Archives de Catégorie: Colombie

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

L’Amérique dans 10 ans : Colombie  

 

Élève de Seconde, Bogotá

Le Venezuela 2028 : espoir de réunification

 

Aujourd’hui le Venezuela est un pays dont 46% de la population est pauvre et ses principaux  problèmes sont dus à de graves conflits internes, survenus 10 ans auparavant.

 

Tout d’abord, le pays s’est divisé politiquement, d’une part le nord, dirigé par un dictateur qui impose un régime “socialiste”. D’autre part, le sud qui est gouverné par un État multiethnique, égalitaire et légitime, qui a pu s’en sortir grâce aux réunions secrètes des vénézuéliens qui s’opposaient au régime du nord et  qui cherchaient une manière pour que le pays finalement sorte de la tyrannie.

 

Ensuite, les réserves pétrolières, une aide économique pour le pays, ont été  prises par l’État du nord, donc le sud est très affecté économiquement. Une ONG appelée PSAV (PorterSecoursAuVenezuela) a été créée par L’Union Européenne pour aider économiquement la partie du sud, en assurant la promotion des produits artisanaux confectionnés par les vénézuéliens, et en distribuant de la nourriture provenant des pays du monde entier.

 

Puis, le pays a beaucoup évolué  sur le plan social. Depuis 2018 la population souffrait des graves conditions de vie, par manque de soins et de nourriture et, chaque jour, il y avait  89 morts pour 100 000 habitants. Mais ces deux dernières année, la situation sanitaire et alimentaire s’est considérablement améliorée, grâce au travail formidable des bénévoles de  l’ ONG PSAV  , parmi lesquels on compte beaucoup de vénézuéliens qui avaient fui le pays.

 

Finalement, on peut conclure que le Venezuela a connu ces dix dernières années un  changement radical et une fracture interne. Mais l’espoir est revenu dans le sud du pays grâce à la solidarité internationale. Maintenant le peuple veut voir plus loin et rêve, avec le temps, de la fin du despotisme, avec une réunification du nord et du sud, comme en Corée il y a tout juste deux ans.

Amazonie, 25 novembre 2028

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

L’Amerique dans dix ans : Colombie

 

Élève de Seconde, Bogotá

L’agonie du vivant

21 Mai 2028

De tous les pays d’Amérique Latine, le Venezuela est sûrement celui qui a connu la crise la plus grave, la pauvreté la plus importante et un nombre effrayant d’émigrants. Dix ans plus tôt, M. a été réélu et cela n’a fait qu’accélérer la destruction du pays. Certes, il a été assassiné il y a sept ans, mais cela n’a pas eu l’effet que nous espérions. Un autre homme, dont j’ignore le nom, s’est emparé du pouvoir immédiatement après pour continuer l’ancienne dictature et depuis, tout est pire. En effet, une grande partie du pays a été détruite à cause des catastrophes naturelles et des nombreuses guerres dans lesquelles le pays était engagé, notamment contre la Colombie. Des tas de raisons expliquent ces faits, cependant la seule chose que j’arrive à comprendre est que le pays s’est considérablement endetté. Pendant la dernière guerre, nous avons connu une importante perte; plus de la moitié des habitants sont morts à cause d’une bombe dont l’origine reste inconnue. Non seulement on a perdu des milliers de frères et sœurs, mais aussi un énorme territoire. La carte du pays a été modifiée trois fois ces dix dernières années, il n’a plus du tout la même forme. C’est un miracle que je ne sois pas morte pendant cette explosion, je vis à Valencia, juste à côté de toute la zone qui a été perdue.

À cause de la chasse, des bombes, de l’abattage des forêts, entre autres raisons, beaucoup d’espèces ont disparus du pays. Et ce n’est pas tout, le réchauffement climatique reste une réalité qui nous menace, plusieurs villes d’Amérique ne sont plus habitables à cause de cela, puis l’oxygène manque dans quelques zones du continent. Les zones habitables sont désormais limitées, l’électricité et l’eau ne sont accessibles que pour les plus riches, amis du dictateur ou membres de sa famille.

Malgré les efforts de mes parents pour sortir du pays, toutes nos tentatives ont échoué. De toute façon, la Colombie a fermé la frontière et n’accepte plus de migrants vénézuéliens. Mes parents étaient tous deux des opposants au gouvernement et parlaient pour le peuple vénézuélien dans l’espoir de répandre l’espoir. Pourtant, le jour est venu où ils ont été assassinés à cause de leur idéologie, leur manière de penser. Plusieurs personnes honorables comme eux ont souffert le même sort. Depuis, je me cache pour fuir la violence et combat la peur. La pollution a atteint un niveau terrifiant. Le ciel, même pendant le jour, est gris et sombre et les arbres, qui ne sont pas nombreux, sont tous secs et sans feuilles. Je vis dans un paysage apocalyptique, on dirait un cauchemar duquel je ne pourrais jamais m’échapper. C’est pour tous une ténébreuse réalité.

 

22 Mai 2028

Après avoir vécu un an seule, un groupe de personnes qui se cachent également m’ont accueillie dans leur refuge construit avec des cartons, des plastiques et autres matériaux pas très résistants mais qui nous protègent néanmoins de la pluie. J’ai compris que je n’étais pas la seule à devoir voler pour manger au moins une fois par jour, que des milliers de personnes avaient perdu leur foyer et famille, et que je devais les aider.

J’ai également appris que des soldats cherchaient certains habitants du pays, des personnes qui ont réalisé des actions révolutionnaires ou qui simplement sont pauvres et n’ont rien á donner au pays. Puis ils les tuent ou les font disparaître. Pour éviter cela, nous devons bien nous cacher.

 

12 août 2028

Les derniers mois, des tremblements de terre ont arraché une autre partie de notre pays et les habitants vivant dans des conditions déplorables sont chaque fois plus nombreux. Nous avons accueilli des enfants, même plus jeunes que moi (de 3 à 11 ans), tous orphelins. Je me demande s’il y a d’autres communautés comme celle-ci partout dans le pays.

 

15 août 2028

Les dernières semaines nous avons appris des nouvelles décourageantes. De nombreuses épidémies qui étaient jusque-là contrôlées se propagent à nouveau, tuant nos plus chers amis. L’accès à la médecine est totalement réservé aux classes favorisées, nous ne pouvons donc pas éviter tous ces morts. Et les zones toxiques s’étendant, il n’y aura bientôt plus de place pour nous dans ce monde.

 

Voilà le problème, le pays (ou au moins la ville que j’habite) est divisé en deux parties. Les pauvres n’ont même pas le droit de mettre les pieds dans certaines zones. L’accès à la nourriture est quasiment impossible vu que notre zone ne possède rien et il est très dangereux d’aller chercher ailleurs. De fait, le quart de notre petite communauté est morte. Les habitants appelés “riches” n’ont pas seulement tous les éléments nécessaires pour une vie confortable, ils possèdent en outre, des machines et objets très modernes. Ils n’en ont pas besoin et pourraient utiliser les revenus du pays pour nous alimenter au lieu de les gâcher pour créer ces machines, mais c’est impossible qu’ils comprennent cela.

 

10 septembre 2028

Aujourd’hui j’ai dû couper totalement mes cheveux. Nous avons volé une radio et on a failli être vus puisque mes cheveux se sont emmêlés avec des fils de fer barbelé. Nous ne pouvons plus prendre ces risques, tout le monde s’est fait couper les cheveux.

En effet, le dictateur a décidé de capturer tous ceux qui franchissent les limites des “zones privilégiées” pour les exploiter dans des travaux inhumains. Rien que penser à ça me rend nauséeuse.

Néanmoins, cette radio nous a été très utile. Mais les nouvelles ailleurs ne sont pas terribles. Les difficultés environnementales s’aggravent, la violence et la guerre occupent une place importante, tristement. Les inégalités ne se réduisent jamais, sauf au Brésil qui est devenu un pays riche. Il est en train d’éliminer complètement les inégalités sociales et économiques, et pourrait être un plan parfait pour nous si nous pouvions le rejoindre . Grâce à un appareil pour transmettre des messages en morse, que nous avons également volé, nous pourrons peut-être chercher de l’aide ailleurs.

 

6 décembre 2028

L’aide extérieure n’a pas été une solution, malheureusement. Nous ne sommes pas parvenus à établir un contact avec les autres pays. Nous allons alors agir depuis l’intérieur, en rejoignant toutes les personnes qui tentent de survivre et de changer cette réalité.

 

24 décembre 2028

Aujourd’hui c’est Noël, et nous n’avons même pas à manger. Je semble être la seule qui se rappelle encore des dates importantes. Nous sommes tous mourants, sous alimentés ou malades. Avec l’énergie du désespoir, des protestations ont éclaté. Demain, nous continuerons les protestations. Le président  acceptera-t-il sous la pression de nous parler ou de recevoir chez-lui des “pestiférés” comme nous?

 

27 décembre 2028

Ça fait trois semaines que nous protestons. Pas de résultat. Que des morts. J’ai pensé à mes parents, j’ai fait beaucoup de cauchemars, et j’ai du mal à me rappeler comment était le pays il y a dix ans. La situation était bien meilleure quand même, malgré les difficultés.

 

27 février 2029

Toutes les personnes que j’ai connues au cours de ma vie sont mortes. Le dictateur a déclaré une autre guerre à la Colombie, et nous avons dû fuir notre ville, mais vu que la Colombie n’allait pas nous accueillir, nous avons vécu dans les bois pendant un mois. Suite à notre tentative de rentrer en Colombie, tous mes compagnons ont été chassés. Seule moi et un enfant de 4 ans nous sommes échappés.

 

 

23 mars 2029

Après un très très long périple et mille dangers, nous sommes arrivés dans un petit village appelé Curiapo, près de l’océan, où nous avons rencontré des personnes très gentilles qui nous ont aidé dans notre fuite. Elles nous ont embarqué vers des Îles proches du pays: Trinidad et Tobago. Nous mangeons encore très peu, mais c’est beaucoup mieux que de rester où nous étions. Mon pays n’avait presque plus d’arbres, presque plus d’animaux, presque plus d’habitants, presque plus de vie.

Je ne peux plus rien pour le sauver, mais je suis certaine qu’un jour tout changera, si les humains acceptent leurs erreurs et oublient leur égoïsme.

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

L’Amérique dans 10 ans: Colombie

 

Remolina Casalprim, élève de Seconde, Bogotá

L’Amérique, un continent détruit par les drogues

 

2028 : le continent américain est dévasté par les drogues et la Colombie est devenue un pays extrêmement riche grâce aux revenus considérables du trafic de drogue à l’échelle mondiale, juste avant que la guerre n’éclate.  Mais comment expliquer ce fléau mondial?

Tout commença avec un homme, que tout le monde connaissait sous le nom de Pablo Escobar. Dans les années 90, Pablo Escobar contrôlait, avec ses partenaires, les frères Ochoa,  le cartel de Medellin, l’empire de la drogue le plus puissant au monde. L’empire était en train de faiblir et donc les frères Ochoa se rendirent pour ne pas être extradés vers les  Etats Unis. Quelques temps après, Mr Escobar fut abattu. Le cartel disparut.

Puis à partir de 2016, la production de drogue fit un bond de 35% en seulement deux années, comme au temps du cartel.  Cette augmentation a été rendue possible grâce à la main d’œuvre abondante venue de l’Ex Venezuela (aujourd’hui Venezolie). Chassés par la misère, ils traversaient la frontière et cherchaient du travail, ce qui était très difficile du fait de leur statut de  migrants illégaux, sans avoir des papiers en règles. Ces travailleurs ont représenté une manne pour les plantations de cocaïne proches de la frontière. Ils gagnaient une somme ridicule, environ 15 dollars par jour, mais cela représentaient plus d’un mois de salaire dans l’ex Venezuela.

En 2022, la production avait presque triplé depuis 2016, ce qui a mené à une rivalité entre le cartel de Medellin reconstitué et le cartel de Sinaloa. Cette rivalité a occasionné des pertes économiques des deux côtés et aussi une flambée de la criminalité, due aux règlements de compte.

Les drogues colombiennes transitaient par l’Amérique centrale, notamment le Honduras, l’un des pays les plus pauvres et un des principaux consommateurs de cocaïne du monde entier. Mais surtout la Venezolie était devenue à partir de 2022 la principale plaque tournante du trafic. Après 10 ans de crise, le pays s’était vidé de sa population et les anciens militaires ont transformé le pays en un gigantesque entrepôt où l’on trouvait de tout: cocaïne,  méthamphétamines, ecstasy et héroïne.

En 2026, la situation aux Etats Unis était devenue catastrophique. Le pays était ruiné économiquement après la présidence de T. et 80% de la population était devenue toxicomane. T. avant de laisser la présidence avait décidé la mise en place de sanctions en décrétant un embargo envers l’Amérique latine et un blocus total de la Colombie.

Evidemment, cela n’a pas empêché le commerce illégal et les trafics, vu la puissance des cartels de la drogue.

2028 : En conséquence les Etats Unis ont déclaré la guerre à l’Amérique latine. Mais l’issue du conflit reste incertaine, car les cartels disposent d’un armement ultra moderne et ont infiltré, par la corruption toute l’administration américaine…

Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

L’Amérique dans dix ans : Colombie 

Elève de Seconde, Bogotá

La fin du monde

6 juin 2029

On est perdus, la Terre a été finalement dévorée par la faim des machines.

L’espoir du nouveau monde s’est évanoui et la planète est devenue poussière.

 

 

6 juin 2019 (10 ans plus tôt)

Ouverture de l’académie technologique au Canada

C’est une de meilleures universités au monde, ses étudiants ont pour but de développer de nouvelles technologies pour faire un monde plus moderne. Je ne peux pas attendre pour commencer le programme et faire les premiers projets.

7 juin 2019

J’ai fait la connaissance de Kiara et Toro, mes nouveaux amis. Avec eux rien ne peut me manquer ici.

6 juin 2021

C’est le deuxième anniversaire de l’académie. Sans doute les élèves ont des dons spéciaux, la technologie commence à évoluer. On a mis en place le projet R23 approuvé par le président, à l’aide des designs de Kiara et des recherches de Toro on arriva à faire un plan de robots, dont le but est d’aider à la résolution des problèmes sociaux. Ils seront comme les premiers super-héros!!. Je suis vraiment ravi de participer à ce projet.

 

18 août 2021

Le premier prototype fonctionne à la perfection, c’est excellent ! Je ne peux même pas croire que nous soyons arrivés jusqu’ici. Le président nous en a déjà commandé une douzaine. Ils seront bientôt des milliards.

9 septembre 2025

Les robots font maintenant partie du monde, ils sont appelés les agents de paix. Ils aident les personnes, on a maintenant la société calme et parfaite que l’on a toujours visualisé. Le temps est passé vite. Aïe, 6 ans déjà ! Qui aurait pensé que le monde deviendrait le paradis ?

 

20 juin 2025

Pendant une actualisation du programme système des R23, y il a eu une surcharge du serveur central, ce qui a provoqué une énorme explosion. Depuis les robots ont disparu, on n’en trouve plus de traces.

 

9 mais 2026

Les robots sont plus intelligents que ce que l’on pensait. Ils ont analysé les comportements humains vis-à-vis de la nature et des animaux et ne veulent pas subir le même sort. Depuis, les robots veulent en finir avec les humains : « Les humains sont un danger, les humains doivent être éliminés ». C’est la nouvelle forme primitive de pensée auto programmée par les machines. Elles veulent nous exterminer.

 

18 juin 2027

La race humaine disparaît peu à peu. Elle ne peut plus contrôler sa destinée et doit accepter la réalité de sa disparition.

 

6 juin 2029

Les machines n’ont pas su développer la raison. Leur programme s’est emballé et c’est maintenant au tour de la planète d’être dévorée par la faim en énergie des machines.  L’espoir du nouveau monde s’est évanoui et la Terre est devenue poussière.

Désormais tout est calme, plus rien ne bouge, plus personne ne souffre…

Mais le soleil continue de se lever…

Les Hydrates de méthane : l’énergie fossile du Futur ?

Louis.G.K. Ferrand, Bogotá  

 

Les Inuits l’appellent « Ignik Sikumi », en français nous l’appelons, la glace qui brûle. Les scientifiques et spécialistes des hydrocarbures parlent d’hydrates de méthane. L’hydrate de méthane ou clathrate de méthane est un composé d’origine organique naturellement présent dans les fonds marins, dans les talus continentaux mais également dans le pergélisol des régions polaires. Le pergélisol est aussi appelé permafrost en anglais. C’est la partie de la toundra qui est composée principalement de glace qui ne fond jamais quand les températures ne dépassent pas les records que connait actuellement le globe.

Selon les estimations de l’agence de l’information sur l’énergie des Etats Unis, le gaz naturel devrait devenir la deuxième source d’énergie au monde devant le charbon à partir de 2030.

 

Les hydrates de méthane apparaissent ainsi dans ce contexte comme un contributeur important et en devenir de la production globale gazière. La combustion de cette énergie fossile ne produit pas plus de CO² que la combustion du gaz naturel et elle produit moins d’effet de serre que lors de la combustion du charbon et du pétrole. On pourrait donc logiquement qualifier ce combustible fossile de plus propre. Mais ce n’est pas aussi simple, du fait que ce combustible, étant donné sa composition, est très riche en méthane. Or, une fuite de méthane dans l’atmosphère a des conséquences sur l’environnement beaucoup plus graves. En effet, le méthane sous forme de gaz est 21 fois plus efficace comme effet de serre que le CO².                                                                    Photo d’hydrates de méthanes en combustion

 

On parle de réserves non conventionnelles d’hydrocarbures pour les hydrates de méthane car ce sont des réserves qui se forment dans des conditions très particulières, dans des régions très éloignées où leur exploitation est très onéreuse. Mais avec l’épuisement des réserves dites conventionnelles et le développement technologique des dix dernières années, leur exploitation et leur utilisation sont remises à l’ordre du jour. La principale force des hydrates de méthane malgré leur exploitation difficile, est qu’ils constituent une réserve énergétique énorme. On estime actuellement que les hydrates de méthane des fonds océaniques contiennent deux fois plus en équivalent carbone que la totalité des gisements de gaz naturel, de pétrole et de charbon connus sur la surface du globe.

Les principales recherches sur l’extraction des hydrates de méthane sont menées en Asie malgré des avancées particulièrement importantes sur le continent américain. Traditionnellement, c’était le Japon qui était le plus avancé, poussé par une volonté politique renforcée après Fukushima de trouver une source d’énergie sûre lui permettant l’autonomie énergétique. Les géologues estiment que les fonds océaniques aux alentours du Japon contiennent à eux seuls suffisamment d’hydrates de méthane pour fournir l’équivalent d’un siècle d’approvisionnement de l’archipel en gaz naturel. Aujourd’hui, le Japon a l’obligation d’importer la quasi-totalité de ses ressources énergétiques. Les hydrates de méthane sont pour les politiques et scientifiques japonais la manière de résoudre ce paradoxe pour leur pays et ainsi de leur permettre l’accès à une véritable souveraineté énergétique. En 2008, un groupe scientifique japonais a ainsi réussi la première extraction de l’histoire et en 2013, a eu lieu la première extraction off-shore.

La Russie qui possède également de très grandes réserves de ce combustible fossile, suit de très près les différentes innovations technologiques dans ce domaine. Mais un nouvel acteur a fait son arrivée dans ce secteur très particulier de l’énergie en 2017 avec des résultats qui sembleraient le positionner au sommet : la Chine. En effet, le 18 mai dernier, le ministère chinois du territoire et des ressources a annoncé avoir extrait une quantité beaucoup plus importante que lors des tests pratiqués par les autres pays. L’extraction a eu lieu à 1.266 mètres de profondeur dans la mer de Chine méridionale.

 

                                                                   Plateforme de pompage et d’essais dans les hydrates de méthane

 

La route est encore longue avant une exploitation commerciale. Néanmoins la Chine qui est le pays le plus développé dans ce secteur, estime le début des ventes pour 2030. Les défis sont encore nombreux pour arriver à une exploitation sans impact majeur sur l’environnement. Le risque principal lié à ce combustible fossile demeure le risque de fuite de méthane lors de son extraction et de son exploitation, ce qui serait catastrophique pour l’environnement et le réchauffement de la planète via l’effet de serre qu’il induirait. Les scientifiques estiment également que des exploitations importantes pourraient causer d’importants glissements de terrains sous-marins qui pourraient entrainer à leur tour des tsunamis majeurs. Malgré le faible rejet de CO² lors de sa combustion, cette ressource reste fossile et contribuerait quand même à renforcer l’effet de serre. Néanmoins, les hydrates de méthane pourraient remplacer le pétrole ou le charbon dans les pays en développement grands consommateurs d’énergie. On estime que les ressources d’hydrates de méthane vont de 3 à 30 millions de milliards de msoit 15 à 150 fois les réserves prouvées de gaz naturel sur la surface du globe.

Face à d’autres sources d’énergie comme la biomasse, le solaire ou la capture des décharges électriques envisagées par Nicol Tesla en son temps, l’exploitation des hydrates de carbone , si elle est une possibilité technique, n’est pas la seule, et encore moins la meilleure des énergies nouvelles a prioriser car du point de vue environnemental, elle reste une forme d’énergie fossile, donc mauvaise pour la biosphère.

Une crise fratricide entre pays de l’or noir

Louis G.K. Ferrand, Bogotá   

 

Le 5 juin 2017 débutait l’une des nombreuses crises secouant aujourd’hui le Moyen Orient. Une crise démonstrative de la volonté d’expansion de la puissance de l’Arabie Saoudite par son jeune et nouveau dirigeant, le prince héritier Mohamed Ibn Salman sur les terres limitrophes de la péninsule Arabique. La victime de cette néo guerre froide est une monarchie pétrolière, frontalière et premier exportateur de gaz naturels liquéfié au monde, on parle du Qatar. L’Arabie Saoudite a ainsi coupé toute relation économique et diplomatique avec cette petite monarchie pétrolière entrainant avec lui différents pays tels que les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte.

 

 

Cette coalition de pays avance le fait que le Qatar et son gouvernement, représenté par l’émir Tamim Ibn Hamad Al Thani soutient financièrement des groupes islamistes radicaux et surtout, lui reproche son rapprochement avec l’Iran, puissance régionale rivale de l’Arabie Saoudite. L’Iran étant pour l’Arabie Saoudite sunnite, le principal adversaire de la région en terme politique, économique mais également et surtout idéologique. Ces deux puissances régionales cherchent à être chef de file des deux branches majoritaires de l’Islam.

Le jeune dirigeant Saoudien, à l’origine de cette crise diplomatique entre l’Arabie Saoudite et le Qatar aurait cependant pu trouver des points communs avec son nouvel ennemi. En effet, l’émir de Doha a accédé aux pouvoirs de la même manière que lui, grâce à l’abdication de son père. Il est également wahhabite, mouvement politico religieux de l’Islam sunnite qui prône un retour aux sources de l’islam et qui insiste avant tout sur l’unicité absolue de Dieu.

Même si l’émir du Qatar est un peu plus libéral, du fait que les femmes ont le droit de vote aux élections municipales, ils sont tous deux de la même génération et à l’image d’une nouvelle classe de dirigeants arabes, jeunes et dynamiques, élevés à l’occidentale.

Un an et demi après cette tentative de déstabilisation politique, Riyad a tout perdu. En effet, après la fermeture des frontières et la fin des relations diplomatiques et commerciales, le régime Qatari a su rebondir sans perdre de sa stabilité, malgré quelques problèmes d’ordre pratique pour Doha telle que l’interdiction formelle à Qatar Airways de survoler le territoire saoudien. Cette interdiction créa les premiers jours une situation cocasse durant laquelle, le Qatar a dû louer une compagnie étrangère pour rapatrier les pèlerins qataris qui se trouvaient à la Mecque. Par ailleurs, les pertes du régime saoudien se soldent en millions de dollars d’exportations de nourriture notamment. Mais c’est sur le plan politique et des relations internationales que Riyad a le plus perdu, un véritable renversement de situation.

Le Volteface pratiqué par le Qatar est la parfaite illustration du proverbe, « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Le principal ennemi de l’Arabie Saoudite étant l’Iran, Tamim Ibn Hamad Al Thani a donc engagé un fort rapprochement diplomatique entre son pays et la république islamique. Pour l’Iran, la situation est tout à son profit car deux ans auparavant, des relations aussi proches n’auraient pas pu être envisageables avec ce pays Sunnite frontalier de son grand ennemi idéologique et religieux.

Ce rapprochement entre les deux pays se constate premièrement par le ravitaillement alimentaire organisé pendant les premiers jours de la mise sous embargo, ravitaillement vital car la petite monarchie wahhabite n’aurait, selon certaines sources, que 17 jours d’autosuffisance alimentaire. Mais Téhéran a également ouvert son espace aérien   à la compagnie nationale Qatar Airways pour une continuité des vols commerciaux. Le président Hassan Rohani a reformulé sa volonté de renforcer les partenariats  économiques entre les deux pays et pour la presse iranienne, les secteurs agricoles, alimentaires et textiles seraient principalement concernés.

Ayatollah Ali Khamenei (leader Iranien) avec L’émir Qatari Tamim Ibn Hamad Al Thani

Mais également, fait plus étonnant, c’est la Turquie d’Erdogan qui a su devenir un partenaire indispensable et allié de poids pour le Qatar. En effet, la Turquie a installé une base militaire permanente sur le sol Qatari. L’occident, allié traditionnel du régime Saoudien pour lequel les ravitaillements de pétrole sont une nécessité, n’a pas réellement engagé de procédure diplomatique et économique envers le Qatar. Le Qatar a mené une diplomatie dit du chéquier en multipliant les gros contrats d’aviation et d’armement avec la France, le Royaume Uni, l’Italie et les États-Unis. Tamim Ibn Hamad Al Thani a également approuvé un projet de loi autorisant des investisseurs étrangers à détenir 100% des parts d’une entreprise qatari. Ainsi, la politique mise en œuvre par Riyad permet au Qatar de proposer un marché suffisamment attractif pour les pays développés, au détriment de l’Arabie Saoudite.

Le gouvernement de Trump appuyant les accusations premières de Riyad « Qatar, grand financier du Terrorisme » a, un an après, changé d’état d’esprit notamment grâce à des trésors de lobbying développés par Doha. Le 15 janvier 2018, Donald Trump a officiellement « remercié le Qatar pour son combat contre le terrorisme et toutes les forces d’extrémisme ». En réaction au blocus de l’Arabie Saoudite, un grand sentiment de patriotisme s’est développé au sein de la population Qatarie et la cote de l’émir n’a jamais été aussi haute.

La « guerre froide » déclenchée par la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, il y a un an et demi, n’a par conséquent pas atteint les objectifs attendus par Riyad et son prince héritier Mohamed Ibn Salman à l’origine de cette crise diplomatique, assiste au renforcement de l’Iran comme puissance régionale. Le Qatar pays majoritairement sunnite dirigé par un émir wahhabite, s’est très fortement rapproché de Téhéran. L’occident et les États-Unis traditionnellement gendarmes du moyen orient, ne se sont que très peu fait entendre et depuis le début de l’année 2018, sont ouvertement en désaccord avec la politique menée par Riyad. Le patriotisme n’a jamais été aussi haut dans la péninsule Qatarie.

Malgré l’augmentation des budgets militaires des deux camps, une intervention armée Saoudienne ne semble pas envisageable. Le pays est actuellement engagé dans un conflit avec le Yémen qu’il n’arrive pas contrôler et le monde extérieur ne le permettrait pas car cela représenterait une clôture immédiate du plus grand champ gazier du monde.

Seulement, le Qatar ne peut pas vivre indéfiniment sous le coup d’un blocus économique. Un changement de la situation dépend de l’entêtement de l’Arabie Saoudite et de comment les différentes forces en puissance impliquées dans la crise, vont continuer à agir. L’annonce de Riyad le premier septembre dernier, de construire un canal sur la frontière entre les deux pays, transformant ainsi le Qatar en île, ne présage évidemment pas d’une résolution de la crise.

Cartagena de Indias, la ville des inégalités extrêmes

Judith Parenti, Bogotá 

 

Cartagena de Indias est une ville portuaire située sur la côte caraïbe colombienne. Elle est réputée par la beauté de son centre historique, la “Ciudad Amurallada”, et son agréable climat tropical, chaud et venteux, attirant les touristes. Cartagena de Indias est la capitale de la province de Bolívar, et compte plus d’un million d’habitants. Les principales activités économiques de Cartagena de Indias comprennent l’activité portuaire et maritime, l’industrie pétrochimique et le tourisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cartagena, destination de rêve prisée par les touristes du monde entier…

Cartagena de Indias est un des joyaux touristiques de la Colombie. Classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, elle accueille aujourd’hui plus de deux millions et demi de visiteurs, en croissance de 10% cette année, notamment grâce aux accords de paix avec les guérillas comme les FARC, qui ont permis à la Colombie de s’ouvrir davantage au tourisme. La fréquentation des paquebots de croisière est également considérable, plus de 200 paquebots y accostent chaque année, chacun déversant 2 000 touristes dans la ville. Des célébrités telles que Shakira ou même Donald Trump s’y rendent en vacances.

 

La ville possède un centre historique extrêmement bien conservé, fondé au XVIe siècle, appelé la “ciudad amurallada” (la cité emmurée), caractérisé par ses places, ses rues pavées et ses bâtiments de style colonial colorés, où les touristes se promènent et jouissent de la beauté des lieux, des meilleurs restaurants, tel que le “Café del Mar”, connu pour son coucher de Soleil spectaculaire. Les magasins sont aussi nombreux, et les commerçants ambulants sillonnent les rues étroites.

Rue typique de la Ciudad Amurallada                           Coucher de soleil au Café del Mar

A l’Ouest du centre historique, se trouvent les quartiers modernes (Bocagrande, el Laguito, Castillogrande). les grattes ciels, longés de longues plages couverte d’un sable légèrement grisâtre, offrent une skyline qui n’a rien à envier à Miami ou Cancun.   C’est cette partie de la ville qui contient les principales infrastructures touristiques telles que les hôtels, boutiques, restaurants et discothèques. L’eau chaude de la mer en fait une destination idéale pour profiter de la plage.

C’est aussi dans ces quartiers touristiques que la classe aisée de Cartagena a élu résidence.

Les appartements y sont spacieux et confortables dans les condominiums avec climatisation, piscines, salles de sport et autres installations privilégiées reflétant leur richesse et leur prestige.

                           Quartier de Bocagrande

 

Cartagena de Indias, une ville si paradisiaque? 

La plage, les bars luxueux, les piscines privées, les restaurants de haute gastronomie, les promenades dans le centre historique impeccablement conservé … que désirer de plus? Cartagena c’est le paradis, non?

Et bien pas vraiment. Il y a une autre réalité cachée et ignorée des touristes. Cartagena est en effet une des zones les plus pauvres de la Colombie. Ce contraste saisissant remet sérieusement en question l’image paradisiaque de la ville.

Cartagena est la deuxième ville colombienne comptant le plus haut taux de pauvreté monétaire. La zone misérable couvre 40% de la ville  et concerne 40% de la population, qui Une grande partie de la ville est misérable, les habitants y vivent  dans des conditions déplorables, sans accès à des services publics efficaces, et où l’hygiène est très mauvaise. Cette situation est totalement inacceptable.

Dans ces secteurs misérables, les habitants n’ont pas accès à l’eau potable, ils n’ont aucun système sanitaire efficace, ce qui les oblige à faire leurs besoins dans la rue, attirant les rats, les moustiques, et donc forcément les maladies. La nourriture se fait également rare. Nombreuses sont les personnes, notamment les enfants, qui sont dans des états rachitiques. Les maisons sont misérables et extrêmement rudimentaires: les matériaux utilisés sont généralement issus des poubelles et des matériaux retrouvés dans la rue. Les murs sont très peu solides, et lors de fortes pluies les habitants sont obligés de couvrir leurs maisons de sacs plastiques pour éviter des inondations ingérables.

 

Et encore, il faut ajouter à cela les zones pauvres, qui n’arrivent pas au point d’être misérables. Il est intéressant de préciser que, en Colombie, une maison considérée comme extrêmement pauvre/misérable est une maison où vivent 4 personnes, qui reçoivent moins de 408 mille pesos par mois (=116 Euros).

Un documentaire, “Cartagena pa’ entro” a été réalisé afin de dénoncer ces inégalités. Ce documentaire contient de nombreux témoignages, dont celui d’un jeune de 20 ans, Luis Eduardo Guerra, chanteur de hip hop. Il vit avec sa femme, ses deux enfants et sa belle-sœur, dans une maison misérable qui ne contient que quelques matelas par terre et un éventail.  Leur nourriture quotidienne se résume à des œufs et des “platanos verdes”. Il déclare que son objectif est de récolter entre 10 et 15 mille pesos par jour, dans le meilleur des cas, afin de faire subsister sa famille.

 

Ces inégalités ne se font pas seulement remarquer sur le continent, mais également sur les îles entourant Cartagena. L’île Tierra Bomba en est un parfait exemple.

Ci dessus, nous pouvons voir la partie misérable de Tierra Bomba, pleine de déchets, de saletés et d’habitations déplorables.

Ci dessous, nous voyons l’autre côté de l’île: une belle station balnéaire aménagée, propre et riche, qui accueille les touristes.

 

Impressionnant contraste, n’est-ce pas? Et bien malheureusement, il ne s’agit que de la triste réalité de Cartagena, et de la côte Caraïbe en général, Santa Marta, par exemple offre  des conditions assez similaires à celles de Cartagena.

 

 

L’Arctique, continent glacial, sujet à des tensions jamais aussi chaudes !

Louis GUIGNEFORT KIMBAL FERRAND, Bogotá 

 

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les États Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique

 

L’Arctique aurait été découvert en 330 av. J-C. par le navigateur Marseillais, Pythéas qui navigua jusqu’aux îles Shetland ou l’Islande actuelle. Pourtant ce n’est que bien plus tard entre les années 1725 et 1741 que le Danois Vitus Bering, envoyé par le Tsar Pierre le Grand, découvrit le détroit entre la Sibérie et l’Amérique. Détroit qui porte aujourd’hui encore son nom, le détroit de Béring. Mais c’est surtout lors des grands plans de développement sous la Russie communiste que la Sibérie et donc la plus grande partie de l’Arctique terrestre, connaît un développement sans précédent. Aujourd’hui sur les 4 millions d’habitants de cette zone géographique, 2.3 million sont encore russes. Avec le réchauffement global du globe et avec elle des courants marins, les glaces enfermant l’océan Arctique se sont ouvertes. Cette ouverture permet la navigation de porte-conteneurs une partie de l’année sans l’utilisation de brises glaces. Alliant à cela des avancées technologiques importantes dans l’exploration sous-marines et l’exploitation off-shore, cette espace il y a seulement 30 ans, sans grand intérêt représente aujourd’hui une manne financière gigantesque pour les pays limitrophes.

La zone est soumise depuis quelques années, à des tensions du fait que la Russie, le Canada, les Etats Unis grâce à l’Alaska mais également les pays nordiques telle que la Norvège, l’Islande, le Danemark, cherchent à s’emparer du formidable gâteau énergétique. Une preuve de l’importance que le gouvernement de Poutine accorde à cette conquête sont les moyens mis en œuvre. Ils sont colossaux. Le gouvernement russe table sur des dépenses se soldant à près de 4 milliards de dollars. Le Président russe Vladimir Poutine a ainsi dit lors du forum annuel de l’Arctique russe en présence de l’un des vices premiers ministres chinois, Wang Yang qui était accompagné d’une très grosse délégation, la volonté de la Russie de devenir la puissance économique et militaire numéro un de la région septentrionale du globe.

Selon la revue Nature, un tiers des réserves mondiales de pétrole, la moitié de celles de gaz et 80% de celles de charbon se trouvent en Arctique, de quoi attiser les convoitises! Ce bouquet énergétique représente le podium des ressources naturelles utilisées dans le monde soit, pour qui pourra les contrôler, les exploiter et les vendre, de formidables outils de développement et de projection de puissance. La plupart des organismes de protection de l’environnement dénoncent cette course à l’exploitation car selon elles, ce sont des ressources naturelles qui ne devraient pas quitter le sol afin que soit respecté l’objectif d’une hausse des températures  de seulement 2 degrés d’ici à 2050.

 

« Celui qui commande sur mer possède un grand pouvoir sur terre.»                                                           Cardinal de Richelieu

 

En juillet de l’année 2018, le méthanier brise-glace Christophe de Margeris de l’Europe du Nord à la Corée du Sud réussit à rallier le nord de la Norvège au port de Boreyeong en Corée du Sud par la route « Nord-Est » en 15 jours : Une première pour cet itinéraire que certains définissent comme la future autoroute du trafic mondial. Il devient ainsi le premier méthanier à parcourir seul cet itinéraire sans l’aide d’un navire type brise-glace pour ouvrir le convoi. Cette information prouve donc et confirme la viabilité de cette nouvelle voie maritime commerciale qui, de facto, déstabilise une partie des jeux politiques. Les bateaux reliant l’Asie et l’Europe ou bien la côte Ouest des États Unis ne sont plus obligés d’emprunter les trajets classiques passant par les canaux sur l’Isthme du Panama ou bien de Suez.

L’ouverture du pôle nord permet la création de nouvelles routes commerciales entre la machine-outil du monde (la Chine) et l’Europe. En effet, la route maritime traditionnelle passe par le détroit de Malacca en Indonésie puis longe la péninsule Arabique jusqu’au canal de Suez pour ensuite rejoindre l’Europe. On compte en moyen 48 jours de navigation pour relier la Chine au port de Rotterdam.

La nouvelle route maritime est innovante du fait qu’elle propose un itinéraire passant par l’océan Arctique. Les bateaux empruntent le détroit de Béring et suivent les côtes de la Sibérie jusqu’à la mer du Nord où ils atteignent le port d’Amsterdam. Le plus gros avantage de cet itinéraire est une durée de navigation beaucoup moins longue pour relier la destination de départ soit la Chine et la destination d’arrivée, le port d’Amsterdam. En compte pour cet itinéraire seulement 35 jours soit 13 jours de moins que le précédent.

A la suite de la fonte d’une grande partie des glaces enfermant la mer Arctique, les pays bordant ces eaux ont commencé à changer leurs opinions à propos de ces immenses étendues glaciales, qui ne représentaient que très peu d’intérêts économiques, il y a seulement quelques années. Avec le développement des technologies dans les différents secteurs du transport et de l’exploration sous-marine, l’Arctique promet de devenir un espace d’avenir du fait de la découverte de nombreux gisements miniers et d’hydrocarbures et de la création de nouvelles routes maritimes d’importance mondiale. Au niveau géostratégique, les changements sont énormes car cette route beaucoup plus rentable en temps donc en argent est entièrement sous contrôle Russe et non plus sous contrôle des États-Unis ou de L’OTAN comme le sont les détroits de Suez, de Malacca, de Panama ou de Gibraltar.

L’isthme du Darien…un nouveau couloir migratoire en Amérique (2/2)

Louis G.K. Ferrand, Bogotá  

 

Les passeurs nommés « les coyotes » sont souvent d’anciens guérilleros ou paramilitaires reconvertis dans des activités criminelles. Plusieurs cartels colombiens sont impliqués dans ces entreprises de passeurs, dont ceux de Medellin ou de Cali, historiquement déjà présents dans la zone. La Colombie est le plus gros producteur de cocaïne et les différents acteurs mafieux font passer cette marchandise illégale par cette frontière très peu surveillée. Le but des mafieux est d’atteindre plus facilement les marches européens et d’Amérique du Nord par les ports panaméens moins surveillés que les ports colombiens. C’est aussi un itinéraire classique pour les armes amenées en Colombie mais également en Amérique Latine.

Pour les différents acteurs criminels de la région, le passage des migrants représente aussi une manne financière non négligeable. Le prix d’un passage illégal entre les deux frontières est estimé de 600 à 800 dollars par personnes. Près de 38 000 personnes seraient passées en 2017 selon les douanes du Panama, leur nombre serait en constante augmentation.

Les migrants les plus nombreux sont de nationalité cubaine, bangladeshi ou haïtienne. Il existe aussi de nombreux migrants venant d’Afrique et d’Asie mais nous ferons seulement le trajet type d’individus de ces trois nationalités pour mieux comprendre pourquoi ils passent par le bouchon du Darien.

Concrètement, un migrant de nationalité Cubaine ou Haïtienne peut légalement entrer au Pérou ou en Équateur sans visa. C’est le moyen le plus facile pour accéder au continent américain et c’est alors le début d’un long périple vers l’Amérique du Nord. Un indien ou un Bangladeshi peut se rendre au Brésil sans visa. D’autres pays comme la Bolivie ou l’Équateur ne demandent pas de visa pour rentrer sur leurs territoires. Ces pays servent pour ces migrants de point d’entrée sur le continent américain.

En Amérique latine, il semblerait que plus la nationalité déclarée lors d’un contrôle de police est exotique (venant de très loin), plus les policiers se trouvent embarrassés et laisseraient facilement passer les migrants interrogés. De nombreux haïtiens se font souvent passer pour des africains francophones grâce à la proximité de la langue créole avec le Français. Cette parade leur permet de traverser plus facilement la frontière panaméenne car le gouvernement de ce pays a totalement interdit l’accès illégal aux citoyens haïtiens qui sont dès lors systématiquement renvoyés dans leur pays d’origine.

La grande crainte du migrant illégal est d’être soumis à des contrôles dans la rue ou lors de l’enregistrement de leur identité en accédant dans des camps de migrants aux passages des frontières. Dans ce dernier cas, ils peuvent alors donner une fausse identité du fait que nombreux d’entre eux voyagent sans papiers. L’attitude du gouvernement panaméen semble être de plus en plus dure et répressive avec notamment une militarisation de son service de contrôle des frontières (SENAFRONT), l’incarcération administrative et arbitraire de migrants illégaux dans des camps de transit et un recours de plus en plus fréquent au refoulement vers la Colombie via des voies maritimes. Outre les dangers physiques, cet exode coûte très cher aux migrants, environ 4800 dollars par personne pour rejoindre le Mexique depuis Turbo en Colombie. La plupart ont tout vendu et abandonné dans leur pays d’origine pour acquérir la somme nécessaire. Ils sont prêts à tout pour rejoindre le pays de leurs rêves : les États Unis ou le Canada. L’Europe qui a durcit ses frontières apparait de plus en plus comme une forteresse impossible à atteindre.

Pour information :

Le cout moyen d’une traversée illégale de la mer méditerranée des côtes libyennes aux côtes italiennes s’élèverait selon les autorités italiennes entre 4300 à 6700 Euros, soit plus cher que l’itinéraire Darien/ Usa.

On assiste enfin à une hausse particulièrement importante du nombre de cubains traversant cette frontière, car nombreux sont les Cubains qui souhaitent profiter des aides préférentielles encore en vigueur pour leur installation aux États-Unis. Cette aide est cependant compromise dû au réchauffement diplomatique entre les deux anciens grands ennemis.

 

Les différents flux de migrants à travers le monde ont systématiquement apporté des changements et parfois même causé des problèmes au sein des pays qu’ils traversent. En France, les médias mettent régulièrement en exergue les conflits d’intérêts posés par les flux des migrants économiques fuyant l’Afrique subsaharienne pour la plupart et les demandeurs d’asiles syriens fuyant l’Asie mineure. A ces flux il convient d’ajouter un nombre de plus en plus élevé de Yéménites fuyant leur pays en proie à une guerre civile depuis mars 2015.

L’Isthme du Darien … Un nouveau couloir migratoire en Amérique (Partie 1/2)

Louis G.K. Ferrand, Bogotá

 

Peu connu en Europe, l’isthme du Darien séparant la Colombie du Panama est maintenant devenu pour la plupart des organisations humanitaires en charge de la problématique des migrants, le point de passage obligatoire pour toute personne sans papier souhaitant rejoindre illégalement les Etats Unis d’Amérique. L’isthme du Darien est une zone où la violence est récurrente de par la présence de mouvements armés et de différents groupes criminels liés à la production de drogue et au transit d’armes. On retrouve parmi ces acteurs criminels tristement célèbres, les cartels de Cali et de Medellin. Depuis 2015, on observe une augmentation significative du nombre de ces populations de migrants franchissant la frontière. Ils seraient près de 38 000 migrants à être  passés en 2017. Non seulement ils sont soumis à de nombreux dangers, mais leur passage représente également une source de problèmes dans ces régions latines et d’Amériques centrales déjà très instables.

Le golfe et l’isthme du Darien sont la frontière naturelle entre la Colombie et le Panama. Il représente également le passage entre deux zones géographiques : l’Amérique du Sud du côté colombien et l’Amérique Centrale avec le Panama. La frontière est particulièrement peu développée car aucune route terrestre ne traverse le massif montagneux qui est recouvert d’une jungle très dense avec des pics s’élevant à près de 1.845 mètres d’altitude. Cette zone fait environ 160 kilomètres de long entre les deux pays pour une largeur maximum de 50 kilomètres à certains endroits entre la Mer Caraïbe et l’Océan Pacifique. Les géographes appellent cette zone « le bouchon du Darien » car c’est le seul endroit entre le grand nord de l’Alaska et le grand sud du Chili où la mythique route Panaméricaine est interrompue. Les principales causes de cette rupture sont dues à des facteurs physiques, un massif montagneux très peu favorable à la construction d’une autoroute auxquels s’ajoutent des conflits armés opposants des guérillas marxistes, des groupes paramilitaires et l’armée colombienne.

 

Ces conflits remontent historiquement à la guerre civile que la Colombie a connu ces 50 dernières années. Aujourd’hui suite à la signature de l’accord de paix avec les FARC, on pouvait espérer que la situation se soit calmée. Malheureusement, le vide créé par le désarmement des FARC a attiré de nouveaux acteurs militaro-mafieux fortement liés au trafic de drogue, d’armes et d’exploitation illégale de ressources naturelles. La frontière entre le Panama et la Colombie est très difficilement contrôlable car c’est une zone où aucune infrastructure publique et privée n’a été construite. Cette zone stratégique frontalière a attiré la curiosité lorsque certains pécheurs de la région, ont commencé à remonter des corps de la mer qui présentaient des caractéristiques propres aux peuples asiatiques et africains. Des corps sur lesquelles ont été trouvés des documents d’identités émis par le Bangladesh ou la Somalie, soit des personnes très éloignées de leurs pays d’origine. Les autorités ont également été étonnées par la présence de plus en plus nombreuse de migrants internationaux lors des contrôles de routine effectués dans cette zone.  

On peut cependant souligner que le Darien a toujours été soumis à des migrations internationales. Pendant les années 1980, de nombreux colombiens ont fui leur pays en proie à des conflits politiques, idéologiques et criminels. Nombre de cubains ont également opté pour cet itinéraire afin de fuir le régime Castro. Un itinéraire dangereux mais où les probabilités de se faire capturer par les forces de régulation des migrants illégaux autour de Cuba sont beaucoup moins élevées qu’un trajet la Havana-Miami.

Il est difficile d’estimer le nombre de migrants traversant la frontière colombo-panaméenne mais certaines personnes évoquent le passage de toutes les nationalités du monde, exception faite de ressortissants de Papouasie Nouvelle Guinée. Avant l’explosion du nombre de migrants, Il existait deux routes traditionnelles. La première était maritime. Celle-ci reliait illégalement deux ports, l’un en Colombie et le second au Panama. Le port colombien de Turbo est à ce jour, toujours la plaque tournante de l’immigration illégale de la Colombie vers le Panama. Avant 2015, la route maritime se terminait dans le port de Puerto Escocés de l’autre côté de la frontière. Cet itinéraire avait un coût humain et financier beaucoup moins élevé pour les migrants que le second. Le passage était le plus souvent assuré par des pêcheurs de la côte et le prix d’un billet pour le Panama s’élevait alors, entre 200 et 400 dollars par personne. Mais dans un pays où le salaire moyen est de 583 dollars (Banque Mondiale 2018), les groupes criminels ont commencé alors à s’emparer du trafic.

Après 2015, les relations internationales entre la Colombie et le Panama ont subi des changements. Autant l’immigration de quelques milliers de personnes par an était tolérée par les autorités panaméennes, celle de dizaines de milliers par mois ne l’était plus. Un accord Colombie / Panama était nécessaire. Les grands points de ce traité impliquent de nouvelles procédures envers les migrants : lors d’un contrôle d’une personne sans papiers sur le sol colombien, on attribuerait une sorte de visa temporaire au migrant à son lieu d’entrée en Colombie. Dans les faits, cette attribution n’a qu’un seul but, celui d’un transit plus rapide des migrants internationaux en Colombie vers le Panama. En effet, la Colombie possède la triste première place du plus grand nombre de déplacés internes devant même la Syrie. Les autorités n’ont donc aucun intérêt à ralentir ces flux de personnes voulant absolument rejoindre les Etats Unis et le Canada, et en aucun cas, s’installer en Colombie pays déjà débordé par ses problèmes internes.

La seconde route, la seule utilisée aujourd’hui débute toujours dans la ville colombienne de Turbo. Les migrants rejoignent avec des navettes tolérées par les autorités colombiennes, le port de Sapzurro qui est la dernière ville en Colombie avant la frontière panaméenne. C’est à partir de là que l’étape la plus dangereuse d’une longue marche meurtrière commence. Prenons l’exemple d’un migrant X :  Après avoir payé son billet à un passeur surnommé « coyote » il doit affronter une marche éreintante de 6 jours afin de rejoindre le Panama. L’entreprise de ce voyage au milieu de la jungle nécessite une condition physique certaine et un matériel adéquat que la plupart des migrants ne possèdent pas. On trouve sur ce chemin des personnes de toutes les générations, personnes âgées, enfants en bas âge et femmes enceintes. Les guides et le groupe n’attendent pas les retardataires qui sont donc abandonnés dans la jungle. Un abandon par le groupe signifie une mort certaine. En effet, la jungle qu’ils doivent traverser est totalement vierge de toute présence des deux états. Les dangers sont nombreux, faim soif, humidité, embuscades. Les migrants représentent de l’argent et les différents acteurs criminels de la zone cherchent à s’en emparer. Ainsi de nombreux migrants sont dépouillés de tous leurs biens par leurs guides ou lors d’embuscade. On mentionne également des rapts et des viols. Certaines guides demanderaient également en plus des dollars, le transport de cocaïne et d’armes entre les deux pays.

Et si par malheur, le groupe rencontre les forces de régulation des frontières du Panama … les migrants sont alors incarcérés jusqu’à une déportation vers leurs pays d’origine. Ce qui voudrait dire pour certaines personnes de revenir à leurs pays d’origine après avoir tout abandonné et tout vendu pour acquérir le pécule de dollars nécessaire à l’entreprise de ce voyage à haut risque.

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