBNB suscite de nombreux débats. A l’origine, il s’agissait d’une plate-forme de location et réservation de logements entre particuliers.  Mais au cours du temps, de plus en plus de professionnels de la location ont  utilisé cette plateforme pour louer leur bien.

 

Ces locations n’ont pas les mêmes règles d’hygiènes et de sécurité et les mêmes charges que les hôteliers. Pour réguler le marché et limiter la concurrence déloyale avec les hôtels traditionnels, les pouvoirs publics français ont imposé certaines règles : enregistrement des biens, paiement de la taxe de séjour, durée maximum de location annuelle de 120 jours (au delà de laquelle le loueur bascule dans la catégorie commerciale des meublés touristiques). Cette durée maximum est cependant critiquée. Qui est en mesure de quitter son logement principal 120 jours par an, soit près de quatre mois? De nombreuses métropoles touristiques dans le monde appliquent une limite à 60 jours, telles que Amsterdam ou San Francisco, ce qui semble plus dans l’esprit de l’idée originelle de AIRBNB de location entre particuliers. De plus, certaines villes ont mêmes interdit à ses habitants de proposer des logements sur cette plateforme sous peine de sanctions comme à Berlin ou dans plusieurs villes en Espagne et Italie.

 

Cependant, des études récentes montrent que les biens proposés par les professionnels du tourisme représentent moins de 10% du total des biens proposés par la       plateforme dans des grandes villes telles que Paris ou Londres (source: la vérité sur la concurrence AIRBNB, Tony Loeb, 27 août 2017). De plus,   alors que le nombre de réservations sur AIRBNB augmente régulièrement depuis 2012, on observe une augmentation similaire des réservations de chambres d’hôtel sur des plateformes hôtelières telles que Booking ou Expedia.

 

Les hôteliers devraient répondre à cette concurrence en adaptant leurs services pour mieux se démarquer de AIRBNB. Une offre de service personnalisée et de qualité sera la meilleure réponse à AIRBNB.

 

La plateforme crée aussi une tension sur le marché de la location de biens, particulièrement dans les zones touristiques. Il est parfois plus rentable pour un investisseur de louer son bien 120 jours sur AIRBNB que de le louer à l’année par un autre moyen. Cela limite le nombre de biens disponibles en location longue durée et donc accroît les loyers, au détriment des locataires fixes en recherche de logement.

 

Malgré sa position dominante, la plate-forme doit maintenant aussi faire face à de nombreuses alternatives qui se développent sur le marché de l’économie collaborative, telles que HomeAway, Windu, ou Clickstay, qui proposent des offres plus ciblées et qui reprennent le concept original de location entre particuliers, avec un meilleur contrôle de la qualité des offres.

NAYRE FLOWERS, producteur et exportateur de roses!

Sofia Uribe, Maurice Leibovich, Bogotá 

Nayre Flowers est une entreprise idéalement située, à proximité de l’aéroport international de Bogotá, et qui profite des conditions climatiques idéales pour la production de roses: des températures fraiches du fait de l’altitude (2600 m) et une luminosité exceptionnelle liée à la proximité de l’équateur.

 

Jeudi 18 janvier, les  » Terminales  » de la série économique-sociale, ont eu l’opportunité de visiter l’entreprise de production et d’exportation Nayre Flowers située à Madrid, Cundinamarca. Cette société familiale est dédiée à la production de roses coupées, avec une tige longue et robuste. Sa mission principale est de vendre des fleurs sur le marché international. Environ 90 pour cent des fleurs sont exportées à Miami et dans différentes régions de Californie. Les principaux acheteurs sont ses associés «Passion Glowers». L’autre 10 pour cent des fleurs qui sont souvent un peu abimées ou dégradées, sont recyclés sur le marché national.

    

Les fleurs sont spécialement faites pour des cadeaux, et la quantité de production augmente en haute saison, comme c’est le cas de Saint-Valentin ou de la fête des mères. Nayre Flowers est certifiée par le label Rain Forest. Ce certificat reconnait que Nayre Flowers  fait de grands efforts pour respecter les 3 critères de la soutenabilité : économique, sociale et environnementale.

Économiquement, l’entreprise contribue au développement de la région en créant opportunités d’emploi. Les employés reçoivent un accompagnement personnel de la part de l’entreprise, qui les soutient économiquement et pédagogiquement en organisant des formations sur la production de fleurs.

Sur le plan social, l’entreprise respecte tous ses employés, en s’efforçant de leur proposer un traitement équitable et juste.

Sur le plan environnemental, Nayre Flowers produit de manière durable, en soutenant une agriculture durable, en réduisant les produits agrochimiques et les déchets. Constamment, l’entreprise cherche de nouvelles innovations, qui contribuent à l’environnement et, créent de nouvelles idées de fleurs et de bouquets, pour continuer à se développer. C’est l’exemple d’une entreprise exportatrice, qui grâce à ses efforts continue à lutter sur la scène internationale, très concurrentielle du marché des fleurs.

 

NAYRE FLOWERS, productor y exportador de rosas

El jueves 18 de Enero, los  »terminale » de la serie económica-social tuvimos la oportunidad de conocer la empresa productora y exportadora Nayre Flowers ubicada en Madrid, Cundinamarca. Esta sociedad familiar se dedica a producir rosas de corte, de tallo largo y robusto. Su misión principal es vender flores en el mercado internacional. Aproximadamente el 90 por ciento de las flores se exportan a Miami y a diferentes regiones de California. Los principales compradores son sus asociados  »Passion Flowers ». El otro 10 por ciento de las flores que no suelen estar en un perfecto estado, se reciclan vendiéndose en el mercado nacional. Las flores están especialmente hechas para regalos, y la cantidad de producción aumenta en temporadas altas tales como el día de San Valentín o el dia des las madres.

 

Nayre Flowers está certificada por el sello de RainForest. Con este sello, Nayre Flowers comprueba que es una empresa que hace esfuerzos para cumplir con las 3 ramas de la sostenibilidad : económico, social y ambiental.

Económicamente, la empresa contribuye con el desarrollo económico de la región, creando empleos, oportunidades. Los empleados reciben un acompañamiento personal de la empresa, que los apoya económicamente y educativamente.

Socialmente, la empresa respeta todas las valores y normas de cada empleado esforzándose en darles un trato justo.

Ambientalmente, Nayre Flowers produce sosteniblemente, apoyando la agricultura sostenible, reduciendo los agroquímicos y desechos. Constantemente, la compañía busca nuevas innovaciones, que contribuyan con el medio ambiente y, creen nuevas ideas de flores y ramos, para seguir creciendo. Este es el ejemplo de una compañía exportadora, que gracias a su esfuerzo logra competir en la escena internacional del mercado de las flores, conservando un buen posicionamiento nacional e internacional.

RAPPI, L’INNOVATION COLOMBIENNE !

Elie Ferneini et Mateo Morales, Lycée Louis Pasteur, Bogotá 

 

Rappi est un exemple d’entrepreneuriat colombien dont l’application jouit d’un grand succès auprès des consommateurs. Rappi est un assistant personnel de confiance qui vous accompagne, qui paie vos factures, qui achète votre repas dans votre restaurant préféré, qui apporte de l’argent à votre domicile, qui fait votre marché comme vous voulez et qui améliore votre qualité de vie. En raison de ses plans d’expansion internationale, Rappi a conclut une  alliance récente avec Facebook et a fait l’objet d’investissements directs venus de l’étranger. 

L’entreprise est née en 2015 et a comme objectif de mettre à disposition des produits achetés via des plateformes digitales. Plus de 200 000 utilisateurs ont téléchargé l’application, les fondateurs ce sont rendus compte qu’ils avaient créé quelque chose de spécial.

L’histoire de Rappi est racontée par ses fondateurs. Entretien réalisé par le journaliste Juan Carlos Martinez Castro du journal El Tiempo auprès de l’un des fondateurs, Simon Borrero. (Traduit de l’espagnol) :

  • Qui a développé cette idée d’entreprise, comment a-t-elle évolué?

Pour parler de Rappi et de son évolution, il faut d’abord parler d’une de ses fonctions principales, celle qui a vraiment transformé l’entreprise: les «antojos». Mes co-fondateurs Sebastián Mejía et Felipe Villamarin, avec un groupe de développeurs et moi-même, avons eu l’idée (avec  beaucoup d’humilité), qui nous distingue de  tout autre type de service à domicile.

Lorsque Rappi est né, nous avons pris une option, qui existe encore, et qui permet aux utilisateurs de demander n’importe quoi, de l’ ‘’arepa de la esquina’’ à l’assiette de votre restaurant préféré. De vos médicaments à quelques fleurs pour votre maman et d’une chemise dans votre magasin préféré, au paiement intégral de vos factures.

Par exemple, grâce à la fonction Antojos, Rappicash (service qui permet à l’utilisateur de retirer de l’argent sans partir au distributeur) est née car après plusieurs achats, nous savions qu’il fallait intégrer à notre plateforme la possibilité de pouvoir demander à n’importe quelle heure de la nuit, de l’argent sans que l’utilisateur quitte son poste de travail.

Et ainsi nous avons grandi, écoutant nos utilisateurs et essayant de les satisfaire. Au fil du temps, nous avons fait des erreurs ainsi que des milliers de succès, des aspects qui nous ont fait grandir avec de l’expérience.

  • Qui a développé l’application?

Tout a été fait en équipe entre les fondateurs et un groupe de développeurs qui travaillaient déjà dans Grability, avec eux, nous avons créé Rappi.

  • Quelle relation  Rappi entretient-elle avec les grands distributeurs, avec les magasins de quartier et avec les chaînes de discount type D1, Ara et Justo & Bueno? 

Tous profitent de la seule chose que fait Rappi qui est d’offrir plus de possibilités de consommation. Souvent, les gens veulent manger quelque chose, prendre ou acheter quelque chose mais ne peuvent pas quitter le bureau ou sont trop paresseux pour sortir le faire. Rappi est la solution pour toutes ces entreprises car elle génère plus d’utilité sans avoir à ouvrir plus de succursales ou à payer à la fois économiquement et logistiquement, un service à domicile. Rappi rapproche les utilisateurs des établissements de vente au détail tout en leur offrant l’opportunité d’essayer de nouvelles choses. Parmi les remises et les campagnes marketing qui sont faites sur certains produits, Rappi aide énormément à positionner les marques qui ont du mal à le faire sur le web.

  • Que conseillez-vous à ceux qui entreprennent en Colombie?  

Qu’ils doivent être passionnés ! Je sais que cela semble un peu banal mais c’est la vérité. L’entrepreneuriat est difficile mais surtout, entreprendre quelque chose qui n’est pas inventé est encore plus complexe puisqu’il faut en convaincre beaucoup et pour cela, il faut se sentir passionné. En plus de cela, il est bon d’avoir une équipe qui éprouve le même sentiment ou plus d’amour avec le projet que les fondateurs eux-mêmes car sans cela, ils vont immédiatement stagner.

  • De votre point de vue, quel est l’avenir de Rappi, comment voyez-vous cette entreprise dans les 5 ans?  

Dans cinq ans, nous aurons avec effort, sacrifice et passion, peuplé de  ‘’rappitenderos’’ les grandes et moyennes villes de l’Amérique!

 

Le rayonnement économique local et international de Rappi depuis sa création

Il y a plus de 500 employés en Colombie auxquels il faut rajouter ceux qui sont inscrits dans l’application pour réaliser le service à domicile, ce qui représente donc  plus de dix mille ‘’rappitenderos’’. Dans sa logique d’ubérisation de l’économie, cette application permet aux « rappitenderos » d’arrondir leurs fins de mois, sans avoir à s’attacher à un horaire ou un patron.

C’est un produit colombien, qui crée des emplois colombiens et des opportunités pour les Colombiens. Cependant, Rappi génère également des emplois au Mexique et au Brésil, ajoutant 150 positions à celles précédemment exposées.  En effet, Rappi opère au niveau local, dans des villes comme Barranquilla, Bogotá, Medellín, Cali et Carthagène, mais aussi à l’international  à Mexico DF, Guadalajara et Monterrey au Mexique ou Sao Paulo au Brésil.

A l’international, le ‘’business model’’ de Rappi s’adapte aux spécificités locales. En effet, l’Amérique latine a des marchés et des modes de consommation très différents. Pour entrer dans un pays, Rappi doit d’abord faire une étude de marché approfondie pour comprendre quelle stratégie fonctionne pour chaque type de ville.  Aujourd’hui Rappi se fixe un objectif de croissance de 35% de son marché à l’international. Rappi est la seule application latino-américaine qui offre différents types de services et qui améliore la qualité de vie des utilisateurs.

L’objectif de Rappi est d’avoir un « Rappitendero » dans tous les coins des grandes et moyennes villes de l’Amérique latine. L’Argentine, le Chili, Panama sont parmi les principales cibles en Amérique latine.

L’entreprise Rappi, 100% colombienne avec des développeurs colombiens incarne bien l’entrepreneuriat et l’innovation d’aujourd’hui en Colombie. Simon Borrero, son co-fondateur admet : « nous pensons que nous avons fait un travail important pour le pays».

 

Vous pouvez en savoir plus sur :

http://www.dinero.com/emprendimiento/articulo/rappilaaplicaciondedomiciliosyfavorescolombiana/226088

http://expansion.mx/emprendedores/2016/04/14/rappiunaempresaqueconviertealosclientesensusmejorespublicistas  https://www.elespectador.com/noticias/economia/rappiempresacambioformadecomprarelcelulararticulo647671

 

 

Ouverture internationale ou repli sur soi : où en est l’Amérique ?

Hervé Brunaud, Washington

Jamais cette question ne s’est posée avec autant d’acuité qu’aux États-Unis à l’heure actuelle. L’histoire du pays a été marquée par des périodes de repli à l’intérieur de ses frontières, suivies de phases d’ouverture, il s’agit là d’une constante de l’histoire des États-Unis. ll semble qu’avec l’arrivée du président Trump aux affaires, le pays entame un cycle plutôt caractérisé par le repli sur soi : les États-Unis ont décidé de se retirer de certaines organisations ou accords internationaux (L’UNESCO, un pacte mondial de l’Organisation des Nations unies pour la gestion internationale des migrants et réfugiés, la COP 21), ces décisions traduisent un revirement certain par rapport aux schémas et lignes directrices mis en place sous la présidence de B. Obama.

Ces questions suscitent un vaste débat aux États-Unis. Dans ce pays qui s’est construit sur des vagues d’immigration successives, la stratégie du repli sur soi ne fait pas l’unanimité.

Mais quoi qu’il en soit elle impacte fortement l’ensemble du continent américain : l’Oncle Sam est au coeur d’un vaste et complexe réseau de migrations de population, d’échanges commerciaux, de coopération sur la plan de la sécurité ; aussi, le nouveau cap fixé par le président Trump suscite des interrogations et des inquiétudes fortes sur l’ensemble du continent américain.

Cette question est donc centrale, et met en lumière des contradictions majeures. Pendant que les États-Unis entament ce repli sur eux-mêmes, d’autres pays revendiquent l’ouverture ou y aspirent : la Colombie, suite aux accords de paix, le Mexique pour renforcer son développement, le Brésil pour asseoir son ancrage dans l’économie mondiale.

Ainsi, ce ne sont donc pas seulement les États-Unis qui illustrent les enjeux au coeur de cette problématique essentielle, mais bien tout le continent américain, tiraillé entre les dynamiques opposées de l’ouverture et du repli.