L’art au service du Processus de paix en Colombie

Maria Bernal, Gabriela Rozo et Lorenzo Villegas, Bogotá  

 

En 2016, la Colombie a connu un tournant fondamental pour son développement avec l’aboutissement du processus de paix.  Après 50 ans de conflit armé, les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie) et l’Etat, ont signé un accord de paix qui prévoit une réintégration des ex-militants et une réparation aux victimes, porteuses d’un espoir de reconstruction des tissus sociaux en Colombie.  Pour accompagner et pour guider ce processus de guérison dans lequel des milliers de Colombiens sont impliqués,  l’art apporte  sa contribution à l’unification et à l’éducation.

 Tous les styles, les genres, les danses, sont acceptés dans ce projet, en donnant une grande diversité dans laquelle tout le monde peut trouver sa place. Ce sujet pose deux questions.  Comment l’art peut-il aider dans ce processus très important de guérison et de reconstruction, après un conflit armé de plus de 50 ans ? Et comment peut-on à travers l’art, créer une mémoire et pardonner ?

 

Source:    http://agenciadenoticias.unal.edu.co/detalle/article/el-arte-en-colombia-tambien-reflexiona-sobre-el-posconflicto.html

 

Tout d’abord, pour qu’un processus de paix et de reconstruction des tissus sociaux réussisse, il est primordial de ne pas oublier. Il faut pouvoir pardonner, ne pas rester dans le passé, vivre sans ressentiments,  il faut être tolérant et respectueux mais sans toutefois oublier. Pour la mémoire, l’art est le meilleur outil car il permet de rappeler des sujets sensibles de différentes manières, plus délicates et plus visuelles, mais qui transmettent également un  message  très important : celui du pardon, de la mémoire, et de la cicatrisation.

Prenons des exemples. Celui de « Guernica » de Pablo Picasso, dans lequel  le peintre représente une scène de violence extrême de la guerre civile espagnole. C’est l’une des œuvres les plus reconnues, utilisée comme outil pour la mémoire collective. C’est aussi le cas de « Masacre en Colombia » de Fernando Botero.

Outre son rôle d’outil au service de la mémoire, l’art agit sur la transformation des individus. En effet,  les artistes s’impliquent énormément dans la représentation plus ou moins stylisée qu’ils donnent des évènements. Beaucoup d’apprentissages sont  transmis par ce moyen en imprégnant les personnes, qui ne peuvent rester totalement insensibles à l’art.

On peut aussi considérer cet art comme un miroir de ce que nous sommes, ceci peut, parfois,  être un révélateur puisqu’il nous permet de voir réellement,  qui on est ou ce que l’on représente. A l’inverse, l’art peut aussi être mal perçu, car si les œuvres sont réalisées par des artistes qui n’ont pas réellement vécu la guerre, mais qui utilisent leur voix,  leurs opinions, leurs points de vue pour la représenter et se mettre à la place des vraies victimes, cela peut créer de la confusion. Sans le vouloir, ces artistes peuvent déformer la mémoire ou mélanger les faits, les sentiments et les opinions. Au final, les œuvres ne feront pas l’unanimité.

Dans une société en paix qui n’est pas trop marquée par la violence et le conflit, l’art peut déplacer des montagnes et produire des changements importants. Quand on parle d’un sujet comme la guerre, la violence, les atteintes à la vie humaine, il est souvent difficile de trouver les mots ou les façons de communiquer, mais le côté artistique offre une palette de genres, de manières de communiquer. Par exemple, il est possible d’utiliser des euphémismes pour que d’une certaine manière, l’on puisse délivrer un message qui produira un fort impact sur la société.

Mais dans une société soumise depuis longtemps à la violence, l’art perd sa force. Néanmoins le plus important consiste à transmettre aux générations futures, l’histoire, l’acceptation et le respect pour la culture.  Si cet objectif est atteint, c’est alors un grand pas vers la paix. En effet, les individus deviennent des citoyens plus tolérants, avec des idéaux et opinions qui peuvent se confronter sans avoir recours aux armes ou à la violence.

Un genre de théâtre appelé Théâtre Oppressé, est un art populaire, dépouillé des techniques les plus professionnelles et du langage élitiste, réservés aux spécialistes et aux initiés. Il donne cependant tous les outils nécessaires pour faire un théâtre où tous peuvent transmettre des messages, chercher des remèdes  aux sujets qui leur ont causé une douleur, ou bien tout simplement donner la possibilité d’entrer dans le monde de l’art pour connaître et pour expérimenter. A travers cette démarche, il s’agit de pourfendre l’idée que l’art est réservé uniquement à l’élite sociale. L’art peut et doit être populaire, et n’importe qui,  n’importe où doit pouvoir y avoir accès.

La « reconnaissance de l’autre » est aussi un point crucial qui aide au processus de pardon et de réconciliation, puisqu’elle peut faire en sorte que les auteurs des crimes expriment une opinion, présentent des excuses et fassent un pas en avant dans leur vie,  puisqu’ils font aussi partie du processus de réintégration et de reconstruction sociale dans lequel tout le pays est engagé. Dans le long processus d’instauration de la paix, de nombreux projets ont été réalisés, qui mettent en scène les victimes et les auteurs des crimes, car ils sont les acteurs clés de la réussite du processus de réconciliation. Ce sont en effet les personnes qui en connaissent le plus sur le sujet. Elles sont celles qui ont le plus besoin ce processus de paix puisque elles ont été les plus affectées par le conflit. Pour elles, l’art prend une grande importance dans leurs vies et dans le processus de guérison. C’est par exemple le cas des « Mères de Soacha », un groupe de mères dont les fils ont disparu durant l’époque des faux positifs (assassinats par  l’armée nationale colombienne de civils innocents, dans le but de les faire passer pour des guérilleros morts au combat). Ces femmes ont créé une pièce au  théâtre Tramaluna, où elles ont mis en scène leur terrible vécu, comme un thérapie, pour surmonter ces épisodes traumatisant qui ont épuisé  le pays et les familles.

Étant donné que l’art est un domaine qui a besoin d’un financement assez important, le maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a débloqué un budget conséquent au service de la culture, pour promouvoir la création artistique chez les plus jeunes et les personnes engagées, et favoriser la réconciliation pendant les processus de paix.  De nombreuses bourses ont été accordées pour des écoles et des projets culturels et artistiques. Cependant, les zones plus affectées par le conflit, c’est-à-dire les zones rurales sont largement restées à l’écart du dispositif, faute de moyens suffisants pour permettre la réalisation des initiatives locales.  Il reste encore beaucoup à faire pour faire parvenir l’art dans les coins les plus éloignés des grandes métropoles.

On peut finalement s’interroger sur l’art, tel que la musique, le cinéma, le théâtre, la peinture (entre autres), et sa capacité à promouvoir la paix. Ce moyen n’est-il pas en réalité utopique et naïf ? Néanmoins, c’est sans doute la manière la plus innocente et la plus transparente que nous avons tous pour laisser derrière nous un passé de violence et de mort, et aller vers un avenir meilleur, porteur de développement économique, technologique, politique et social. Mais avec un devoir de mémoire, car il ne faut jamais oublier l’histoire du pays, si douloureuse soit-elle, pour qu’elle ne se répète plus.

 

Pour en savoir plus:

http://www.otraescuela.org/festival/to-perdon-y-reconciliacion-.htmlhttp://www.culturarecreacionydeporte.gov.co/es/convocatorias/bogota-le-apuesta-la-reconciliacion-traves-del-arte-y-la-culturahttp://librepensador.uexternado.edu.co/el-arte-un-camino-con-rumbo-a-la-paz/http://www.eltiempo.com/multimedia/especiales/el-arte-como-actor-en-el-proceso-de-paz/15925137/1/index.htmlhttp://proyectoculturalsur.net/el-papel-del-arte-en-la-construccion-de-la-paz/

 

 

 

Durante el año 2016, Colombia marcó un momento fundamental para su desarrollo, el fin del Proceso de Paz. Luego de 50 años de conflicto armado entre las FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia) y el Estado, se firmó un acuerdo en el cual habrá una reintegración de los anteriormente militantes y una reparación a las víctimas. Con ello se espera pueda haber una reconstrucción de los tejidos sociales en Colombia. Para acompañar y guiar este proceso de sanación, en el cual miles de colombianos están involucrados, el arte trae una manera diferente de instruir y unir. Todos los estilos, los géneros, los bailes, etc. son aceptados, dando una gran diversidad a este tipo de proyectos donde cualquier persona interesada puede encontrar su lugar.  Una pregunta muy frecuente frente a este tema es, ¿De qué manera el arte puede ayudar a un efectivo proceso de sanación y de reconstrucción de un conflicto armado de más de 50 años? y ¿Cómo se puede crear memoria y perdón por medio del arte?

En primer lugar, es muy importante aclarar que para un proceso de paz y una reconstrucción de los tejidos sociales, lo más importante es no olvidar. Es poder recordar con perdón, con superación, con tolerancia y con respeto. Para la memoria, el arte es la mejor herramienta, permite que muchos temas sensibles o de gran importancia puedan ser recordados de maneras menos fuertes visualmente, pero que igual transmitan el mismo mensaje y que recuerden aquel evento de violencia o conflicto que pudo haber pasado. Esto lo podemos ver con el caso del Guernica, de Pablo Picasso, pintura en la cual el pintor representa una escena de violencia extrema durante la guerra civil española, es una de las obras más reconocidas y está siendo utilizada como herramienta de la memoria. También es el caso de Masacre en Colombia, de Fernando Botero.

Aparte de ser utilizado como esta faceta de utensilio de memoria,  el arte también es considerada como un transformador de individuos ya que muchos aprendizajes podrían ser transmitidos por este medio, llevando a causar cambios en las personas, tanto, que aprecian y son espectadores del arte, pero también para los artistas que se dedican a crear obras y a empaparse de los eventos que representan. También puede ser considerada como un espejo de lo que somos, esto puede en algunos casos ser una ventaja, ya que te deja ver en verdad quién eres o qué es lo que representas, lo que utilizas luego para mostrar la realidad.

 

O puede ser una desventaja, ya que es posible que al usar personajes o casos que las personas no han vivido personalmente, haga que haya una destrucción de esa memoria o una mezcla de los hechos sucedidos y las opiniones. Al hablar sobre un tema como la guerra, la violencia, el daño a la vida humana, muchas veces no se encuentran las palabras o las formas de comunicar, pero el lado artístico permite que haya una manera diferente de decir las cosas y se pueda hacer uso de eufemismos para, de cierto modo, dar un mensaje que pueda llegar a ser muy duro o de gran impacto en la sociedad. En cualquier sociedad donde la violencia y el conflicto no están presentes o no de una manera tan fuerte, el arte simplemente hace grandes cambios.

Pero el estar en una sociedad corroída por la violencia hace que esta pierda su fuerza. Lo más importante de transmitir a las generaciones es el conocimiento, la aceptación y el respeto a la cultura, esto puede llevar a un gran avance en la paz, esto hace ciudadanos más tolerantes, con ideales, que puedan compartir opiniones junto a otras personas, sin tener que acudir a las armas o a la violencia. Un género de teatro llamado el Teatro Oprimido, hace que las técnicas más profesionales y los lenguajes que en muchos casos solo pueden entender los especialistas se hagan a un lado y entregando todas las herramientas necesarias se pueda hacer un teatro donde todos puedan transmitir mensajes, superación a temas que han causado dolor, o incluso solo dar la posibilidad de entrar en el mundo del arte para conocer y experimentar. Esto se extiende a la problemática que muchas personas se plantean, si el arte es únicamente para las personas de altos recursos, pero se debe aclarar que el arte debe ser un arte popular donde cualquier persona, de cualquier lugar y que sin importar sus recursos, pueda acceder.

 

El “reconocimiento del otro” es también una cuestión que ayuda al proceso de perdón y recuperación, ya que puede hacer que los victimarios se expresen dando una opinión, pidiendo perdón y dando un paso adelante en sus vidas, ya que también hacen parte del proceso de reintegración y reconstrucción social al cual todo el país está subyugado. Por ejemplo, en los numerosos proyectos que se han hecho en el país a lo largo de los años que se estuvo haciendo el proceso de paz, las víctimas y los victimarios han sido parte fundamental de su ejecución. Siendo las personas que más conocen del tema, que más necesitan de este proceso ya que son las principalmente afectadas por el conflicto, demuestran que este proceso de sanación por medio del arte tiene una gran importancia y relevancia en sus vidas. Está el caso de las Madres de Soacha, un grupo de madres de personas que fueron desaparecidas durante los falsos positivos. Junto a Tramaluna teatro crearon una obra donde pudieron mostrar la situación y esta ha sido una de las técnicas que han utilizado para sobre llevar estos terribles episodios que carga el país y las familias.

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