Le “blue whale challenge” débarque en Amérique Latine!

Fanny adele marthe TAUZIA MOLIERE, Bogotá 

 

Cet article a obtenu le deuxième prix du Jury de Science Po Poitiers 2017  « Sujet original, très bien rédigé! »  

 

   En moins d’un an, une centaine de suicide furent constaté en Russie, cela dû à un sombre jeu. Maintenant, le “blue whale challenge” débarque en Amérique Latine avec déjà une vingtaine de morts sur le continent, causé par ce jeu macabre. En Colombie, trois jeunes furent retrouvés morts, laissant derrière eux des traces nous menant à penser que le « jeu de la baleine bleue » en est la cause…

Qu’est ce que le « blue whale challenge » et d’où vient-il ?

Né sur le réseau social russe « Vkontakte », le « blue whale challenge » consiste en une série de défis sur internet conduisant les adolescents au suicide.

Il s’inspire d’une légende populaire selon laquelle les baleines bleues sont capables de se suicider en s’échouant sur les plages. Ce dernier cible les jeunes de 12 à 16 ans, les réseaux sociaux tel que Facebook. Des adolescents souvent introvertis, à tendance dépressive, ayant des problèmes familiaux. Les participants doivent alors réaliser 50 défis de plus en plus sordides sur 50 jours, jusqu’à la dernière étape : se donner la mort.

Pour jouer, les jeunes contactent ou sont contactés, par des « tuteurs ». Leur rôle ? Donner chaque jour un défi au participant. Au début, cela semble facile. Les défis semblent inoffensifs : Se renseigner sur les baleines. Dessiner une baleine sur une feuille… Mais, très vite les choses dégénèrent : Insulter ses parents, écouter de la musique triste à 2h du matin, se scarifier une baleine sur le bras. Tout cela jusqu’à l’ultime défie : le suicide.

 

L’arrivée du « blue whale challenge » en Amérique Latine.

Apres l’Asie et l’Europe, le « blue whale challenge » a fait surface il y a quelques mois en Amérique de Sud. Et le bilan est corsé. Neuf morts au Brésil, trois en Colombie, deux en Uruguay, sans comptés ceux du Mexique, du Chile ou encore de la Bolivie. Une cinquantaine de jeunes hospitalisé dans toute l’Amérique latine, furent retrouvés dans un état critique. Blessés physiquement, avec des scarifications sur tout le corps, mais aussi mentalement, dépressifs, n’ayant plus aucun gout à la vie.

 

Qui est donc à l’origine de ce jeu macabre ?

 Au début, les investigateurs restaient sceptiques vis à vis de l’origine de ce « jeu », qui restait difficile à déterminer. Certaines sectes russes avaient été listées comme étant dangereuses, seulement, après de longues recherches, trois noms sortirent du lot : Philipp Liss, More Kitov et Philippe Boudeïkine ; ce dernier, mentalement perturbé, avait déjà été arrêté en novembre 2016 pour incitation au suicide. Une fois interrogé, Boudeïkine s’avéra être le créateur de ce « jeu ». Il n’a aucune honte a avouer son crime, dit avoir servi « d’épuration de la société », et en est particulièrement fier. Il est convaincu que les victimes « moururent contentes, sereines » et que donc aucun mal ne fut fait. Boudeïkine est actuellement à l’origine de la création de 8 sectes virtuelles, défendant ouvertement l’acte suicidaire. La plus connue est le F57, qui fut récemment démantelé par le service secret russe. Depuis, on en compte plus de 1500…

 

Les victimes témoignent

Heureusement, certains adolescents furent sauvés à temps. Ces derniers témoignent : « Ce n’est pas le suicide qui m’intéressait, mais surtout le gout du risque, de l’interdit. C’est comme les films d’horreur. » Seulement, même si l’adolescent s’inscrit par curiosité, il se retrouve rapidement emprisonné dans un cercle vicieux. « J’ai souhaité arrêter au bout du douzième défi. Je devais me planter des aiguilles dans la main. J’en ai parlé à mon tuteur et celui-ci m’a menacé. Si j’arrêtais, il allait s’en prendre à ma famille ».

Irina, la mère de Rina Palenkova, première victime de ce défi morbide, décida de se renseigner de plus près sur le « jeu » ayant ôté la vie à sa fille. Elle se fit donc passer pour une adolescente à problèmes, et intégra alors un « groupe de la mort » nommé F57 (désormais inexistant). Irina se retrouva alors dans un groupe composé de milliers de membres, majoritairement des adolescents suicidaires. « Une fois dans le groupe, ils commencent à te retourner la cervelle. Des vidéos de suicide circulent, des images de scarifications, des photos de morts, et tout autre contenus obscènes » Selon Irina, les membres te poussent à bout, et te bourre le crâne. Irina a dû se retirer du groupe, lorsque les membres du groupe lui proposèrent un appel vidéo.

 

 Vers la disparition de ce défi perfide

Heureusement, le F57 n’existe plus, mais des milliers d’autres « groupe de mort » sont actuellement actifs. Alors comment lutter contre la propagation du « Blue whale challenge » et de ses idéaux perfides ?

En Russie, tout comme en Europe, les autorités publiques, mais aussi privées se sont penchées sur la question. Mais aussi en Amérique Latine, et notamment en Colombie. Des groupes tout comme des utilisateurs furent bloqués sur les réseaux sociaux. Les autorités font appel aux utilisateurs de Facebook, pour signaler les pages, et les personnes pouvant être en lien avec le « blue whale challenge ». Seulement, le nombre de mort en Colombie n’étant pas encore alertant pour les autorités, et la faible connaissance de ce défi par la population colombienne, ne permet pas une bonne diffusion du danger de ce « jeu ». Pour cela il est important d’en parler autour de soi, et de confronter les gens aux effets catastrophiques de ce challenge. Dire aux familles d’être vigilantes, et de surveiller les faits et gestes de leurs enfants pouvant être signe de désir de suicide. De même pour le corps enseignant, des heures de prévention devraient être instaurées dans les écoles, de manière à prévenir les élèves des méfaits du « blue whale challenge », mais surtout du suicide. Car un jeu sinistre mené par des personnes sadiques, ne devrait pas mettre fin à la vie d’un adolescent, et en anéantir tous les proches, que ce soit la famille, ou les camarades de classe. Pour cela, un nouveau mouvement nommé « La baleine rose » se propage sur les réseaux sociaux. Un mouvement prônant la joie de vivre. Proposant à chaque membre des défis qui donnent le sourire et, qui, petit à petit redonne gout à la vie.

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