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Les Hydrates de méthane : l’énergie fossile du Futur ?

Louis.G.K. Ferrand, Bogotá  

 

Les Inuits l’appellent « Ignik Sikumi », en français nous l’appelons, la glace qui brûle. Les scientifiques et spécialistes des hydrocarbures parlent d’hydrates de méthane. L’hydrate de méthane ou clathrate de méthane est un composé d’origine organique naturellement présent dans les fonds marins, dans les talus continentaux mais également dans le pergélisol des régions polaires. Le pergélisol est aussi appelé permafrost en anglais. C’est la partie de la toundra qui est composée principalement de glace qui ne fond jamais quand les températures ne dépassent pas les records que connait actuellement le globe.

Selon les estimations de l’agence de l’information sur l’énergie des Etats Unis, le gaz naturel devrait devenir la deuxième source d’énergie au monde devant le charbon à partir de 2030.

 

Les hydrates de méthane apparaissent ainsi dans ce contexte comme un contributeur important et en devenir de la production globale gazière. La combustion de cette énergie fossile ne produit pas plus de CO² que la combustion du gaz naturel et elle produit moins d’effet de serre que lors de la combustion du charbon et du pétrole. On pourrait donc logiquement qualifier ce combustible fossile de plus propre. Mais ce n’est pas aussi simple, du fait que ce combustible, étant donné sa composition, est très riche en méthane. Or, une fuite de méthane dans l’atmosphère a des conséquences sur l’environnement beaucoup plus graves. En effet, le méthane sous forme de gaz est 21 fois plus efficace comme effet de serre que le CO².                                                                    Photo d’hydrates de méthanes en combustion

 

On parle de réserves non conventionnelles d’hydrocarbures pour les hydrates de méthane car ce sont des réserves qui se forment dans des conditions très particulières, dans des régions très éloignées où leur exploitation est très onéreuse. Mais avec l’épuisement des réserves dites conventionnelles et le développement technologique des dix dernières années, leur exploitation et leur utilisation sont remises à l’ordre du jour. La principale force des hydrates de méthane malgré leur exploitation difficile, est qu’ils constituent une réserve énergétique énorme. On estime actuellement que les hydrates de méthane des fonds océaniques contiennent deux fois plus en équivalent carbone que la totalité des gisements de gaz naturel, de pétrole et de charbon connus sur la surface du globe.

Les principales recherches sur l’extraction des hydrates de méthane sont menées en Asie malgré des avancées particulièrement importantes sur le continent américain. Traditionnellement, c’était le Japon qui était le plus avancé, poussé par une volonté politique renforcée après Fukushima de trouver une source d’énergie sûre lui permettant l’autonomie énergétique. Les géologues estiment que les fonds océaniques aux alentours du Japon contiennent à eux seuls suffisamment d’hydrates de méthane pour fournir l’équivalent d’un siècle d’approvisionnement de l’archipel en gaz naturel. Aujourd’hui, le Japon a l’obligation d’importer la quasi-totalité de ses ressources énergétiques. Les hydrates de méthane sont pour les politiques et scientifiques japonais la manière de résoudre ce paradoxe pour leur pays et ainsi de leur permettre l’accès à une véritable souveraineté énergétique. En 2008, un groupe scientifique japonais a ainsi réussi la première extraction de l’histoire et en 2013, a eu lieu la première extraction off-shore.

La Russie qui possède également de très grandes réserves de ce combustible fossile, suit de très près les différentes innovations technologiques dans ce domaine. Mais un nouvel acteur a fait son arrivée dans ce secteur très particulier de l’énergie en 2017 avec des résultats qui sembleraient le positionner au sommet : la Chine. En effet, le 18 mai dernier, le ministère chinois du territoire et des ressources a annoncé avoir extrait une quantité beaucoup plus importante que lors des tests pratiqués par les autres pays. L’extraction a eu lieu à 1.266 mètres de profondeur dans la mer de Chine méridionale.

 

                                                                   Plateforme de pompage et d’essais dans les hydrates de méthane

 

La route est encore longue avant une exploitation commerciale. Néanmoins la Chine qui est le pays le plus développé dans ce secteur, estime le début des ventes pour 2030. Les défis sont encore nombreux pour arriver à une exploitation sans impact majeur sur l’environnement. Le risque principal lié à ce combustible fossile demeure le risque de fuite de méthane lors de son extraction et de son exploitation, ce qui serait catastrophique pour l’environnement et le réchauffement de la planète via l’effet de serre qu’il induirait. Les scientifiques estiment également que des exploitations importantes pourraient causer d’importants glissements de terrains sous-marins qui pourraient entrainer à leur tour des tsunamis majeurs. Malgré le faible rejet de CO² lors de sa combustion, cette ressource reste fossile et contribuerait quand même à renforcer l’effet de serre. Néanmoins, les hydrates de méthane pourraient remplacer le pétrole ou le charbon dans les pays en développement grands consommateurs d’énergie. On estime que les ressources d’hydrates de méthane vont de 3 à 30 millions de milliards de msoit 15 à 150 fois les réserves prouvées de gaz naturel sur la surface du globe.

Face à d’autres sources d’énergie comme la biomasse, le solaire ou la capture des décharges électriques envisagées par Nicol Tesla en son temps, l’exploitation des hydrates de carbone , si elle est une possibilité technique, n’est pas la seule, et encore moins la meilleure des énergies nouvelles a prioriser car du point de vue environnemental, elle reste une forme d’énergie fossile, donc mauvaise pour la biosphère.

L’Arctique, continent glacial, sujet à des tensions jamais aussi chaudes !

Louis GUIGNEFORT KIMBAL FERRAND, Bogotá 

 

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les États Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique

 

L’Arctique aurait été découvert en 330 av. J-C. par le navigateur Marseillais, Pythéas qui navigua jusqu’aux îles Shetland ou l’Islande actuelle. Pourtant ce n’est que bien plus tard entre les années 1725 et 1741 que le Danois Vitus Bering, envoyé par le Tsar Pierre le Grand, découvrit le détroit entre la Sibérie et l’Amérique. Détroit qui porte aujourd’hui encore son nom, le détroit de Béring. Mais c’est surtout lors des grands plans de développement sous la Russie communiste que la Sibérie et donc la plus grande partie de l’Arctique terrestre, connaît un développement sans précédent. Aujourd’hui sur les 4 millions d’habitants de cette zone géographique, 2.3 million sont encore russes. Avec le réchauffement global du globe et avec elle des courants marins, les glaces enfermant l’océan Arctique se sont ouvertes. Cette ouverture permet la navigation de porte-conteneurs une partie de l’année sans l’utilisation de brises glaces. Alliant à cela des avancées technologiques importantes dans l’exploration sous-marines et l’exploitation off-shore, cette espace il y a seulement 30 ans, sans grand intérêt représente aujourd’hui une manne financière gigantesque pour les pays limitrophes.

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les Etats Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique. Une preuve de l’importance que le gouvernement de Poutine accorde à cette conquête sont les moyens mis en œuvre. Ils sont colossaux. Le gouvernement russe table sur des dépenses se soldant à près de 4 milliards de dollars. Le Président russe Vladimir Poutine a ainsi dit lors du forum annuel de l’Arctique russe en présence de l’un des vices premiers ministres chinois, Wang Yang qui était accompagné d’une très grosse délégation, la volonté de la Russie de devenir la puissance économique et militaire numéro un de la région septentrionale du globe.

Selon la revue Nature, un tiers des réserves mondiales de pétrole, la moitié de celles de gaz et 80% de celles de charbon se trouvent en Arctique, de quoi attiser les convoitises! Ce bouquet énergétique représente le podium des ressources naturelles utilisées dans le monde soit, pour qui pourra les contrôler, les exploiter et les vendre, de formidables outils de développement et de projection de puissance. La plupart des organismes de protection de l’environnement dénoncent cette course à l’exploitation car selon elles, ce sont des ressources naturelles qui ne devraient pas quitter le sol afin que soit respecté l’objectif d’une hausse des températures  de seulement 2 degrés d’ici à 2050.

 

« Celui qui commande sur mer possède un grand pouvoir sur terre.»                                                           Cardinal de Richelieu

 

En juillet de l’année 2018, le méthanier brise-glace Christophe de Margeris de l’Europe du Nord à la Corée du Sud réussit à rallier le nord de la Norvège au port de Boreyeong en Corée du Sud par la route « Nord-Est » en 15 jours : Une première pour cet itinéraire que certains définissent comme la future autoroute du trafic mondial. Il devient ainsi le premier méthanier à parcourir seul cet itinéraire sans l’aide d’un navire type brise-glace pour ouvrir le convoi. Cette information prouve donc et confirme la viabilité de cette nouvelle voie maritime commerciale qui, de facto, déstabilise une partie des jeux politiques. Les bateaux reliant l’Asie et l’Europe ou bien la côte Ouest des États Unis ne sont plus obligés d’emprunter les trajets classiques passant par les canaux sur l’Isthme du Panama ou bien de Suez.

L’ouverture du pôle nord permet la création de nouvelles routes commerciales entre la machine-outil du monde (la Chine) et l’Europe. En effet, la route maritime traditionnelle passe par le détroit de Malacca en Indonésie puis longe la péninsule Arabique jusqu’au canal de Suez pour ensuite rejoindre l’Europe. On compte en moyen 48 jours de navigation pour relier la Chine au port de Rotterdam.

La nouvelle route maritime est innovante du fait qu’elle propose un itinéraire passant par l’océan Arctique. Les bateaux empruntent le détroit de Béring et suivent les côtes de la Sibérie jusqu’à la mer du Nord où ils atteignent le port d’Amsterdam. Le plus gros avantage de cet itinéraire est une durée de navigation beaucoup moins longue pour relier la destination de départ soit la Chine et la destination d’arrivée, le port d’Amsterdam. En compte pour cet itinéraire seulement 35 jours soit 13 jours de moins que le précédent.

A la suite de la fonte d’une grande partie des glaces enfermant la mer Arctique, les pays bordant ces eaux ont commencé à changer leurs opinions à propos de ces immenses étendues glaciales, qui ne représentaient que très peu d’intérêts économiques, il y a seulement quelques années. Avec le développement des technologies dans les différents secteurs du transport et de l’exploration sous-marine, l’Arctique promet de devenir un espace d’avenir du fait de la découverte de nombreux gisements miniers et d’hydrocarbures et de la création de nouvelles routes maritimes d’importance mondiale. Au niveau géostratégique, les changements sont énormes car cette route beaucoup plus rentable en temps donc en argent est entièrement sous contrôle Russe et non plus sous contrôle des États-Unis ou de L’OTAN comme le sont les détroits de Suez, de Malacca, de Panama ou de Gibraltar.

Au Honduras, les militants écologistes risquent leur vie !

Camille Chavagneux, Bogotá  

 

Le Honduras, qui enregistre le deuxième taux d’homicide le plus élevé du monde, est aussi extrêmement dangereux pour ceux qui défendent l’environnement.  Le gouvernement s’est engagé dans un vaste programme de construction, partout sur son territoire, de barrages gigantesques sur des rivières et des fleuves sauvages. Ces barrages produisent principalement de l’électricité mais en même temps menacent la biodiversité et les terres ancestrales des peuples indigènes. Certains ont choisi de résister au péril de leur vie pour protéger leurs droits.

En effet ces rivières pourvoient aux besoins en eau des villages, pour tous les usages domestiques, pour boire, ou cuisiner. Souvent, les habitants n’auraient pas les moyens de s’en acheter.

A Pajuiles, un petit village au nord du pays, les villageois sont entrés en résistance contre un projet de barrage hydroélectrique qui devrait polluer la rivière. Les habitants se sont installés au bord de la route, à l’entrée du village, menant au site de construction et surveillent allées et venues 24 heures sur 24 avec pour objectif de bloquer les engins de travaux s’ils se présentent. Mais les travaux déjà entrepris par les ouvriers polluent la rivière en amont et le village en subit les conséquences.

Le principal problème est le fait que les habitants de ce village n’ont jamais été consultés pour ce projet de barrage et la police intervient régulièrement pour les déloger. La police et les milices du gouvernement ont donc attaqué ce village en leur lançant des explosifs et en leur tirant dessus. Pour le moment, grâce à la mobilisation, le projet de barrage est à l’arrêt, mais les villageois savent qu’ils prennent des risques. Qu’à cela ne tienne,  pour ces derniers, c’est un combat pour la dignité, qu’ils sont prêts à mener au-delà de leurs craintes.

 

Or, depuis 2010, plus de 120 militants écologistes ont été assassinés. La plus célèbre était Berta Caceres, militante écologiste la plus connue du pays. Elle défendait les peuples indigènes contre les intérêts des grosses multinationales. Berta s’opposait notamment à la construction d’un barrage qui menaçait le fleuve Gualcarque. On soupçonne qu’elle a été assassinée par des personnes à la solde de grandes entreprises du Honduras ou de certains politiciens. De fait, les grandes entreprises peuvent compter sur la protection, sous les ordres du président, des forces armées et de la police.

                                                                                      

Ainsi, les familles de victimes accusent les entreprises qui construisent les barrages et possèdent les mines, mais aussi le gouvernement dirigé par le président Juan Orlando Hérnandez.

Réélu en novembre 2017, Juan Orlando Hérnandez est accusé de fraude et de corruption par l’opposition (notamment, Salvador Nasralla qui est le leader de l’opposition au Honduras).

Évidemment, le gouvernement nie en bloc. Selon lui, les militants écologistes seraient simplement victimes de la violence ordinaire au Honduras. Un discours qui peut sembler crédible, car au Honduras, les armes sont partout. Sauf que dans l’armée et la police, des gens commencent à parler, comme en témoigne un ex-capitaine des forces armées, Santos Rodríguez, qui a quitté l’armée parce qu’il a eu des problèmes avec le frère du président.

Santos : « On m’a écarté de l’armée pour avoir dénoncé des actes de corruption et de trafic de drogue de la part du frère du président du Honduras. Malheureusement dans ce pays, il y a des groupes chargés de tuer les écologistes trop imposants. La corruption dans notre pays entraine tout ça. Ils ont leurs propres groupes armés pour défendre leurs propres intérêts. Le gouvernement à des responsabilités, dans ces assassinats, parce que tout le monde, le ministre de l’Intérieur, les forces armées, les services secrets, savent bien qui sont ceux qui commettent ces actes de corruption et ces crimes ».

Ces assassinats terrorisent la population du Honduras, et pendant ce temps-là, l’environnement se dégrade. Même le seul lac naturel du pays est complètement pollué. C’est pour cela qu’il est devenu le symbole du militantisme écologique. Le lac est pollué par les mines d’or et d’argent qui se trouvent aux alentours. Le problème engendré par la pollution est la fermeture de restaurants car ils ne peuvent plus vendre les poissons, remplis de cyanure, qui viennent du lac. Cette pollution engendre évidemment une très forte augmentation des personnes contaminées, souffrantes de cancer ou affectées par d’autres maladies graves, et la plupart en sont mortes.

Ainsi une grande partie de la population du Honduras est sans espoir parce qu’il n’y a personne pour les aider face à ce danger. Le gouvernement reste sourd à leur demande. Et s’ils se révoltent pour protéger leur environnement, ils risquent de se faire tuer.

 

Sources:

https://reporterre.net/Au-Honduras-les-assassinats-de-militants-ecologistes-se-multiplient

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/10/le-meurtre-d-une-ecologiste-au-honduras-suscite-l-indignation-internationale_4880808_3244.html

La forêt amazonienne au centre des conflits équatoriens

Aramis Bomand, Camila Ferrux, Victoria Senaud, La Havane 

« Quand le dernier arbre sera coupé, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson mort, on va découvrir qu’on ne peut pas manger de l’argent ».  Le projet Yasuni ITT (Equateur) semble faire écho à ce proverbe amérindien : celui-ci a été créé le 10 décembre 2007 sur l’initiative du président Rafael Correa et s’est terminé 6 ans plus tard le 15 aout 2013.

 

 

Le Parc National Yasuni est situé entre les territoires d’Ishpingo, Tipuni et Tambococha. Le président voulait préserver le Parc Yasuni, cher aux tribus indigènes et ainsi protéger la biodiversité.  En échange de la non-exploitation de ces terres, et donc d’un manque à gagner estimé à 350 millions de dollars par an, d’autres pays s’engageaient à verser à l’Equateur 50 % de la valeur du pétrole brut présente dans le parc. Cette somme d’argent donne à l’équateur la possibilité d’investir dans les énergies renouvelables et permet une reforestation nationale.

L’idée d’un tel projet a entrainé des nombreux conflits (occupation du territoire par des ONG : Acción Ecológica; groupe de femmes indigènes, organisation de manifestations jusqu’à Quito…) entre les partisans du projet, c’est-à-dire ceux qui voulaient protéger le parc Yasuni et ceux qui voulaient l’exploiter. On voit bien qu’il y a un conflit d’intérêts. Est-ce que finalement le conflit a permis aux intérêts écologiques de dépasser les intérêts économiques ? Cette question nous amène à penser que les intérêts écologiques peuvent prendre le dessus sur les intérêts économiques. Mais le contraire n’est-il pas possible : que les intérêts économiques dépassent les intérêts écologiques ?

 

L’importance des intérêts écologiques.

 

La Constitution de l’Equateur (2008) reconnaît le droit de la nature et que son existence soit pleinement respectée ; ainsi que le maintien et la régénération de leurs cycles de vie, leur structure, leurs fonctions et leurs processus évolutifs :

Art 1.-Cette loi établit les principes et les lignes directrices de la politique environnementale ; détermine les obligations, les responsabilités, les niveaux de participation secteurs publics et privés dans la gestion de l’environnement et indique les limites admissibles, contrôles et sanctions en la matière.

Loi de gestion de l’environnement Codification 19, supplément officiel du registre n ° 418,

 

La biodiversité

La nature est un facteur crucial des intérêts écologiques du parc Yasuni. Les hauts niveaux de biodiversité du PNY[1] sont probablement les caractéristiques les plus particulières, qui mettent en évidence la zone protégée au sein des écosystèmes mondiaux. Le Yasuní occupe une position biogéographique, où la richesse des espèces d’amphibiens, d’oiseaux, mammifères et plantes vasculaires atteignent le niveau de biodiversité maximale en comparaison du reste de l’Amérique du Sud.

L’Amazonie recèle mille et un trésors. Mais depuis quelques années, le territoire est menacé. La déforestation massive, l’invasion de l’agriculture moderne et de ses engrais, les pesticides et autres toxines ou encore l’urbanisation croissante, mettent le parc en danger. Entre paradis terrestre et eldorado pour des industriels à la soif de toujours plus de conquêtes, cette biodiversité met l’accent sur un endroit naturel à préserver.

Grâce aux efforts pour connaître cet écosystème on a pu estimer approximativement le nombre d’espèces : 2274 espèces d’arbres et arbustes ; 204 de mammifères, 610 espèces d’oiseaux ; 121 espèces de reptiles ; 139 espèces d’amphibiens ; plus de 268 espèces de poissons ; et plus d’un milliard d’insectes. Compte tenu de l’extension du PNY et de sa diversité biologique et culturelle, l’importance et le potentiel de cette aire protégée pour la recherche scientifique sont énormes.

Certains experts estimeraient même qu’un kilomètre carré pourrait accueillir en son sein et à lui seul plus de 75 000 types d’arbres et 150 000 espèces de plantes supérieures.

Elle serait le dernier refuge du jaguar et des loutres géantes. Elle contiendrait également la diversité d’espèces de plantes la plus importante sur Terre.

 

Les peuples autochtones

Le Yasuní n’est pas simplement un lieu de méga-biodiversité en termes biologiques, c’est aussi le berceau et l’habitat de plusieurs cultures et savoirs autochtones. Les communautés qui habitent le parc et ses environs appartiennent aux nationalités waorani, kichwa et shuar, ainsi qu’aux peuples autochtones en isolement volontaire (EIP), aux colonies et aux associations de colons métis. Présence historique et ancestrale dans la région, les tribus Kichwa et Shuar ont été plus récemment reconnues ainsi que leur territoire. Au début des années 1970 les communautés de colons métis sont arrivées sur ces territoires, avec l’ouverture des routes, dans le but d’explorer et d’exploiter les ressources pétrolières de ces terres.

Depuis 1999, les EIP situées dans le PNY et dans la zone tampon sont protégés juridiquement par la « Zone Intangible Tagaeri Taromenane » (ZITT) et du « Plan des mesures de précaution ». Depuis février 2011, ces deux instruments relèvent du ministère de la Justice de l’Équateur. Le maintien de l’intégrité biologique de la zone est fondamental pour garantir la survie de ces peuples autochtones.

Comme déjà mentionné, la PNY est considérée comme l’un des sites les plus riches en biodiversité par unité de surface à l’échelle mondiale. Les écosystèmes, les espèces et les processus écologiques présents dans le parc sont uniques et représentent une ressource stratégique clé de l’Equateur. Avec plus d’un million d’hectares et une richesse d’espèces ne se trouvant pas ailleurs dans le monde (en particulier les amphibiens, les oiseaux et les mammifères), la valeur scientifique et écologique de Yasuní est incalculable.

D’autre part, le PNY est un domaine d’une grande complexité sociale et économique qui présente des défis importants pour sa bonne gestion. Les plus grands gisements de pétrole du pays sont situés dans le parc ou dans sa zone d’influence, il y a un niveau d’activités illégales potentiellement importantes (y compris l’exploitation forestière, la pêche et la chasse), et il y a un nombre croissant d’anciens habitants et de migrants, pour lesquels la région zone protégée et la zone tampon représentent leur lieu de vie principal.

Les intérêts économiques dépassent les intérêts environnementaux

En protégeant la forêt Amazonienne plutôt que d’exploiter ses ressources pétrolières il y avait un manque à gagner financier important. Ainsi, le président de l’Equateur Rafael Correa a demandé une compensation financière de la valeur de 50% de ce manque à gagner. Cependant, sa requête a très peu été prise en compte par les autres pays. Rafael Correa a déclaré « Le monde nous a lâchés ». De fait, le manque de soutien des autres nations s’est avéré important alors que ce projet concerne le monde entier. En effet, la forêt Amazonienne représente le « poumon du monde » (50 % des forêts tropicales du monde entier). Cette dernière est considérée comme la plus grande forêt pluviale au monde. Et c’est d’ailleurs parce qu’elle est une des régions les plus humides de la planète, qu’elle possède une grande richesse : une biodiversité incroyable, qui était une des raisons du désir de sa préservation. Pourtant, au Parlement 108 votes étaient favorables à l’exploitation des réserves pétrolières contre seulement 25 voix non favorables, qui défendent le projet de protection de la forêt.

 

L’importance du pétrole

Il est clair que, nombreuses sont les entreprises intéressées par l’exploitation pétrolière de cet espace riche en ressources. L’enjeu était aussi particulièrement fort pour l’Etat puisque la pauvreté du pays est importante (taux de pauvreté de 28,6 % en 2011)[2] et que le pétrole représente une grande partie de l’économie du pays. La production quotidienne de 500 000 barils représente 22 % du PIB. En renonçant à l’exploitation des ressources pétrolières de Yasuni, qui correspondent à 20 % des réserves du pays, l’Equateur se privait d’un revenu financier non négligeable alors que le pays est endetté et qu’il lui manque 4 milliards de dollars pour poursuivre ses réformes sociales. De plus, l’exploitation du parc représente 1800 millions de dollars de profits pour les 20 prochaines années ce qui pourrait permettre à la croissance annuelle de passer de 3% à 8% en quelques années ! De ce fait le choix prioritaire est clair pour le Président de l’Equateur qui a déclaré : « Je n’aime pas le pétrole, mais j’aime encore moins la pauvreté […] Tant que je serais président, je profiterai au maximum, jusqu’au dernier gramme, jusqu’à la dernière goutte des ressources naturelles, afin de sortir le plus rapidement possible mon pays de la pauvreté ».

Mais, l’exploitation ne devrait affecter que 1/1000ème de la surface du parc et parallèlement, le gouvernement s’engage à minimiser l’impact environnemental. Reste à savoir si ces engagements seront réellement respectés, est ce que les firmes pétrolières respecteront vraiment les zones protégées du parc ?

 

On peut donc dire que malgré le désir de protéger la forêt amazonienne et l’implication de différents acteurs (Etat, citoyens, tribus autochtones, ONG…) le projet de préservation n’a pas abouti. En effet, les priorités économiques de l’Equateur et l’abstention des pays pour financer le manque à gagner ont eu raison de l’initiative du Président de préserver le parc Yasuni. Dans ce cas précis, ce sont donc les intérêts économiques qui ont dépassé les intérêts écologiques.

Il est possible de se demander si des pays plus développés auraient fait le même choix ? On peut imaginer que non, de fait il existe une opposition de choix pour répondre aux besoins des sociétés entre les pays développés et les pays en voie de développement.

[1] Parc Naturel Yasuni.

[2] D’après Actualitix https://fr.actualitix.com/pays/ecu/equateur-population-sous-le-seuil-de-pauvrete.php

La politique environnementale aux États-Unis: TRUMP VS La Planète

Assah Karl-Yann, Dassen Santiago, Hernandez Ian, Washington     

Une nouvelle gouvernance se dessine aux Etats-Unis avec l’arrivée du nouveau président, D. Trump, au pouvoir. Les idées en matière de protection de l’environnement et de politique climatique de ce dernier s’opposent sur certains points aux lignes directrices définies sous la présidence de B. Obama. L’attitude des États-Unis, vis à vis de certains traités ou certains types de dispositifs est mise en question :

  • Le Sommet de la Terre de Rio, 1992,  a reconnu que les problèmes environnementaux et de développement de plus en plus graves auxquels le monde est confronté exigent des solutions globales; La reconnaissance que les solutions à ces problèmes exigent la coopération entre les nations et entre tous les secteurs de la société et la reconnaissance que le bien-être de l’humanité dépend du bien-être de la nature.
  • Le Protocole de Kyoto, 1997, oblige les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Conséquemment, les émissions ont baissé.
  • La COP 21, 2015 (signé par le Président Obama), va entraîner des changements pratiques dans les villes pour réduire l’impact sur l’environnement (“Smart Cities”), va favoriser une augmentation importante des investissements pour la recherche et le développement de technologies à faibles émissions de carbone et des moyens d’accélérer leur diffusion dans les pays en voie développement.
  • Le marché du Carbone (Co2) est un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone.
  • Clean Power Plan et Climate Action Plan (mis en place par B. Obama, considéré comme le plus grand pas réalisé par les Etats-Unis contre le réchauffement climatique), oblige la réduction de la pollution carbonique des centrales électriques et encourage l’emploi d’énergie renouvelables ( conservation des énergies fossiles (ex: le pétrole et le gaz)

Source: Image https://pixabay.com/en/pollution-global-warming-environment-2049211/

Sous la présidence de B. Obama, l’État a joué un rôle important dans la lutte contre le réchauffement climatique et d’autres questions environnementales. Tout d’abord, l’ancien président a créé trente-quatre parcs nationaux, équivalent à 2,2 millions km² d’espace protégé. En effet, cette mesure est significative la position de l’État dans la politique environnementale, mais la décision de combattre l’effet de serre et de réduire les émissions de carbone à fait  polémique. Tout d’abord, les autorités américaines ont lancé le Climate Action Plan, ou Plan d’Action Climatique, pour encourager l’utilisation d’énergies renouvelables et pour combattre l’usage des énergies fossiles. De plus, en 2015 Obama a mis en place le Clean Power Plan qui établit une limite d’émissions de carbone aux centrales électriques pour la première fois. Finalement dans la lutte contre le réchauffement climatique, les États-Unis ont signé les accords de Paris lors de la COP 21. Cela témoigne de la volonté de l’administration américaine, sous la présidence de B. Obama, de conduire globalement la lutte pour ralentir le changement climatique. En addition au combat climatique, lors de la présidence d’Obama les États-Unis ont développé l’industrie des énergies renouvelables. Favorisé par les subventions de l’État, l’énergie solaire s’est répandue à tel point qu’en 2020 jusqu’à 3,8 millions de ménages seront alimentés en électricité produite par l’énergie solaire. Finalement, l’administration Obama a cherché à réduire l’impact des énergies fossiles. Dans ce but, le Président Obama a interdit le forage dans plusieurs régions de l’Arctique, l’Atlantique et l’Alaska et son gouvernement s’est opposé à la construction de l’oléoduc  Keystone en Dakota du Nord (qui traversait une réserve « indienne »). En intervenant dans la politique environnementale, B. Obama a combattu contre le réchauffement climatique et il favorisa le développement d’énergies renouvelables en dépit des énergies fossiles.

https://pixabay.com/en/capitol-washington-political-32309/

En revanche, Donald Trump a une vision très polémique concernant le réchauffement climatique. Il a affirmé à de nombreuses reprises qu’il ne croit pas au réchauffement planétaire. Il a prétendu que ce réchauffement est une invention créée par l’Etat chinois. Le 6 novembre 2012 il a publié sur son compte Twitter “The concept of global warming was created by and for the Chinese in order to make U.S. manufacturing non-competitive.”(Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre la fabrication des États-Unis moins compétitive.’’)

En outre, D.Trump a déclaré qu’il n’entendait pas respecter l’accord historique de la COP21 signé par son prédécesseur à la Maison Blanche. Myron Ebell (conseiller sur les questions d’environnement du Président D. Trump) a indiqué en janvier 2017 lors d’une conférence de presse à Londres “The U.S. will clearly change its course on climate policy. Trump has made it clear he will withdraw from the Paris Agreement. He could do it by executive order tomorrow or he could do it as part of a larger package.” (“Les États-Unis vont clairement changé de direction concernant la politique environnementale. Trump a précisé qu’il se retirerait de l’Accord de Paris. Il pourrait le faire par ses pouvoirs exécutif demain ou il pourrait le faire dans le cadre d’une action plus importante”)

Après son investiture, Le Président D. Trump a décidé de faire des choix plutôt brusques et controversés. En effet, le soir même de de son investiture, le nouveau président décide d’enlever la page concernant le réchauffement climatique sur le site de la maison blanche. Outrage, surpris et abasourdis de nombreux scientifiques on fait appel à D. Trump pour que ce dernier accepte les nombreux faits qui prouve l’existence du réchauffement climatique. Après avoir suivi la marche des nombreuses femmes, un grand nombre de scientifiques ont planifié des démonstrations en masse dans la capital du pays.

Enfin, il faut signaler que Scott Pruitt directeur de l’Agence de Protection Environnementale (APE) choisi par D. Trump pour présider l’institution, n’est pas en parfait accord avec la position du Président sur le réchauffement climatique.

Pruitt contrairement à D. Trump, ne croit pas que le réchauffement planétaire est une farce ou une invention. Il a cependant refusé de préciser si il penser que le réchauffement climatique était un problème créé par l’homme. Seulement le futur indiquera si D. Trump honorera ses promesses. Dans ce cas espérons qu’il renonce à sa promesse de ne pas respecter l’accord de la COP21 et qu’il réalise le danger dans laquelle notre planète se trouve.

La contaminación hídrica. Un recurso importante en peligro

Iris Garcia, Bogotá    

Colombia se caracteriza por tener mucha agua. Aun así, hay regiones en Colombia que sufren hasta la muerte por no poder tener acceso a agua limpia. Mayormente son los niños y niñas los cuales se ven afectados por la falta de agua. En algunas zonas el agua es escaza o dado a la contaminación, es insegura para la salud de los pobladores. La contaminación del agua en Colombia puede llegar a ser una amenaza no solo para muchos de los pueblos Colombianos pero también para el medio ambiente. De hecho, no solo la contaminación afecta el consumo de agua. También afecta fuertemente la estética y la belleza de los paisajes Colombianos.

Las principales causas de la contaminación del agua son las prácticas agrícolas, las industrias y las casas habitadas.  En el caso de las industrias, hay materiales que son dejados en lagos o ríos que los contaminan fuertemente. Materiales como plomo, mercurio, azufre o el petróleo llegan a contaminar grandes cantidades de agua, que a veces no es tratada. Algunos de estos materiales son utilizados por las industrias de explotación minera, que se apoyan, para sacar estos recursos, de materiales altamente contaminantes los cuales pueden ser letales tanto para los humanos como para la fauna y la flora la cual esta tocada por el agua contaminada. Por otro lado los residuos de materia fecal u orina son otra de las razones más importantes de la contaminación del agua. Por esto mismo, numerosas enfermedades son dejadas en el agua dado a que hay millones de seres humanos en el mundo y una parte de estos llevan virus y enfermedades contagiosas. También hay veces en las que químicos son tirados por el inodoro, lo cual causa la contaminación.

   

Esta situación es preocupante ya que Colombia posee una gran cantidad de recursos hídricos que cada día se ven más afectados por todo tipo de contaminación.

Fúquene, un ejemplo de la contaminación del agua

Fúquene, una laguna situada en la región de Ubaté, Cundinamarca, es un ejemplo de la contaminación de agua. Esta laguna, hace varios años se consideraba como un espejo translucido natural en el que abundaba el agua y la fauna marina. Hoy en día la situación de esta laguna es completamente diferente. Se puede decir que esta laguna vive una crisis que podría llevarla a su fin.  Fúquene está llena de sedimentos que cargan con ellos varias plantas que no hacen parte de la naturaleza de esta laguna. En otras palabras, nuevos tipos de flora han llegado a invadir la laguna, pero estos son solo maleza que le hace mal a la laguna. Con el tiempo están empezando a desapareces especies tanto marítimas como terrestres tales como zorros andinos, runchos patos y peces. De hecho, la laguna de Fúquene ha sido contaminada dado a que las empresas lecheras que dejan sus residuos alcantarillas que pueden llegar a la laguna. No obstante, el ministerio de medioambiente, está trabajando para mejorar el estado de la laguna y poder sacar todos los componentes que contaminan la laguna. Gracias a todos estos aspectos podemos decir que la laguna de Fúquene es el ejemplo perfecto para ilustrar la situación que viven hoy en día muchas lagunas y ríos  en Colombia.