Archives de Catégorie: Economie

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

  Dix ans en Amérique : Mexique 

 

Alan Jacques, élève de Terminale, Guadalajara

 

Le poids du Tourisme au Mexique

Au Mexique l’industrie du Tourisme représente  9% du PIB et  8% de la totalité des Emplois.

 

Le Mexique entre dans l’histoire.

Selon United Nations World Tourism Organization (UNWTO), en 2017 le Mexique a battu tous les records en se plaçant à la 7eme place des pays les plus visités au Monde avec un chiffre approximatif de 39 Millions de touristes internationaux juste derrière  l’Italie qui reste à la 6eme place, et la France est en tête avec 47 millions.

 

Dans le rapport de SECTUR ( Secretaría de Turismo Mexicano ), grâce aux changements d’administrations gouvernementales, les chiffres du tourisme ont connu une augmentation de 60% entre 2012 et 2017. On remarque que le tourisme depuis l’Europe vers le Mexique a augmenté de 34% dans les 5 dernières années et le volume de touristes depuis l’Amérique du Sud vers le Mexique a connu une augmentation de 97% et quant aux touristes venant d’Asie on observe une augmentation de 127%.

Cette évolution est remarquable, le Mexique possède tous les facteurs pour être dans le top 3 des pays les plus visités grâce à ses plages, sa culture gastronomique reconnue, l’histoire unique de ses “Pueblos Magicos” parmi tant d’autres centres d’intérêts. Malheureusement, les mauvaises décisions administratives ne lui ont pas toujours donné sa juste valeur.

Même si, depuis 5 ans, on observe un changement positif dans les infrastructures d’accueil car l’administration mexicaine sait que le tourisme est un marché à fort potentiel.

Avec la promesse du nouveau président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de ne pas donner suite au nouveau projet de l’aéroport de la ville de Mexico, le tourisme au Mexique ferait un énorme pas en arrière.

Il faudra conserver les acquis et maintenir les industries pour que le Mexique continue à attirer les visiteurs et devienne un pays phare dans ce secteur.

 

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

  Dix ans en Amérique : Mexique 

 

Lucia Amaya, élève de Terminale, Guadalajara

 

Le Mexique se diversifie dans le tourisme !

 

Quand on entend le mot “Mexique” la première chose à laquelle on pense ce sont les problèmes d’insécurité, de pauvreté et de corruption : « un pays qui n’avance pas »! Mais tout n’est pas aussi négatif! Le Mexique a progressé dans de nombreux domaines depuis 10 ans, particulièrement dans le secteur touristique.

En effet, le changement économique a été notable ces dernières années. Depuis 10 ans, le marché mexicain s’est diversifié pour ne pas dépendre uniquement des opportunités américaines. Ainsi, le secteur du tourisme a augmenté de 9,5% en 2015. On a pu observer une croissance spectaculaire de l’arrivée des visiteurs internationaux dans les principales villes comme Guadalajara et Mexico avec des chiffres de 26.6% et 17.7% respectivement selon Rodolfo Lopez Negrete, le Directeur Général de la Promoción Turística en México (CPTM). En même temps, avec l’augmentation du tourisme, plus d’emplois ont été générés. On compte que de 2008 à nos jours, la création d’emplois dans ce secteur était de 5,14% par an,  selon la Secretaria de Turismo (Sectur). C’est grâce à notre culture plurielle, à l’attractivité de nos plages et des lieux culturels que nous pouvons aujourd’hui compter sur ces attraits pour maintenir les flux financiers et la croissance de notre pays.

Ces 10 dernières années le Mexique a connu une vraie croissance économique grâce au tourisme.

 

NETFLIX : THE RISE OF A GIANT

Nolwen Prince et Aïsha Philippe, Washington DC

 

La naissance et l’essor de Netflix : Un bouleversement majeur dans l’industrie cinématographique au cours des dix dernières années

La présence de services de streaming menace les anciennes méthodes de divertissement telles que la télévision câblée et l’industrie cinématographique. La facilité à regarder ce que l’on veut, quand on veut, où l’on veut, sans pauses commerciales et sans prix exorbitants donne l’avantage à Netflix et autres.

Netflix. One of the biggest streaming platforms known to man.

In 1997, a company that would one day revolutionize the entertainment industry took its first steps. Once a rental DVD delivery service, in 2007, Netflix transformed into the first paid streaming service. 2012 marked the beginning of Netflix’s content creation, as well as the beginning of its meteoric rise. Netflix’s revenue increased by 1387% between 2007 and 2017. So what changed? How and why has Netflix’s rise alienated cable television providers and the cinematographic industry? And with such a monumental surge, will Netflix be able to sustain its growth in the near and distant futures?

According to Leichtman Research, the number of paid Netflix subscribers surpassed that of paid cable subscribers in 2017. Today, Netflix has 58.46 million subscribers in the United States alone versus about 49 million cable users, and continues to see a daily increase. Cable TV is dying out; the majority of young adults prefer to watch video content using online platforms opposed to adults that are 50 and older.

What makes Netflix more attractive? For one, cable TV is constantly bombarding users with a variety of ads. Netflix allows consumers to watch whichever show or film they want, whenever they want, meaning that the industry is adapting to the consumers’ schedule instead of the other way around. Finally, Netflix can be installed on every device, allowing movies to be watched wherever the user wants, even without internet.

For a long time, Netflix relied on the film industry to provide it with the content that it gave its users access to. However, Netflix quickly realised it had to begin creating its own content as the movie industry began raising the prices of streaming rights in an attempt to cripple Netflix; in 2012 “Netflix Originals” were born. Their first attempt, House of Cards, was a smashing success. 2018 alone has plans to create 110 “Netflix Original” movies and television shows compared to the 20 films that Warner Bros planned, and Disney’s 12. Now, the power of the majors of the industry is contested and no longer assured.

 

The cinematographic industry is threatened in more ways than one. Netflix is changing the ways movies are provided, deciding to skip over the movie theatre phase and opting instead to place them directly on their online platform. This might explain why less people are going to the movie theatre. Since 2002, there has been a 21% decrease in movie tickets sold, diminishing the revenue available to Hollywood studios. This has led to a feud between Netflix and these studios who have lobbied to exclude Netflix and their creations from the film community. In 2018, the Cannes Film Festival in France banned Netflix from entering any submissions. Ted Sarandos, the chief content officer for Netflix was then quoted as saying “We are choosing to be about the future of cinema. If Cannes is choosing to be stuck in the history of cinema, that’s fine.”

The movie industry is now implementing new tactics to make sure that people have incentive to keep going to theatres; D-BOX movie rooms have seats that move, 4D movie rooms create an interactive experience for the viewer such as temperature and lighting changes.

 

Netflix has proven itself to be a media giant with no plans of slowing down in the foreseeable future. It has begun to beat out one of the most influential markers of the 20th century: cable television, and poses a major threat for the future of the film industry. However, Netflix is starting to face heavier competition; Amazon Prime provides its subscribers with not only streaming but countless other benefits. In 2018, Disney announced it would begin its own streaming service, marking a specific type of retaliation from Hollywood studios : imitation. Some of Netflix’s major attractions will be removed, forcing customers to subscribe to both streaming services. It remains to be seen what this will mean for Netflix’s subscriber count.

Un bilan de l’économie américaine au milieu du mandat de D. Trump

Maylis Gourdier, Washington DC  

 

Le 20 janvier 2017, quand D.Trump est devenu président des États-Unis, le taux de chômage était de 4,8% (son taux le plus bas depuis 2001), le PIB était de 19 390 milliards de dollars, la croissance de 2,2%, et son déficit budgétaire de 666 milliards de dollars (3,5% du PIB). Depuis l’arrivée de Trump, l’économie connaît une conjoncture exceptionnelle, avec des indicateurs au vert concernant la croissance du PIB, l’emploi, l’inflation et la performance de la bourse.

 

En 2017, la richesse produite a augmenté de 2,3%, puis a atteint 4,1% au deuxième trimestre 2018. C’est la première fois que la croissance dépasse la barre des 4% en 4 ans. La progression du PIB est supérieure aux prévisions des analystes. Au troisième trimestre 2018, la croissance est de 3,5%. Cette progression de l’économie serait due à 2 raisons principales :

  • La première est la réforme fiscale adoptée par la majorité républicaine à la fin de l’année 2017, ayant généré une baisse du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 21% et de certains impôts sur le revenu. Cette baisse des impôts semble avoir stimulé la consommation des ménages, en hausse de 4%, notamment dans l’achat de biens durables (9,3%) et de voitures. Les investissements des entreprises ont progressé de 7,3%.
  • l’augmentation des dépenses publiques et particulièrement les dépenses de sécurité nationale (plus 35%) et militaires (en hausse de 6%).

 

Le taux de chômage est descendu à 3,7 % en septembre 2018, son niveau le plus bas depuis 50 ans.

 

L’économie atteint le plein emploi. Et le président a promis la création d’emplois avec la relance de la production de charbon. Trump espère également stimuler l’emploi grâce à sa politique  protectionniste : taxation sur l’importation d’acier (25%) ou d’aluminium (10%) en provenance notamment de Chine; des emplois perdus avec la délocalisation pourraient être ramenés aux États-Unis. Mais ces taxes pourraient entraîner une guerre commerciale et en particulier une taxation par la Chine sur certains produits américains (ex le soja).

 

 

 

 

 

 L’inflation a subi une augmentation de 2,9% en juillet 2018 mais est descendue depuis a 2.2% et les prévisions indiquent qu’elle devrait rester stable. Mais la Federal Reserve (la banque centrale américaine) a légèrement relevé ses taux, il y a peu de temps, par crainte d’une accélération de la hausse des prix.

 

Le parcours de Donald Trump, milliardaire et homme d’affaires, a donné confiance à la bourse américaine. L’indice Dow Jones montre une augmentation d’environ 40% depuis l’arrivée du président. Mais cet indice a perdu 5% en octobre 2018.

 

Cependant l’augmentation des dépenses des États-Unis a pour conséquence un fort déficit, le plus élevé depuis 2012. En conséquence la dette nationale, déjà abyssale, a augmenté de 1200 milliards cette année. Par ailleurs, les économistes estiment que la croissance ne pourra pas maintenir sa progression et prévoient  un ralentissement de la croissance à environ 2,1% en 2019.

Migrations mexicaines aux États-Unis: quels effets économiques ?

Juliette Lassus, Washington DC 

 

« Le Mexique en fait très peu, si ce n’est RIEN, pour empêcher les gens d’entrer au Mexique par sa frontière sud, puis aux États-Unis » tweetait le président Américain Donald Trump le 1er Avril 2018.

Le Mexique est considéré comme un pays émergent, c’est un pays plutôt riche (12eme PIB mondial), participant à des accords commerciaux importants comme l’ALENA (Accord de Libre Échange Nord Américain) qui facilitent les relations économiques avec les autres pays. Alors, pourquoi une émigration  massive et pourquoi vers les États-Unis ?

 

À partir de 1950 et jusqu’en 1975 le pays a subi une forte explosion démographique. En effet, la population est passée de 27,7 à 60,7 millions selon l’ONU.

Les richesses créées sont certes importantes mais sont principalement dues à l’économie souterraine, dite informelle qui représente 32% du PIB. Les salaires sont faibles, même dans les grandes entreprises multinationales qui ont tendance à payer plus que le revenu minimum. Le revenu disponible par habitant est en comparaison extrêmement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE ( Organisation for Economic Co-operation and Development ): 13 891 USD par an contre 30 563 USD.

On entend beaucoup parler dans l’actualité d’une “invasion” mexicaine. Il faut savoir qu’ils   constituaient 11.2% de la population américains et 63.2% de tous les immigrés hispaniques et latinos en 2016.

 

Concrètement, quels impacts sur l’emploi aux États-Unis ?

 

Au départ, la main d’œuvre mexicaine a répondu à une forte croissance de la demande d’emplois faiblement qualifiés dans des domaines tels que l’agriculture, l’industrie, les chantiers de constructions. Puis, les familles se sont installées. Les mexicains sont devenus, avec le temps, une main d’œuvre indispensable pour certains métiers et contribuent à hauteur de 8% du PIB. Cette arrivée massive de travailleurs non qualifiés sur le marché américain a fait baisser leur salaire moyen de 5%. L’offre de travail ayant augmenté, les employeurs en profite davantage.

Comme le montre le graphique, un élément très important caractérise cette population d’immigrés : le faible taux de diplômés.

 

Selon une étude conduite par The United States Census Bureau en 2010, seulement 40% des  immigrés mexicains finissent les études secondaires avec un diplôme. 60% doivent donc se tourner vers des métiers accessibles sans cette certification. De même, l’OCDE en 2009 souligne que 90% des immigrés mexicains sur la côte ouest occupent un emploi peu qualifié ; nettoyage, bâtiment, production et agriculture. Ce chiffre est néanmoins en baisse constante depuis 2008 ce qui peut être vu comme une des conséquences de la création d’une classe moyenne Mexicaine-Américaine.

Le cas le plus frappant : la Californie, l’Etat où les Mexicains représentaient  35.7% de la population active sur le marché de l’emploi (août 2018). En dépit de leur rôle clé, on constate une très forte différence de salaires comparé aux  natifs : un écart d’environ 24% (60,100$ comparé à 79,000$). Contrairement à certaines affirmations, la présence de cette nouvelle population n’empiète pas sur les salaires américains.  Même si cela reste une énorme inégalité, les revenus restent beaucoup plus élevés que les salaires moyens mexicains. En revanche il est clair que certains employeurs ont une préférence pour ces salariés immigrés moins coûteux : 20 salariés mexicains coûtent en moyenne moins cher à l’employeur que 15 salariés américains.

 

Pour résumer, sans les Mexicains la Californie serait en manque de main d’œuvre, ce qui constituerait un lourd handicap pour le secteur agricole  notamment. L’immigration suscite un débat vif aux États-Unis, cependant, la présence des nombreux immigrés mexicains profite énormément à l’économie américaine et à son fonctionnement.

L’Arctique, continent glacial, sujet à des tensions jamais aussi chaudes !

Louis GUIGNEFORT KIMBAL FERRAND, Bogotá 

 

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les États Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique

 

L’Arctique aurait été découvert en 330 av. J-C. par le navigateur Marseillais, Pythéas qui navigua jusqu’aux îles Shetland ou l’Islande actuelle. Pourtant ce n’est que bien plus tard entre les années 1725 et 1741 que le Danois Vitus Bering, envoyé par le Tsar Pierre le Grand, découvrit le détroit entre la Sibérie et l’Amérique. Détroit qui porte aujourd’hui encore son nom, le détroit de Béring. Mais c’est surtout lors des grands plans de développement sous la Russie communiste que la Sibérie et donc la plus grande partie de l’Arctique terrestre, connaît un développement sans précédent. Aujourd’hui sur les 4 millions d’habitants de cette zone géographique, 2.3 million sont encore russes. Avec le réchauffement global du globe et avec elle des courants marins, les glaces enfermant l’océan Arctique se sont ouvertes. Cette ouverture permet la navigation de porte-conteneurs une partie de l’année sans l’utilisation de brises glaces. Alliant à cela des avancées technologiques importantes dans l’exploration sous-marines et l’exploitation off-shore, cette espace il y a seulement 30 ans, sans grand intérêt représente aujourd’hui une manne financière gigantesque pour les pays limitrophes.

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les Etats Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique. Une preuve de l’importance que le gouvernement de Poutine accorde à cette conquête sont les moyens mis en œuvre. Ils sont colossaux. Le gouvernement russe table sur des dépenses se soldant à près de 4 milliards de dollars. Le Président russe Vladimir Poutine a ainsi dit lors du forum annuel de l’Arctique russe en présence de l’un des vices premiers ministres chinois, Wang Yang qui était accompagné d’une très grosse délégation, la volonté de la Russie de devenir la puissance économique et militaire numéro un de la région septentrionale du globe.

Selon la revue Nature, un tiers des réserves mondiales de pétrole, la moitié de celles de gaz et 80% de celles de charbon se trouvent en Arctique, de quoi attiser les convoitises! Ce bouquet énergétique représente le podium des ressources naturelles utilisées dans le monde soit, pour qui pourra les contrôler, les exploiter et les vendre, de formidables outils de développement et de projection de puissance. La plupart des organismes de protection de l’environnement dénoncent cette course à l’exploitation car selon elles, ce sont des ressources naturelles qui ne devraient pas quitter le sol afin que soit respecté l’objectif d’une hausse des températures  de seulement 2 degrés d’ici à 2050.

 

« Celui qui commande sur mer possède un grand pouvoir sur terre.»                                                           Cardinal de Richelieu

 

En juillet de l’année 2018, le méthanier brise-glace Christophe de Margeris de l’Europe du Nord à la Corée du Sud réussit à rallier le nord de la Norvège au port de Boreyeong en Corée du Sud par la route « Nord-Est » en 15 jours : Une première pour cet itinéraire que certains définissent comme la future autoroute du trafic mondial. Il devient ainsi le premier méthanier à parcourir seul cet itinéraire sans l’aide d’un navire type brise-glace pour ouvrir le convoi. Cette information prouve donc et confirme la viabilité de cette nouvelle voie maritime commerciale qui, de facto, déstabilise une partie des jeux politiques. Les bateaux reliant l’Asie et l’Europe ou bien la côte Ouest des États Unis ne sont plus obligés d’emprunter les trajets classiques passant par les canaux sur l’Isthme du Panama ou bien de Suez.

L’ouverture du pôle nord permet la création de nouvelles routes commerciales entre la machine-outil du monde (la Chine) et l’Europe. En effet, la route maritime traditionnelle passe par le détroit de Malacca en Indonésie puis longe la péninsule Arabique jusqu’au canal de Suez pour ensuite rejoindre l’Europe. On compte en moyen 48 jours de navigation pour relier la Chine au port de Rotterdam.

La nouvelle route maritime est innovante du fait qu’elle propose un itinéraire passant par l’océan Arctique. Les bateaux empruntent le détroit de Béring et suivent les côtes de la Sibérie jusqu’à la mer du Nord où ils atteignent le port d’Amsterdam. Le plus gros avantage de cet itinéraire est une durée de navigation beaucoup moins longue pour relier la destination de départ soit la Chine et la destination d’arrivée, le port d’Amsterdam. En compte pour cet itinéraire seulement 35 jours soit 13 jours de moins que le précédent.

A la suite de la fonte d’une grande partie des glaces enfermant la mer Arctique, les pays bordant ces eaux ont commencé à changer leurs opinions à propos de ces immenses étendues glaciales, qui ne représentaient que très peu d’intérêts économiques, il y a seulement quelques années. Avec le développement des technologies dans les différents secteurs du transport et de l’exploration sous-marine, l’Arctique promet de devenir un espace d’avenir du fait de la découverte de nombreux gisements miniers et d’hydrocarbures et de la création de nouvelles routes maritimes d’importance mondiale. Au niveau géostratégique, les changements sont énormes car cette route beaucoup plus rentable en temps donc en argent est entièrement sous contrôle Russe et non plus sous contrôle des États-Unis ou de L’OTAN comme le sont les détroits de Suez, de Malacca, de Panama ou de Gibraltar.

Le Petro : un Bitcoin Bolivarien ?

Louis G.K. Ferrand, Bogotá 

Cet article a été distingué par le jury 2018 d'étudiants de Sciences Po Poitiers,
 présidé par Valentine Duval, pour ses qualités synthétiques, sa facilité d'accès, et les
 réflexions qu'il suscite. 


(Avec l'aimable autorisation de Madame Dabène, responsable des relations internationales
 de Sc.Po Poitiers)

 

Le 20 février dernier a eu lieu au Venezuela un évènement important à l’échelle des crypto-monnaies. En effet, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, annonçait lors d’une conférence de presse ce jour-là, le développement à l’échelle nationale de cette forme novatrice de monnaie : le Petro. Le Venezuela subit depuis fin 2014 une grave crise économique déclenchée par la baisse des cours du pétrole. Certains observateurs parlent d’une inflation de plus de 13000 %, depuis le début de la crise, pour la monnaie nationale, le Bolivar vénézuélien.

 

Pourquoi le Petro a-t-il été créé et quels sont ses effets sur l’économie ?

Cette crypto-monnaie a été créé pour contourner le blocus Américain, Blocus Étasunien qui est une interdiction faite par la cour suprême des Etats Unis, d’acheter et de transférer des actifs financiers vénézuéliens par des citoyens et entreprises américaines. Le Venezuela a donc annoncé le 20 févier dernier, en grande pompe, la prévente de cette monnaie en émettant 100 millions de Petro. 42 autres millions de Petro supplémentaires ont été mis sur le marché en mars. Cette monnaie électronique est indexée sur les cours du pétrole et adossée sur les réserves vénézuéliennes d’hydrocarbures. Son prix de vente était lors de la prévente de 60 dollars l’unité. Cela est possible du fait que les réserves de pétrole brut du pays sont énormes. On pourrait comparer cela au Dollar, avant Bretton Woods (1944), qui était à l’époque indexé sur l’or. Cette monnaie est novatrice du fait qu’elle est la première monnaie électronique à être émise par un pays, à l’échelle d’un pays entier.

Certains diront qu’il s’agit d’un moyen de gagner du temps car le pays est pratiquement en faillite. En effet, on estime la dette du pays à près de 150 milliards de dollars.

 

Avec le Petro, le contournement financier du bloc nord-américain permet au gouvernement Vénézuélien de pouvoir faire rentrer des devises étrangères dans l’économie nationale et ainsi tenter de relancer l’activité économique, minée par l’hyperinflation que subit le Bolivar (ci-contre).

 

Le gouvernement espère lever près de 6 milliards de dollars grâce au financement généré par le Petro. Financement qui permettrait d’engranger des revenus via la hausse des cours actuels et hypothétiques à venir du pétrole. En effet, actuellement les revenus vénézuéliens liés au pétrole sont trop faibles car le Venezuela a perdu une grande part de son accès aux marchés internationaux, ses capacités de production diminuent faute d’entretien des installations, et les prêts accordés par la Chine ont été gagés sur les réserves de pétrole du pays.

Malheureusement pour le gouvernement de Nicolas Maduro, les États-Unis ont réagi à ce contournement et ont rendu illégal, l’achat de Petros par les citoyens américains et entreprises nationales, interdiction valable également pour des investisseurs non Américains.

Et pour les Vénézuéliens, il n’y aura pas non plus de changements dans la vie domestique et quotidienne. Il faudrait pour cela qu’il y ait une confiance nouvelle dans les institutions gouvernementales et principalement dans la/les monnaie(s) émise(s) par le gouvernement. Les vénézuéliens cherchent désespérément à écouler leurs réserves de cash en Bolivars pour des billets en euros, dollars ou monnaies de pays voisins.                

                                                                                          L’équivalent de 20 Dollars US en Bolivars    Source : REDDIT

 

Le Petro représente-t-il, de par son émission par un état, le signe d’un changement majeur à venir : l’avant-garde d’une nouvelle ère financière et économique, celle des crypto-monnaies ? Récemment, le Kremlin annonçait également sa volonté de créer un Crypto-Rouble. C’est sans doute encore loin d’être suffisant pour remettre en cause l’hégémonie du Dollar comme réserve de valeur.

 

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