Cartagena de Indias, la ville des inégalités extrêmes

Judith Parenti, Bogotá 

 

Cartagena de Indias est une ville portuaire située sur la côte caraïbe colombienne. Elle est réputée par la beauté de son centre historique, la “Ciudad Amurallada”, et son agréable climat tropical, chaud et venteux, attirant les touristes. Cartagena de Indias est la capitale de la province de Bolívar, et compte plus d’un million d’habitants. Les principales activités économiques de Cartagena de Indias comprennent l’activité portuaire et maritime, l’industrie pétrochimique et le tourisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cartagena, destination de rêve prisée par les touristes du monde entier…

Cartagena de Indias est un des joyaux touristiques de la Colombie. Classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, elle accueille aujourd’hui plus de deux millions et demi de visiteurs, en croissance de 10% cette année, notamment grâce aux accords de paix avec les guérillas comme les FARC, qui ont permis à la Colombie de s’ouvrir davantage au tourisme. La fréquentation des paquebots de croisière est également considérable, plus de 200 paquebots y accostent chaque année, chacun déversant 2 000 touristes dans la ville. Des célébrités telles que Shakira ou même Donald Trump s’y rendent en vacances.

 

La ville possède un centre historique extrêmement bien conservé, fondé au XVIe siècle, appelé la “ciudad amurallada” (la cité emmurée), caractérisé par ses places, ses rues pavées et ses bâtiments de style colonial colorés, où les touristes se promènent et jouissent de la beauté des lieux, des meilleurs restaurants, tel que le “Café del Mar”, connu pour son coucher de Soleil spectaculaire. Les magasins sont aussi nombreux, et les commerçants ambulants sillonnent les rues étroites.

Rue typique de la Ciudad Amurallada                           Coucher de soleil au Café del Mar

A l’Ouest du centre historique, se trouvent les quartiers modernes (Bocagrande, el Laguito, Castillogrande). les grattes ciels, longés de longues plages couverte d’un sable légèrement grisâtre, offrent une skyline qui n’a rien à envier à Miami ou Cancun.   C’est cette partie de la ville qui contient les principales infrastructures touristiques telles que les hôtels, boutiques, restaurants et discothèques. L’eau chaude de la mer en fait une destination idéale pour profiter de la plage.

C’est aussi dans ces quartiers touristiques que la classe aisée de Cartagena a élu résidence.

Les appartements y sont spacieux et confortables dans les condominiums avec climatisation, piscines, salles de sport et autres installations privilégiées reflétant leur richesse et leur prestige.

                           Quartier de Bocagrande

 

Cartagena de Indias, une ville si paradisiaque? 

La plage, les bars luxueux, les piscines privées, les restaurants de haute gastronomie, les promenades dans le centre historique impeccablement conservé … que désirer de plus? Cartagena c’est le paradis, non?

Et bien pas vraiment. Il y a une autre réalité cachée et ignorée des touristes. Cartagena est en effet une des zones les plus pauvres de la Colombie. Ce contraste saisissant remet sérieusement en question l’image paradisiaque de la ville.

Cartagena est la deuxième ville colombienne comptant le plus haut taux de pauvreté monétaire. La zone misérable couvre 40% de la ville  et concerne 40% de la population, qui Une grande partie de la ville est misérable, les habitants y vivent  dans des conditions déplorables, sans accès à des services publics efficaces, et où l’hygiène est très mauvaise. Cette situation est totalement inacceptable.

Dans ces secteurs misérables, les habitants n’ont pas accès à l’eau potable, ils n’ont aucun système sanitaire efficace, ce qui les oblige à faire leurs besoins dans la rue, attirant les rats, les moustiques, et donc forcément les maladies. La nourriture se fait également rare. Nombreuses sont les personnes, notamment les enfants, qui sont dans des états rachitiques. Les maisons sont misérables et extrêmement rudimentaires: les matériaux utilisés sont généralement issus des poubelles et des matériaux retrouvés dans la rue. Les murs sont très peu solides, et lors de fortes pluies les habitants sont obligés de couvrir leurs maisons de sacs plastiques pour éviter des inondations ingérables.

 

Et encore, il faut ajouter à cela les zones pauvres, qui n’arrivent pas au point d’être misérables. Il est intéressant de préciser que, en Colombie, une maison considérée comme extrêmement pauvre/misérable est une maison où vivent 4 personnes, qui reçoivent moins de 408 mille pesos par mois (=116 Euros).

Un documentaire, “Cartagena pa’ entro” a été réalisé afin de dénoncer ces inégalités. Ce documentaire contient de nombreux témoignages, dont celui d’un jeune de 20 ans, Luis Eduardo Guerra, chanteur de hip hop. Il vit avec sa femme, ses deux enfants et sa belle-sœur, dans une maison misérable qui ne contient que quelques matelas par terre et un éventail.  Leur nourriture quotidienne se résume à des œufs et des “platanos verdes”. Il déclare que son objectif est de récolter entre 10 et 15 mille pesos par jour, dans le meilleur des cas, afin de faire subsister sa famille.

 

Ces inégalités ne se font pas seulement remarquer sur le continent, mais également sur les îles entourant Cartagena. L’île Tierra Bomba en est un parfait exemple.

Ci dessus, nous pouvons voir la partie misérable de Tierra Bomba, pleine de déchets, de saletés et d’habitations déplorables.

Ci dessous, nous voyons l’autre côté de l’île: une belle station balnéaire aménagée, propre et riche, qui accueille les touristes.

 

Impressionnant contraste, n’est-ce pas? Et bien malheureusement, il ne s’agit que de la triste réalité de Cartagena, et de la côte Caraïbe en général, Santa Marta, par exemple offre  des conditions assez similaires à celles de Cartagena.

 

 

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