Brexit ou l’exit d’un Royaume-Uni divisé (4/4)

Louis G.K.Ferrand, Bogotá 

 

Des europhiles descendent dans les rues de Londres

Le samedi 20 octobre dernier, a eu lieu une manifestation monstre dans un Royaume peu enclin à ce genre de rassemblements. En effet, ce rassemblement a regroupé près de 570 000 personnes selon les diverses associations, la police londonienne n’a quant à elle pas communiqué de chiffre. Différents journalistes parlent du plus gros rassemblement dans la capitale britannique depuis la manifestation contre la guerre en Irak en 2003. A l’appel de plusieurs associations europhiles, ce demi-million de personnes manifeste un véritable coup de force en opposition au Brexit. La revendication          principale de ces manifestants est l’organisation d’un second référendum.

 

Ce mouvement de contestation du Brexit est principalement actif dans les grandes villes telles que Londres où les scores pro Européens ont été les plus élevés (près de 60 %) supérieurs aux scores écossais et même d’Irlande du Nord. Ce mouvement est très peu politisé, les seuls partis d’envergure qui soutiennent ce mouvement sont le SPN écossais, les libéraux démocrates et le DUP d’Irlande du Nord.

On trouvait dans la manifestation, des hommes politiques reconnus tels que l’actuel maire de Londres Sadiq Khan mais également certains députés. Deux ans après le référendum remporté à 52% par les pro-Brexit, les Britanniques restent divisés et le rapport de force n’a guère évolué, bien que les conséquences du Brexit restent toujours aussi floues.

                          Manifestation Pro-Européenne devant Westminster le 20 octobre 2018 à Londres

Un sondage réalisé par le site de sondage « Survation » démontre cette semaine, que 48% des britanniques seraient favorables à la tenue d’un second référendum sur l’accord de sortie de l’UE alors que 25 % y seraient hostiles.

Les différentes figures pro Europe se sont organisées dans le courant des mois de septembre à octobre. « Il est temps que nous reprenions le contrôle », a lancé à la foule le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan. « Il est clair que nous sommes les plus nombreux », a déclaré sur l’estrade la députée conservatrice pro-UE Anna Soubry. Le camp écossais pro-Euro (SNP) a également annoncé sa volonté de voter pour l’organisation d’un second référendum si la question était posée à Westminster. Il est à noter que le groupe SNP représente 35 sièges sur les 650 sièges du Parlement à Westminter.

                                      Caricature parue dans le Times, par David Simmonds

Mais les Britanniques ont voté pour « se libérer des carcans réglementaires et des normes de l’UE », et toute autre formule, telle que le maintien au sein du marché unique ou de l’union douanière, serait malvenue, juge son l’ex ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, dans une tribune publiée par le Sun.

Malgré ces manifestations europhiles, la position de Theresa May ne risque pourtant pas de changer. En effet, elle martèle à chaque fois quand la question d’un second référendum lui est posée que « Les gens ont voté ». L’idée d’un tel référendum, 2 ans après le premier a en effet gagné beaucoup de popularité ces derniers mois en Angleterre et de nombreuses figures politiques influentes ont notamment rejoint cette cause telle que l’ex Premier ministre, Tony Blair. Theresa May est déterminée à mettre en œuvre les résultats du référendum qui l’ont amené au pouvoir.

Enfin, on voit que malgré l’importante mobilisation europhile de la population londonienne, peu d’acteurs politiques d’envergure se sont réellement mobilisés pour la promotion de ce second référendum.

 

Deux ans après le référendum d’autodétermination au Royaume Uni pour connaître la volonté de ces habitants à propos de sa place au sein de l’Union Européenne, personne ne sait où le pays va et les fractures régionalistes atténuées par l’Union Européenne, ont repris de l’ampleur.  Le gouvernement conservateur qui avait anticipé cette victoire du « Out » comme une consolidation des politiques menées auparavant, a pourtant obtenu des résultats très médiocres aux élections anticipées de juin 2017, élections législatives qui ont vu une perte de 12 sièges par le parti conservateur et une augmentation de 33 sièges pour le parti travailliste. Le gouvernement de Theresa May est profondément affaibli, tiraillé entre les partis du Brexit et ceux du « Remain » au sein même du parti conservateur. David Cameron qui avait milité contre le Brexit reste un membre influent de ce Parti. Le gouvernement actuel doit aussi encaisser la pression politique exercée par un parti travailliste qui a le vent en poupe, consolidé par une victoire d’un nombre important de sièges au Parlement de Westminster.

On assiste depuis 2016 et le référendum d’autodétermination à un accroissement du nombre de crises politiques au Royaume Uni. La figure de Theresa May qui avait été portée au pouvoir dans un seul but, celui de réaliser les résultats du référendum n’est pas assez forte, selon ses adversaires, pour continuer à mener le débat entre l’Union Européenne et le Royaume Uni. Certains parlent de Theresa May comme de l’un des Premiers ministres les plus incompétents de l’histoire récente.

Néanmoins, Theresa May, très résiliente, est parvenue le dimanche 25 novembre à la signature d’un traité de Brexit avec les 27 pays de l’Union européenne. Mais son entrée en vigueur dépend encore de sa ratification par le Parlement britannique. Il s’agit sans doute de la partie la plus difficile pour Theresa May.

 

 

 

 

Brexit ou l’Exit d’un Royaume Uni divisé (3/4)

Louis G.K.Ferrand, Bogotá 

 

L’Écosse

Une autre région où les volontés d’indépendance sont très présentes est bien entendu l’Écosse. Ce projet d’indépendance est porté par le parti SNP (Parti National Écossais) majoritaire au Parlement écossais et au pouvoir en Écosse.

On peut voir dans les votes du référendum pour l’auto-détermination, une grande fracture entre la région écossaise et le reste du royaume. Les écossais ont majoritairement voté (62%) pour rester dans l’union européenne mais ce vote europhile n’a pas pu faire pencher le référendum vers une décision de rester dans l’union européenne. En effet l’Écosse, ne représente que 2 679 513 votes sur les 33 551 983 que compte au total le Royaume Uni.

 

Le Brexit pose un énorme problème et  ravive des volontés indépendantistes en Écosse car c’est une région autonome du Royaume Uni et qui possède son propre parlement. Celui-ci est majoritairement indépendantiste. Le parlement compte sur ses 129 sièges au total, 63 sièges en faveur du parti SNP profondément indépendantiste et 6 sièges sont occupés par le Parti Vert également en faveur de l’indépendance et de la décentralisation. Ce qui représente une majorité.

 

 

Manifestation pro-européenne à Édimbourg en 2017

 

Depuis le référendum de 1997 qui déboucha sur le « Scotland Act » signé en 1998, le parlement écossais est autonome par rapport au parlement britannique. Le « Scotland Act » a donné au parlement écossais, les pouvoirs législatifs auparavant dévolus au Parlement britannique. « The Scottish Parliament » peut donc voter ses propres lois. En réalité, le rôle principal de ce parlement est de décider si oui ou non, toutes les lois votées par le Parlement Britannique doivent être appliquées en Écosse. Le Parlement Britannique se réserve le droit d’amender certaines lois du Parlement Écossais, et de réduire le champ de ces domaines de compétences. C’est en quelque sorte, une liberté et autonomie conditionnelle.

Le mardi 15 mai 2018, le parlement écossais a rejeté le projet de loi britannique qui organise la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. Il s’agit d’une première qui pourrait déboucher sur une crise constitutionnelle. Une coalition s’est ainsi formé avec comme chef de file le Parti national écossais, parti majoritaire et actuellement au pouvoir lui-même appuyé par le Parti travailliste, les Libéraux-démocrates et les Verts face au Parti Conservateur. Le Parti Conservateur est la branche écossaise du Parti Britannique favorable à Londres et contre l’indépendance de la région écossaise du Royaume Uni. Les parlementaires écossais ont donc adopté une motion par 93 voix contre 30 qui refuse de consentir au projet de loi mené par Theresa May organisant la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne.

 

Discours pro-européen de Nicola Sturgeon devant  le Parlement écossais le 13 mai 2018

 

Les principales crispations entre Londres et Édimbourg tournent autour des futures répartitions des différents pouvoirs. En effet, comme l’Écosse est une région autonome, elle doit pouvoir prétendre à une autonomie certaine. Mais dans l’amendement de la loi du Retrait qui voudrait organiser la sortie du Royaume Uni rédigée par Londres, il n’y a aucune reconnaissance de cette autonomie, autonomie actuellement respectée selon les accords signés avec l’Union Européenne. Cette répartition des différents pouvoirs entre le Parlement Anglais et les différents Parlements régionaux, n’est pas seulement accordée à l’Écosse mais aussi au pays de Galles et à l’Irlande du Nord. Cette autonomie des régions était présente dans de nombreux domaines tels que la pêche, l’agriculture, l’environnement, la justice et l’éducation. Des domaines spécifiques dans lesquels il y avait des responsabilités décentralisées. Le Parti indépendantiste écossais se plaint du non-respect du consentement du parlement écossais notamment sur la politique future des accords commerciaux dans la loi de retrait de la part du gouvernement de Theresa May.

 

Le Parlement écossais qui s’est senti dupé par le Parlement Anglais, a amendé une loi « d’urgence » qui donne au gouvernement écossais la possibilité de rester cohérent avec l’Union Européenne, malgré le Brexit . En clair, cette loi pousserait l’Écosse un peu plus vers l’indépendance. Des pouvoirs auparavant dévolus à Londres, seraient dorénavant attribués à Édimbourg. Mais pour que ce bouleversement constitutionnel puisse être effectif, il faudrait que le parlement de Westminster le valide. Or, depuis le référendum de 1997, le parlement écossais est en mesure d’émettre ces propres lois, conférent ainsi une certaine autonomie écossaise par rapport à Westminster. En ne reconnaissant pas cette loi et en refusant de l’amender, le parlement britannique pourrait ainsi causer une crise constitutionnelle.  La porte parole du parlement écossais précise que dans les négociations avec l’UE, « le Royaume-Uni veut juste nous consulter, alors que la Constitution (Écossaise) nous donne le droit au consentement. »

L’objectif de cette coalition n’est pas d’empêcher le Brexit car il a été voté, mais de défendre aux mieux les intérêts de l’Écosse, qui voit, il est vrai, un avenir plus radieux dans une aventure européenne. Les écossais ont majoritairement voté pour rester dans L’Union Européenne. Leurs principales revendications étant de rester dans le marché unique et dans l’union douanière.

Un « hard » Brexit aurait en effet des conséquences très néfastes pour l’Écosse, ils ont donc tout intérêt à négocier une transition en douceur et non à une rupture brutale. La plupart des économistes écossais sont d’accord pour chiffrer une baisse de 9% du PIB sur les prochaines décennies de l’économie régionale écossaise avec un « Hard Brexit». Mais c’est également sur le tourisme et les échanges culturels et intellectuels que les manques seront les plus grands, dénonce un député du parti Vert. Des aides ont déjà été mises en place pour pallier à la crise qui selon eux devrait avoir lieu avec le Brexit, notamment un maintien annoncé du programme qui permet aux étudiants européens de venir étudier en Écosse sans payer des frais d’inscriptions supplémentaires.

Avec une coalition puissante menée par un parti profondément indépendantiste au pouvoir, se pourrait-il que des résurgences indépendantistes liées à l’échec du référendum de 2014 puissent apparaître et devenir une menace pour un Royaume unifié ?

Brexit ou l’Exit d’un Royaume Uni divisé (2/4)

Louis G.K.Ferrand, Bogotá 

 

L’Irlande

Les plus grosses tensions se trouvent sur la frontière entre la République d’Irlande et la région d’Irlande du Nord rattachée au Royaume Uni. Ces tensions sont directement reliées à la guerre civile d’Irlande du Nord qui se serait terminée selon les différentes interprétations, en 1997 ou 2007 à la suite de la signature d’un accord de paix et de désarmement avec différents groupes non étatiques militants pour l’indépendance de l’Irlande du Royaume Uni et son rattachement à l’état d’Irlande.

 

Les tensions sont toujours présentes en Irlande du Nord, notamment d’ordre confessionnel et communautaire. En effet, on peut encore assister à des scènes dignes des troubles secouant l’état d’Israël causés par la problématique Palestinienne. On peut voir au détour d’une rue de la « capitale » de l’Irlande du Nord, Belfast, des immenses murs en béton d’une dizaine de mètres de haut… du même type que le mur séparant la bande de Gaza d’Israël. Ces murs nommés « Peace Walls », sont des murs assurant une séparation distincte des quartiers catholiques et protestants, leur destruction est programmée pour dans 10 ans. Leurs rôles étaient de protéger les différents quartiers des violences provoquées par les autres quartiers environnements.

Ces murs nommés « Peace Walls », sont des murs assurant une séparation distincte des quartiers catholiques et protestants, leur destruction est programmée pour dans 10 ans. Leurs rôles étaient de protéger les différents quartiers des violences provoquées par les autres quartiers environnements.

 

On peut comprendre que dans un tel contexte, le rétablissement d’une frontière physique impliquant des douanes et des contrôles entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande pourrait raviver les problématiques d’indépendance et de communautarisme. Certains groupes tels que la

« Continuity Irish Republican Army » ou bien « La Real Irish Republican Army » continuent toujours la lutte armée car ils ne sont pas signataires du Traité du Vendredi Saint, et pourraient se faire catalyseur de la reprise de la guerre civile. Différents groupes signataires de l’IRA pourraient également se réactiver.

 

Frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande :

Traduction :  Respecter le vote « rester ». Attention, s’il y a une frontière dure, cette route sera fermée à partir de Mars 2019. Communautés frontalières contre le Brexit 

 

 

 

La reprise d’une lutte plus active par les différentes mouvances de L’IRA ou du Sinn Féin favoriserait ainsi une dégradation des relations entre les différentes communautés catholiques et anglicanes qui sont soutenues par le gouvernement. De telles conditions sociétales pourraient voir une résurgence de différents groupes insurrectionnels et armés en Irlande. L’avantage principal pour le Royaume Uni et l’Irlande du Nord faisant tous deux partis de l’espace Schengen, signifiait qu’un citoyen du Royaume Uni n’avait pas besoin d’un visa pour pouvoir se rendre en Irlande du Nord, et inversement. La réussite des accords de paix du Vendredi Saint, en 1998, était notamment due à une démilitarisation de la frontière Anglo-irlandaise et que cette démilitarisation permit alors un libre échange total et effectif.

 

Si la procédure de sécession du Royaume Uni de l’Union Européenne est menée à son terme, c’est entre le nord et le sud de l’Irlande que se situera l’unique frontière terrestre entre le Royaume Uni et l’Union Européenne le 29 mars 2019. Mais, l’une des clauses les plus importantes de l’accord de paix entre les différentes mouvances de L’IRA et le gouvernement Britannique signé en 1998 était la totale liberté des personnes et des marchandises pour traverser la frontière entre les deux pays. Il n’existe plus aucune frontière physique à proprement parler entre les deux pays et le passage de la frontière se fait actuellement sans vraiment la remarquer.Un retour 20 ans en arrière est-il donc voulu par les deux camps ?

 

La première réaction des britanniques vint de Theresa May qui a appelé l’Union Européenne à revoir sa position sur la frontière entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande et à faire preuve de plus de souplesse. Le Royaume-Uni, l’Irlande et l’UE ont promis de ne pas matérialiser la frontière afin d’éviter tout possible retour à la violence entre le camp indépendantiste et le camp loyaliste à Londres.

 

En décembre dernier, lors d’un conseil européen, l’Union Européenne et le Royaume-Uni s’étaient mis d’accord sur l’absence de frontière entre les deux parties, un « back-stop », stratégie consistant à fournir un soutien faible ou une protection contre le pire, évidemment le pire étant  de raviver les tensions. Cette absence de frontière suggérait le maintien de l’Irlande du Nord dans le marché commun et l’union douanière européenne. Ce qui concrètement équivaudrait à l’instauration d’une frontière imaginaire au milieu de la mer d’Irlande et donc à une perte de la suprématie flagrante pour le Royaume Uni sur la région d’Irlande du Nord.

 

 

 

 

Caricature de Million comparant Theresa May à l’amiral Nelson face à l’Europe

 

 

 

 

Mais quelques mois plus tard, Theresa May, énonça lors d’un discours à Belfast le 20 Juillet dernier devant un publique de cols blancs irlandais, un changement de cap complet. Ce soudain revirement peut être associé à la conséquence d’un mois particulièrement tumultueux pour Theresa May durant lesquels deux des principaux ministres Pro Brexit de son gouvernement ont démissionné prétextant qu’avec la proposition de Theresa May de ce « back-stop » entre l’Irlande du Nord et la République, l’essence même de l’esprit du mouvement pro Brexit n’était pas respectée.

« Aucun Premier ministre britannique n’accepterait jamais (la division du Royaume Uni) » a-t-elle donc déclaré il y a deux mois devant ce parterre Irlandais. Cette déclaration a été suivie par la parution dans un livre blanc, de la proposition de Theresa May d’instaurer une zone d’union douanière commune entre l’Irlande du Nord et de l’UE. Mais cette zone de libre-échange n’est pas totale car elle ne sera valable que pour les biens. Les 25.363 milliards de Livres que représentent les exportations de biens anglais vers la république d’Irlande, pourrait être l’une des explications de cette « concession ». Il est certain que les services qui représentent près de 80 % de l’économie britannique n’entreront pas dans cette zone économique exclusive. Cet accord impliquerait également la fin de la libre circulation des individus des deux côtés de la frontière de l’île Irlandaise. La démission de deux de ses principaux ministres, celui du Brexit et celui des Affaires étrangères, a poussé Theresa May à un amendement à une loi sur le commerce qui rendrait illégale toute possibilité pour l’Irlande du Nord de se situer en dehors du territoire douanier britannique. La situation est donc actuellement bien plus encline à la résurgence de graves troubles en Irlande du Nord : Une position bien plus dure de la part de Londres.

 

La question reste donc en suspens.

Pour l’Union Européenne, on ne peut pas négocier l’installation d’une zone de libre-échange entre le Royaume Uni et l’Union sur la base d’une seule des quatre libertés, la libre circulation des biens, indépendamment de la libre circulation des services, des capitaux et des personnes. Surtout que dans le cas présent, l’unique bénéficiaire serait le Royaume Uni et la perte des trois autres libertés représenteraient des facteurs insurrectionnels très importants pour la reprise de troubles en Irlande du Nord. Michel Barnier, le négociateur européen a notamment ajouté « Pourquoi voudrait-on affaiblir le marché unique, qui est notre principal atout […] juste parce que le Royaume-Uni souhaite en sortir ? ».

 

 

Theresa May le 20 juillet 2018 à Belfast

 

 

 

 

Michel Barnier devant la Commission Européenne le 6 septembre 2018

 

 

 

 

Pour Theresa May, le pari est double en proposant ces mesures bien plus dures, celui de montrer à son parti conservateur déchiré que sa stratégie est la bonne et que son gouvernement et le Royaume Uni gardent encore le contrôle et restent maître des négociations. Theresa May a énoncé que « C’est désormais à l’UE de répondre. Pas simplement en retombant sur ses positions précédentes qui ont déjà prouvées qu’elles ne peuvent fonctionner. Mais en faisant évoluer sa position ».

Michel Barnier a souligné que « Le débat semble encore en cours au Royaume-Uni » à l’image du chaos au sein du gouvernement et que les propos de Theresa May n’auraient peut-être plus autant de valeur d’ici quelques mois. L’échéance de la sécession du Royaume Uni de l’Union Européenne est de plus en plus proche : le 29 mars 2019. Toutes les parties savent qu’un Brexit sans aucun accord conclu au préalable serait, économiquement, la pire des solutions.

 

Voilà maintenant deux ans que la voie du Brexit a remporté le referendum et que Theresa May est premier ministre. L’historien anglais, John Laughland estime que Theresa May, en grande difficulté chez elle, dans son propre parti et au gouvernement, comme face à Bruxelles, n’arrivera pas à négocier une sortie avantageuse pour son pays.

Attention au feu!

Yanis Caillaud, Washington DC 

 

Dessin de Yanis Caillaud

«Les deux types de feux à éviter aux États-Unis» :

les anti Nike brûlent les chaussures pour manifester leur opposition avec la publicité ; 

“fire”, faire feu, par référence au shooting ayant eu lieu cette année aux États-Unis.

 

La firme d’accessoires et de vêtements de sport Nike, mondialement connue, s’est retrouvée au cœur d’une controverse liée à ses nouvelles campagnes publicitaires “Just do It”. Ces publicités ont suscité la polémique parce qu’elles se sont appuyées sur une riche liste des meilleurs athlètes, mais surtout sur l’ex footballeur américain Colin Kaepernick. Or Colin Kaepernick a marqué les esprits lorsqu’il a refusé de se lever pour chanter l’hymne national Américain avant un match (cela s’est produit en 2016, mais de nombreux autres sportifs ont ensuite imité son geste).

Le fait de rester à genoux lors de l’hymne national représente une forme de protestation contre les meurtres sans cause d’individus afro-américains par la police qui surviennent malheureusement trop souvent. Il s’agit d’un geste fort dans un pays où l’hymne national ne saurait être instrumentalisé pour critiquer le fonctionnement de la société.

Après le lancement de cette campagne publicitaire de nombreux individus ont décidé de boycotter la marque Nike en brûlant certains produits ornés du fameux logo. Cette campagne de publicité aurait entraîné une baisse de 2% du cours de l’action  Nike.

 

NETFLIX : THE RISE OF A GIANT

Nolwen Prince et Aïsha Philippe, Washington DC

 

La naissance et l’essor de Netflix : Un bouleversement majeur dans l’industrie cinématographique au cours des dix dernières années

La présence de services de streaming menace les anciennes méthodes de divertissement telles que la télévision câblée et l’industrie cinématographique. La facilité à regarder ce que l’on veut, quand on veut, où l’on veut, sans pauses commerciales et sans prix exorbitants donne l’avantage à Netflix et autres.

Netflix. One of the biggest streaming platforms known to man.

In 1997, a company that would one day revolutionize the entertainment industry took its first steps. Once a rental DVD delivery service, in 2007, Netflix transformed into the first paid streaming service. 2012 marked the beginning of Netflix’s content creation, as well as the beginning of its meteoric rise. Netflix’s revenue increased by 1387% between 2007 and 2017. So what changed? How and why has Netflix’s rise alienated cable television providers and the cinematographic industry? And with such a monumental surge, will Netflix be able to sustain its growth in the near and distant futures?

According to Leichtman Research, the number of paid Netflix subscribers surpassed that of paid cable subscribers in 2017. Today, Netflix has 58.46 million subscribers in the United States alone versus about 49 million cable users, and continues to see a daily increase. Cable TV is dying out; the majority of young adults prefer to watch video content using online platforms opposed to adults that are 50 and older.

What makes Netflix more attractive? For one, cable TV is constantly bombarding users with a variety of ads. Netflix allows consumers to watch whichever show or film they want, whenever they want, meaning that the industry is adapting to the consumers’ schedule instead of the other way around. Finally, Netflix can be installed on every device, allowing movies to be watched wherever the user wants, even without internet.

For a long time, Netflix relied on the film industry to provide it with the content that it gave its users access to. However, Netflix quickly realised it had to begin creating its own content as the movie industry began raising the prices of streaming rights in an attempt to cripple Netflix; in 2012 “Netflix Originals” were born. Their first attempt, House of Cards, was a smashing success. 2018 alone has plans to create 110 “Netflix Original” movies and television shows compared to the 20 films that Warner Bros planned, and Disney’s 12. Now, the power of the majors of the industry is contested and no longer assured.

 

The cinematographic industry is threatened in more ways than one. Netflix is changing the ways movies are provided, deciding to skip over the movie theatre phase and opting instead to place them directly on their online platform. This might explain why less people are going to the movie theatre. Since 2002, there has been a 21% decrease in movie tickets sold, diminishing the revenue available to Hollywood studios. This has led to a feud between Netflix and these studios who have lobbied to exclude Netflix and their creations from the film community. In 2018, the Cannes Film Festival in France banned Netflix from entering any submissions. Ted Sarandos, the chief content officer for Netflix was then quoted as saying “We are choosing to be about the future of cinema. If Cannes is choosing to be stuck in the history of cinema, that’s fine.”

The movie industry is now implementing new tactics to make sure that people have incentive to keep going to theatres; D-BOX movie rooms have seats that move, 4D movie rooms create an interactive experience for the viewer such as temperature and lighting changes.

 

Netflix has proven itself to be a media giant with no plans of slowing down in the foreseeable future. It has begun to beat out one of the most influential markers of the 20th century: cable television, and poses a major threat for the future of the film industry. However, Netflix is starting to face heavier competition; Amazon Prime provides its subscribers with not only streaming but countless other benefits. In 2018, Disney announced it would begin its own streaming service, marking a specific type of retaliation from Hollywood studios : imitation. Some of Netflix’s major attractions will be removed, forcing customers to subscribe to both streaming services. It remains to be seen what this will mean for Netflix’s subscriber count.

Brexit ou l’Exit d’un Royaume Uni divisé (1/4)

Louis G.K.Ferrand, Bogotá 

 

Le 11 juin 2016, un référendum mené par l’ex Premier Ministre, James Cameron a provoqué la sécession du Royaume Uni de l’Union Européenne après 39 années d’aventure commune. Le Royaume Uni avait sous le mandat de Edward Health, le 1 janvier 1973 rejoint la CEE. Mais de nombreuses dissensions ont perduré du fait que le Royaume Uni était principalement intéressé par les avantages économiques que représentaient une adhésion à cette zone économique exclusive et unique au monde. Les différentes transformations fédéralistes avec le traité de Maastricht notamment, ont suscité des interrogations auprès des Anglais. David Cameron premier ministre à l’époque avait, lors de sa campagne de réélection en 2015, obtenu des reports de vote en exprimant sa volonté de mener un référendum d’autodétermination sur la question Européenne. L’objectif était d’obtenir pour son parti, les conservateurs et avec l’aide nouvelle de L’UKIP (  ) de Nigel Farage profondément eurosceptique, une majorité au parlement et ainsi pouvoir maintenir son poste de Premier Ministre.

 

Pourtant 1 an après, la place du Royaume Uni dans l’Union Européenne, semblait nécessaire pour David Cameron, qui devient alors l’une des figures majeures de la campagne en faveur du vote In (rester). En opposition à l’opinion de David Cameron sur la question, les anglais choisirent à 51,9 pour cent des voix exprimées de quitter l’Union Européenne. Par conséquent, David Cameron, maintenu au siège de premier ministre avec la promesse de ce référendum, démissionna dans la matinée du 24 juin sur le perron du 10 Downing Street tout en regrettant le choix d’une majorité d’anglais « Je ne crois pas qu’il serait bon pour moi que je sois le capitaine qui dirige le pays vers sa destination ». Laissant trois mois à son futur successeur d’engager le processus de désengagement du Royaume Uni de L’UE, Théresa May, issue du parti Conservateur, fut désignée, seconde femme à occuper le siège de premier ministre et inscrite dans la lignée de Margaret Thatcher contre la promotion d’une Europe libre-échangiste au sein de la communauté économique européenne, 28 ans plus tard.

 

                Carte réalisée par le Figaro annonçant les résultats du référendum d’autodétermination de 2016

 

Malgré des problèmes économiques résultant d’une chute du cours de la Livre de 25 pourcents depuis janvier 2016 face à l’Euro, notamment liée aux différents acteurs qui voient dans la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne une baisse de sa croissance, c’est sur le plan politique que cette sortie pose actuellement les plus gros problèmes au gouvernement de Theresa May. Des problèmes faisant resurgir des velléités d’indépendance au Royaume Uni et le réveil d’une jeunesse étudiante europhile qui voit dans l’aventure commune avec l’union européenne un futur plus rose.

Un bilan de l’économie américaine au milieu du mandat de D. Trump

Maylis Gourdier, Washington DC  

 

Le 20 janvier 2017, quand D.Trump est devenu président des États-Unis, le taux de chômage était de 4,8% (son taux le plus bas depuis 2001), le PIB était de 19 390 milliards de dollars, la croissance de 2,2%, et son déficit budgétaire de 666 milliards de dollars (3,5% du PIB). Depuis l’arrivée de Trump, l’économie connaît une conjoncture exceptionnelle, avec des indicateurs au vert concernant la croissance du PIB, l’emploi, l’inflation et la performance de la bourse.

 

En 2017, la richesse produite a augmenté de 2,3%, puis a atteint 4,1% au deuxième trimestre 2018. C’est la première fois que la croissance dépasse la barre des 4% en 4 ans. La progression du PIB est supérieure aux prévisions des analystes. Au troisième trimestre 2018, la croissance est de 3,5%. Cette progression de l’économie serait due à 2 raisons principales :

  • La première est la réforme fiscale adoptée par la majorité républicaine à la fin de l’année 2017, ayant généré une baisse du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 21% et de certains impôts sur le revenu. Cette baisse des impôts semble avoir stimulé la consommation des ménages, en hausse de 4%, notamment dans l’achat de biens durables (9,3%) et de voitures. Les investissements des entreprises ont progressé de 7,3%.
  • l’augmentation des dépenses publiques et particulièrement les dépenses de sécurité nationale (plus 35%) et militaires (en hausse de 6%).

 

Le taux de chômage est descendu à 3,7 % en septembre 2018, son niveau le plus bas depuis 50 ans.

 

L’économie atteint le plein emploi. Et le président a promis la création d’emplois avec la relance de la production de charbon. Trump espère également stimuler l’emploi grâce à sa politique  protectionniste : taxation sur l’importation d’acier (25%) ou d’aluminium (10%) en provenance notamment de Chine; des emplois perdus avec la délocalisation pourraient être ramenés aux États-Unis. Mais ces taxes pourraient entraîner une guerre commerciale et en particulier une taxation par la Chine sur certains produits américains (ex le soja).

 

 

 

 

 

 L’inflation a subi une augmentation de 2,9% en juillet 2018 mais est descendue depuis a 2.2% et les prévisions indiquent qu’elle devrait rester stable. Mais la Federal Reserve (la banque centrale américaine) a légèrement relevé ses taux, il y a peu de temps, par crainte d’une accélération de la hausse des prix.

 

Le parcours de Donald Trump, milliardaire et homme d’affaires, a donné confiance à la bourse américaine. L’indice Dow Jones montre une augmentation d’environ 40% depuis l’arrivée du président. Mais cet indice a perdu 5% en octobre 2018.

 

Cependant l’augmentation des dépenses des États-Unis a pour conséquence un fort déficit, le plus élevé depuis 2012. En conséquence la dette nationale, déjà abyssale, a augmenté de 1200 milliards cette année. Par ailleurs, les économistes estiment que la croissance ne pourra pas maintenir sa progression et prévoient  un ralentissement de la croissance à environ 2,1% en 2019.

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