Dossier spécial dixième anniversaire 2009-2018

  Dix ans en Amérique : Colombie  

 

Mariana Marquez, Emanuel Morales, Maria Paz Rodriguez , élèves de Première, Bogotá

 

Los falsos positivos, l’affaire des “faux positifs”

 

La Colombie garde encore une image de pays violent, à cause d’une guérilla menée pendant plus de cinquante ans. Ce que l’on ignore souvent c’est que la violence n’était pas seulement unilatérale, puisqu’elle a aussi été mise en œuvre par l’État colombien et la force publique.

En 2006, Colombie ressemblait à une dystopie avec un conflit qui ne paraissait jamais finir. Le narcotrafic était présent dans nombreuses zones du pays, le conflit armé s’aggrava entre groupes de la guérilla tels que l’ELN et la FARC, puis, le pays connut une recrudescence des massacres et des violations des droits de l’homme de la part de ces groupes armés. Avec un tel niveau de tension, le président Alvaro Uribe fit promulguer un décret qui consistait à rétribuer financièrement, ou par divers avantages, la force publique et le Département Administratif de Sécurité (DAS) pour capturer ou tuer ou des membres de la guérilla. Ce “Décret de Boina”, adopté le 5 mai 2006, avait un double objectif: Celui de motiver les forces armées colombiennes, et produire des chiffres pour montrer aux Colombiens les progrès dans la lutte contre la guérilla. Un an plus tard, le 12 mai 2007, ce décret a été aboli, car il fit l’objet d’une importante controverse.

En effet, peu après sa mise en place, les habitants des régions rurales se sont inquiétés du nombre anormal de disparitions de personnes. Des signalements ont été effectués auprès des pouvoirs publics, mais sont restés sans réponse.  Les régions les plus touchées étaient les départements d’Antioquia et de Cundinamarca, plus précisément dans la municipalité de Soacha, une des plus peuplées où l’insécurité, les échanges illégaux et la pauvreté sont importants et  mettent en danger leurs habitants. Environ 12 jeunes issus d’un quartier miné par la drogue, la prostitution, l’alcool, la famine… décident pour sortir de cette misère, de s’enrôler dans l’armée. Mais quelques jours plus tard, ces jeunes sont retrouvés morts et déguisés en guérilleros.

Selon la version du Palais de Justice de Soacha où ont eu lieu les procès contre les recruteurs, ces jeunes ont probablement été abattus par des soldats pour récupérer une prime au titre de l’élimination de guérilleros (d’où le nom de faux positifs) et non pas lors d’un affrontement contre la guérilla.  Aujourd’hui, les mères de ces jeunes, appelées les mères de Soacha, essayent de maintenir le souvenir de leurs fils, et demandent toujours que toute la lumière soit faite sur ces disparitions, dans lesquelles la hiérarchie militaire nie toute responsabilité.

 

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