Un bilan de l’économie américaine au milieu du mandat de D. Trump

Maylis Gourdier, Washington DC  

 

Le 20 janvier 2017, quand D.Trump est devenu président des États-Unis, le taux de chômage était de 4,8% (son taux le plus bas depuis 2001), le PIB était de 19 390 milliards de dollars, la croissance de 2,2%, et son déficit budgétaire de 666 milliards de dollars (3,5% du PIB). Depuis l’arrivée de Trump, l’économie connaît une conjoncture exceptionnelle, avec des indicateurs au vert concernant la croissance du PIB, l’emploi, l’inflation et la performance de la bourse.

 

En 2017, la richesse produite a augmenté de 2,3%, puis a atteint 4,1% au deuxième trimestre 2018. C’est la première fois que la croissance dépasse la barre des 4% en 4 ans. La progression du PIB est supérieure aux prévisions des analystes. Au troisième trimestre 2018, la croissance est de 3,5%. Cette progression de l’économie serait due à 2 raisons principales :

  • La première est la réforme fiscale adoptée par la majorité républicaine à la fin de l’année 2017, ayant généré une baisse du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 21% et de certains impôts sur le revenu. Cette baisse des impôts semble avoir stimulé la consommation des ménages, en hausse de 4%, notamment dans l’achat de biens durables (9,3%) et de voitures. Les investissements des entreprises ont progressé de 7,3%.
  • l’augmentation des dépenses publiques et particulièrement les dépenses de sécurité nationale (plus 35%) et militaires (en hausse de 6%).

 

Le taux de chômage est descendu à 3,7 % en septembre 2018, son niveau le plus bas depuis 50 ans.

 

L’économie atteint le plein emploi. Et le président a promis la création d’emplois avec la relance de la production de charbon. Trump espère également stimuler l’emploi grâce à sa politique  protectionniste : taxation sur l’importation d’acier (25%) ou d’aluminium (10%) en provenance notamment de Chine; des emplois perdus avec la délocalisation pourraient être ramenés aux États-Unis. Mais ces taxes pourraient entraîner une guerre commerciale et en particulier une taxation par la Chine sur certains produits américains (ex le soja).

 

 

 

 

 

 L’inflation a subi une augmentation de 2,9% en juillet 2018 mais est descendue depuis a 2.2% et les prévisions indiquent qu’elle devrait rester stable. Mais la Federal Reserve (la banque centrale américaine) a légèrement relevé ses taux, il y a peu de temps, par crainte d’une accélération de la hausse des prix.

 

Le parcours de Donald Trump, milliardaire et homme d’affaires, a donné confiance à la bourse américaine. L’indice Dow Jones montre une augmentation d’environ 40% depuis l’arrivée du président. Mais cet indice a perdu 5% en octobre 2018.

 

Cependant l’augmentation des dépenses des États-Unis a pour conséquence un fort déficit, le plus élevé depuis 2012. En conséquence la dette nationale, déjà abyssale, a augmenté de 1200 milliards cette année. Par ailleurs, les économistes estiment que la croissance ne pourra pas maintenir sa progression et prévoient  un ralentissement de la croissance à environ 2,1% en 2019.

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